Pourquoi le groupe Pellenc rachète l’usine qu’il occupe à Florensac

Le groupe Pellenc, spécialiste français de l’industrie vinicole (fabrication et vente d’équipements pour la viticulture, la viniculture ou l’arboriculture) annonce qu’il rachète le site héraultais où il exploite l'usine Pera-Pellenc depuis 2013. Un investissement qui en appellera d’autres, pour moderniser l’outil de production, dans un contexte marqué par une filière française qui sort d’une petite récolte en 2021 et subit des hausses de coûts des matières premières, mais aussi par le conflit en Ukraine.
Cécile Chaigneau

3 mn

Le groupe Pellenc, spécialiste des équipements pour la viticulture ou la viniculture, rachète le site de Florensac (Hérault) qu'il exploite depuis la reprise de la société Matériel Pera fin 2013.
Le groupe Pellenc, spécialiste des équipements pour la viticulture ou la viniculture, rachète le site de Florensac (Hérault) qu'il exploite depuis la reprise de la société Matériel Pera fin 2013. (Crédits : Pera-Pellenc)

Le groupe Pellenc, spécialiste des équipements pour la viticulture, la viniculture, l'arboriculture et l'outillage électroportatif, annonce le 24 mai qu'il rachète le site de Florensac (Hérault) qu'il exploite depuis la reprise de la société Matériel Pera fin 2013.

Cet expert de l'industrie vinicole, dont le siège est à Pertuis (Vaucluse) et qui emploie 1.900 personnes dans le monde (la moitié en France) pour un chiffre d'affaires 2021 de 300 millions d'euros, dispose de plusieurs structures commerciales en France (Languedoc-Roussillon, Bordelais, Bourgogne, Champagne) et de cette usine à Florensac où travaillent 200 personnes (dont 80 ouvriers pour la production d'équipements viticoles).

« A Florensac, nous couvrons toute la chaîne de valeur : il existe un bureau d'études mais on produit aussi, on vend, on installe et on entretient, pour des clients qui sont de grosses caves particulières ou coopératives », précise Rémi Niero, directeur général de la filiale Pera Pellenc.

Investissements de modernisation et recrutements

En 2018, Pera Pellec projetait de construire un nouveau site industriel à Florensac à horizon de cinq années. L'annonce du rachat de l'usine qu'elle exploite aujourd'hui et qu'elle louait, jusqu'à présent à Pera Frères (les héritiers des fondateurs), est le fruit de la recherche infructueuse d'un terrain.

« Nous avons laissé tombé car nous ne trouvions pas de terrain constructible adéquat et à distance acceptable, indique Rémi Niero. Nous nous sommes donc recentrés sur le rachat de cette usine (22.000 m2 couverts sur 6 ha, NDLR), qui est certes vieillissante mais que nous allons moderniser. »

Le groupe annonce en effet un plan de transformation et de modernisation progressives des installations à horizon 2030, via des investissements « dans des techniques et équipements de pointe qui permettront de soutenir la compétitivité et de développer le bien-être des salariés au travail », tenant compte des aspects environnementaux.

« Nous repensons nos flux industriels en fonction des produits aujourd'hui, certaines parties de l'usine seront détruites et d'autres reconstruites, nous prévoyons des investissement en process sur des machines, nous créerons des zones de convivialité pour les salariés, énumère le directeur général. Nous avons la volonté de produire plus sur place, ce qui passera par de la robotisation, notamment des tâches répétitives, et de la digitalisation. »

Le dirigeant annonce que des recrutements sont également prévus sur l'usine : « Nous avons une vingtaine de postes à pourvoir, de soudeurs, monteurs machines ou électrotechniciens ».

Commandes avortées en Russie

La conjoncture nationale ou internationale n'est, aujourd'hui, pas vraiment favorable : les hausses de coûts des matériaux ou de l'énergie viennent se conjuguer à une récolte 2021 faible en France, comme en 2017 qui avait vu les investissements se ralentir.

« Quand il y a peu de vin en cuve, les caves hésitent à investir, confirme Rémi Niero. Mais nous sommes optimistes car les perspectives de récoltes 2022 sont bonnes... Il faut souligner que oui, le coût des équipements a augmenté en raison de la hausse de prix des matières premières, mais il reste moins cher que ce qu'il sera l'an prochain... »

En 2021, la filiale Pera Pellenc a réalisé un chiffre d'affaires de 32 millions d'euros et Rémi Niero projette une année 2022 meilleure, « notamment car il y aura l'effet de la hausse de prix des matières premières ».

Alors que Pera Pellenc réalise environ 40% de son chiffre d'affaires à l'export (principalement sur les deux Amériques, en Afrique du Sud, en Espagne et en Europe de l'est), le conflit en Ukraine vient freiner son développement. Les commandes en Russie ont ainsi été avortées...

« Nous avions des marchés importants en Russie, explique le dirigeant. Mais pour des raisons d'éthiques mais aussi de problématiques de flux financiers ou de difficultés pour aller installer nos équipements, nous avons pris la décision, en mars, de mettre un terme aux contrats. »

Cécile Chaigneau

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