Eminence lance la fabrication de masques en urgence

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C'est dans les ateliers de l'entreprise gardoise Eminence, à Aimargues, que sont fabriqués quelque 7 000 premiers masques en tissu, destinés aux sapeurs-pompiers de l'Hérault et soignants du CHU de Montpellier.
C'est dans les ateliers de l'entreprise gardoise Eminence, à Aimargues, que sont fabriqués quelque 7 000 premiers masques en tissu, destinés aux sapeurs-pompiers de l'Hérault et soignants du CHU de Montpellier. (Crédits : Eminence)
Sensibilisés à l’absence de protection chez les sapeurs-pompiers et les soignants de la région, Dominique Seau, le dirigeant de l’entreprise gardoise de fabrication de sous-vêtements Eminence, bascule ses lignes de production pour fabriquer des masques. Et se dit prêt à rouvrir sa 2e usine française si besoin.

D'ordinaire, sur les lignes de production de l'entreprise Eminence*, ce sont des sous-vêtements qui sont fabriqués, des marques Eminence et Athéna en France, Liabel en Italie. Le groupe compte deux usines en France, toutes les deux dans le Gard à Aimargues (siège et principal outil de production) et Sauve.

Depuis le début de la crise du Covid-19, l'entreprise est passée en mode dégradé. Elle a placé ses cadres en télétravail et fermé son usine de Sauve, qui emploie quelque 85 salariés.

Masques lavables et réutilisables

Mais à compter de ce lundi 23 mars, celle d'Aimargues se reconfigure et lance la production de 7 000 masques simples anti-projection destinés du SDIS 34 qui les distribuera aux sapeurs-pompiers du département de l'Hérault et aux soignants du CHU de Montpellier.

« Il y a tant de soignants et de pompiers qui n'ont pas de protection, se désole Dominique Seau. Nous avons réalisé un prototype qui a été validé par le médecin-colonel du SDIS 34. Ce sont des masques en triple épaisseur de tissu, maille coton ou coton/élasthanne habituellement utilisés pour fabriquer nos sous-vêtements. Ils sont lavables à haute température et réutilisables après lavages répétés. Ils ne sont pas labellisés FFP2 et ne filtrent donc pas les virus, mais ils constituent néanmoins une barrière anti-projections permettant de limiter le risque d'être contaminé. »

Une cinquantaine de salariés sur les 300 habituellement continuent de travailler à Aimargues pour permettre cette production. Et les 7 000 masques seront livrés à prix coûtant.

D'autres SDIS de la région ont contacté Eminence. L'entreprise a par ailleurs répondu à l'appel d'offres national de la Direction générale de l'Armement (DGA) « dont les besoins sont de 100 000 masques par jour ».

« Si les commandes augmentent, nous rouvrirons notre usine de confection de Sauve, assure Dominique Seau. Une chaîne de solidarité se met en place dans la profession pour trouver les matières premières. »

Comportements inadmissibles

Dominique Seau affirme conserver une activité minimum dans l'entreprise - une simple équipe de logistique et de production au lieu de deux en temps normal - notamment de manière à ce que les particuliers soient livrés par Colissimo via les sites internet AtenaShop et EminenceShop.

Mais le dirigeant s'inquiète néanmoins de l'après-Covid-19.

« La trésorerie a fondu de moitié, déplore-t-il. Tout dépendra de la durée de la crise... Si elle devait s'éterniser, pas sûr qu'on puisse tenir, sauf si les mesures du gouvernement sont effectivement bien mises en œuvre. Elles sont à la hauteur sur le papier, mais l'administration est elle aussi en mode dégradé et j'ai par ailleurs d'ores et déjà signalé le comportement inadmissible de certains qui gèlent le paiement des produits qu'on a déjà livrés ! Ce qui risque d'assécher encore plus la trésorerie. »

* Rachetée par la société israélienne Delta Galil en mai 2018.

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