Sébastien Missoffe (Google France) : "Notre responsabilité est d’être le plus inclusif possible"

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Sébastien Missoffe, DG de Google France, et Philippe Saurel, maire de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole, à Montpellier le 15 février 2019.
Sébastien Missoffe, DG de Google France, et Philippe Saurel, maire de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole, à Montpellier le 15 février 2019. (Crédits : Christine Caville)
Le 15 février, était inauguré, à Montpellier, le 2e Atelier Numérique Google. Objectif : former gratuitement aux outils du numérique 10 000 personnes (particuliers, étudiants, demandeurs d’emploi ou professionnels) dès la première année. Le DG de Google France, Sébastien Missoffe, explique le choix de la métropole languedocienne par la présence d’un écosystème numérique engagé et dynamique.

Comme annoncé en décembre dernier, Google France a inauguré le 15 février un Atelier Numérique à Montpellier. Il s'agit du 2e, après celui de Rennes, ouvert en juin 2018 et qui a déjà formé, selon Google, 12 000 personnes. Deux autres Ateliers seront prochainement ouverts à Nancy et Saint-Etienne.

L'Atelier Numérique est présenté comme un lieu d'échange et d'apprentissage dédié au numérique, gratuit et ouvert à tous. Le dispositif vise à accompagner un large public (étudiants, familles, gérants de PME ou d'association, commerçants, artisans, demandeurs d'emploi, etc.) vers une meilleure maîtrise des outils numériques.

« Le projet des Ateliers Numériques Google est né de la conviction que le numérique peut créer des emplois et qu'il y a une urgence à former car aujourd'hui encore, 40 % des Français ont du mal à comprendre les subtilités du numérique, argumente Sébastien Missoffe, vice-président et directeur général de Google France, présent à Montpellier le 15 février. Quand on est la porte d'entrée d'internet, c'est aussi notre responsabilité d'être le plus inclusif possible. L'enjeu est de maîtriser ces outils et non de vendre quoi que ce soit... »

« Un atout pour la French Tech »

Pourquoi Montpellier ?

« Il y a des villes et des métropoles dont le tissu économique se prête particulièrement au numérique, explique Sébastien Missoffe. Par ailleurs, il y a le niveau d'engagement et de volonté de travailler ensemble. A Montpellier, nous avons trouvé un écosystème où tout le monde parle d'une même voix. Nous avons échangé avec beaucoup de villes et nous retenons les villes qui le veulent le plus... »

Philippe Saurel, le maire de Montpellier et président de la Métropole, énumère les arguments favorables - « sociologie, avec notamment 80 000 étudiants, croissance démographique et attractivité de la ville » - comme autant « d'atouts pour installer un Atelier numérique afin de réduire la fracture numérique, surtout dans le contexte social que nous traversons ».

« C'est un atout pour la French Tech, ajoute l'édile. Des start-ups qui se trouvent à côté d'un géant du numérique comme Google peuvent penser que Google veut tout absorber mais elles peuvent aussi penser qu'il peut les aider, les faire connaître, les valoriser... Les entreprises de la French Tech m'ont demandé de voir avec S. Missoffe comment organiser pour les entreprises de Montpellier qui travaillent avec des entreprises américaines une visite à la Silicon Valley. Ce sera courant juillet pendant une semaine... C'est du gagnant-gagnant ! »

L'Atelier numérique de Montpellier, inauguré le 15 février 2019

Réseaux sociaux, codage et référencement

Le géant américain est donc installé, contre loyer (non communiqué), dans l'Hôtel de la French Tech (ancienne mairie) pour une durée indéterminée. Il a déployé une équipe de 10 coaches, associés à une vingtaine de partenaires locaux, avec l'objectif de former 10 000 personnes d'ici fin 2019.

Le mastodonte du numérique se refuse également à communiquer sur le coût d'une telle initiative...

Parmi les formations proposées : chercher des annonces d'emplois sur internet, sécuriser ses données, comprendre le fonctionnement des réseaux sociaux et des moteurs de recherche, découvrir le code informatique, apprendre les mécanismes de référencement.

Interrogé sur l'orientation de ces formations vers les outils Google de préférence, Sébastien Missoffe assure que ce ne sera pas le cas : « Sur les 26 modules de formation proposés, 20 concerneront d'autres produits que les produits Google, comme par exemple les réseaux sociaux ou le référencement numérique ».

Les pratiques de Google dénoncées

Les équipes de Google avait été accueillies le matin par une dizaine de manifestants issus de divers mouvements ou associations (Les Désobéissants du Sud, La Carmagnole, Attac, I-boycott.org,...), venus dénoncer les pratiques du groupe telles que le contournement fiscal ou l'utilisation des données personnelles à des fins commerciales, arguant également que « l'ouverture de cet atelier de formation numérique s'effectue sur fond de démantèlement d'un vrai service public intercommunal d'accueil et d'aide à l'utilisation de l'internet et des outils informatiques, la Cyberbase ».

« Combien de services publics pourrait-on financer avec l'argent que Google envoie dans les paradis fiscaux ?, interroge l'un des manifestants. A Montpellier, on a remplacé un service public par un service privé financé par Google, sans discussion ! Google fait des choses gratuitement, mais quel est le coût pour la démocratie ? »

« J'ai lu ici et là que la Cyberbase avait été arrêtée avec l'arrivée de Google : c'est archi faux !, répond Philippe Saurel. La Cyberbase existe toujours, elle continue ses actions ici même. Et les formations au numérique se poursuivent dans les 15 médiathèques de la Métropole. L'Atelier numérique de Google, c'est aussi une demande du tissu entrepreneurial, de la CCI et surtout la Chambre de métiers dont les ressortissants ont d'importants besoins. »

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