Vives tensions chez Cémoi à Perpignan

Pour la deuxième fois en deux semaines, les syndicats de l’entreprise chocolatière Cémoi, basée près de Perpignan, ont appelé à un débrayage ce mercredi 26 janvier. Une centaine de salariés est passée déposer des doléances durant les cinq heures de présence devant l’entrée de l’usine, essentiellement pour réclamer une hausse des salaires.

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Le 26 janvier 2022, les manifestants se sont succédés devant les grilles de l'entreprise Cémoi, à Rivesaltes près de Perpignan.
Le 26 janvier 2022, les manifestants se sont succédés devant les grilles de l'entreprise Cémoi, à Rivesaltes près de Perpignan. (Crédits : Yann Kerveno)

Les salariés de l'usine Cémoi de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), emploie 260 équivalents temps pleins (sur 3.200 collaborateurs dans le monde), sont particulièrement remontés et manifestaient, le 26 janvier, devant les grilles de l'entreprise. Au programme, plusieurs chantiers. Le premier, c'est celui des salaires qui n'augmentent pas. Un petit coup de pression avant l'ouverture de la négociation annuelle obligatoire en février prochain ?

« L'an dernier nous avons été augmentés de 0,8% mais dans l'absolu, nos salaires baissent, explique Davy Vilaro, délégué syndical Sud et présent dans l'entreprise depuis vingt ans, avant d'entrer dans le détail. La direction veut nous augmenter la prévoyance complémentaire de 100% : elle passerait de 7 à 14 euros. Les évolutions sur l'ancienneté et la prime de progrès nous sont défavorables, en 2000 nous avions droit à 15% pour l'ancienneté et 2% pour la prime de progrès, aujourd'hui c'est 10,42% pour l'ancienneté et 2% pour la prime de progrès. Mais de l'autre côté, le coût de la vie lui, il ne cesse d'augmenter ! Un ouvrier qui a passé quarante ans dans cette entreprise touche 200 euros de plus que le SMIC... Nos salaires baissent, indirectement, mais ils baissent. »

Détérioration des conditions de travail

Il conteste aussi que la prime d'assiduité ne soit pas versée aux nouveaux entrants depuis le rachat par le groupe belge Sweet Products l'été dernier. Autre point de récrimination, les conditions de travail : les syndicalistes dénoncent la pression permanente sur les salariés, des menaces mêmes, la polyvalence requise ou imposée, « des fiches de postes qui ressemblent à des Larousse, des sanctions abusives comme celle subie par ce collègue ce matin parce qu'il ne portait pas le masque sur le parking... Nous passons notre temps à alerter la direction sur les dysfonctionnements que nous constatons, mais il ne se passe rien » regrette le délégué syndical Sud.

« On voit parfois les gens partir d'ici en pleurs, nous avons été l'établissement le plus touché par le Covid avec plus de 60% des gens arrêtés, nous avons 30 dossiers longue maladie », énumère Damien Lhoste, représentant de la CGT au Conseil économique et social de l'entreprise, qui dénonce aussi « l'augmentation effarante du turn-over dans l'usine » et se demande si « la direction générale est vraiment au courant de ce qui se passe dans l'établissement ».

Inquiétudes sur l'emploi

« Nous n'avons aucune assurance sur l'avenir et surtout aucune information », pointent en cœur les représentants syndicaux, qui, en creux, craignent pour les emplois dans les mois qui viennent.

Damien Lhoste indique que « le coût des matières premières augmente et il n'est pas forcément facile de faire passer les augmentations aux clientsJe comprends que l'entreprise ne veuille pas brader nos produits, mais si nous devons perdre des clients, cela amènera forcément à des licenciements parce qu'il faudra fermer des lignes... ».

Enfin, ils insistent aussi tous les deux sur l'ambiance délétère dans les relations avec la direction. « Nous avons entamé des procédures avec un avocat, pour délit d'entrave principalement, et nous attendons que le dossier avance », précise Davy Vilaro.

L'ensemble des revendications, une fois analysées et compilées, sera porté à la négociation annuelle.

« Mais qu'on ne s'y trompe pas, les gens sont bouillants », conclut le délégué Sud.

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