Pourquoi CGI recrute toujours autant en Occitanie

ENTRETIEN - L’entreprise canadienne de services du numérique CGI lance régulièrement de vastes campagnes de recrutements, notamment sur ses sites en Occitanie, Montpellier et Toulouse. A la mi-mai, elle annonçait quelque 300 recrutements sur la région. Pourquoi autant ? Les réponses de Clément Bernard, vice-président du Centre d’innovation digitale de CGI.
Cécile Chaigneau

4 mn

Clément Bernard est vice-président du Centre d’innovation digitale de CGI, qui compte des implantations à Montpellier, Toulouse et Rennes.
Clément Bernard est vice-président du Centre d’innovation digitale de CGI, qui compte des implantations à Montpellier, Toulouse et Rennes. (Crédits : DR)

LA TRIBUNE - Le 11 mai, CGI* annonçait recruter 100 CDI à Montpellier et 200 à Toulouse d'ici à 2022. Ce type de campagne de recrutements revient environ tous les ans. Pourquoi ce besoin permanent de recrutements ?

CLEMENT BERNARD - En Occitanie, CGI emploie 1.300 salariés à Toulouse et Montpellier, dont 400 à Montpellier. Le Centre d'innovation digitale, installé à Toulouse, Montpellier mais aussi à Rennes, compte 700 collaborateurs, et seulement la moitié il y a trois ans... Nous sommes dans une période particulière : le secteur des services du numérique est tendu mais en sortie de crise Covid, certains marchés très dépendants d'industries comme l'aéronautique sont en difficulté et nous bénéficions d'un déport d'effectifs. A Montpellier, il existe un tissu d'écoles intéressant qui amène un vivier de compétences, et tout un écosystème autour de l'IT. Et la région est attractive pour des profils parisiens ! Nous faisons le choix de solliciter les médias pour nos campagnes de recrutements afin d'avoir une large visibilité pour trouver les bons candidats.

CGI souffre-t-elle d'un turn-over des effectifs important ?

Il est exceptionnellement bas en ce moment. Et historiquement, il est plus bas que celui de la profession, probablement en raison de la dynamique de projets du centre d'innovation digitale.

Vous recherchez des profils juniors et expérimentés, en particulier des business consultants, des experts en data, BI, cybersécurité, mobilité et digital, des analystes, développeurs et architectes, des consultants SAP (Systems, Applications & Products in data processing) et des chefs et directeurs de projets. Quelle est votre stratégie RH ?

Depuis janvier, nous avons déjà effectué une dizaine de recrutements par mois... Nous sommes volontairement sur ce double canal entre juniors et expérimentés car nous avons besoin des deux. On ne peut pas recruter que des expérimentés car il existe une rareté de profils sur le marché mais aussi parce que nous choisissons de faire évoluer les gens en interne vers le management. Chez les juniors, nous faisons des campagnes de stages et d'alternance car c'est une bonne manière de se tester mutuellement. Nous accueillons actuellement 34 stagiaires et une vingtaine d'alternants. 75% sont transformés en CDI... Il y a encore plus d'hommes que de femmes dans les écoles et donc dans les entreprises, mais les métiers de l'IT évoluent et nous sommes proactifs sur ces sujets, avec notamment des campagnes d'information dans les collèges et lycées pour sensibiliser les jeunes filles au codage.

CGI propose un portefeuille complet de services et de solutions numériques. A l'aune de la crise sanitaire que nous traversons, quelle évolution de la demande observez-vous chez vos clients, notamment sur la transformation digitale, la cybersécurité ou l'externalisation du travail en raison du télétravail ?

Nous avons observé un report de notre activité vers des industries résilientes, au détriment des secteurs les plus touchés par la crise comme le manufacturing. Sur la typologie de services que nous proposons, la vocation du centre d'innovation digitale est d'accompagner les clients dans leur transformation digitale par l'innovation. Avec la crise, les entreprises ont pris conscience de l'importance d'être à la pointe pour faire durer un business pendant pandémie. Il y a donc des demandes de création de plateformes de e-commerce, de digitalisation des services, de projets sur la capacité à interagir avec le client, à collecter des données, etc. Nous avons aussi beaucoup de projets autour de l'optimisation financière : l'arrivé de l'IA permet en effet aux outils de RPA (l'automatisation robotisée des processus, une technologie de création de robots par apprentissage du comportement d'un usager sur une interface graphique, NDLR) d'être plus performants et les entreprises qui hésitaient se lancent. Concernant la cybersécurité, il y a une grande maturité chez les grands comptes et c'est le segment qu'on adresse. Quant à la mise en œuvre du télétravail, le centre d'innovation digitale n'a pas d'activité de solutions collaboratives ni hardware et réseaux. Mais ce sur quoi nous avons été sollicités, c'est sur la mise en œuvre de la gestion omnicanal pour des clients qui ne travaillaient que sur un seul avant la crise.

A Toulouse, vous l'avez dit, vous avez dû faire face à un ralentissement de l'activité du secteur aéronautique. Qu'avez-vous observé côté Montpellier ?

Lors du premier confinement, nous avons observé une même chose partout : nos interventions concernent surtout sur des investissements et non de la maintenance, et avec la crise, les clients n'étaient pas en capacité de nous fournir les entrants nécessaires pour que nous travaillions et étaient frileux à investir. Depuis octobre, on est revenu sur une situation normale, nous avons repris les recrutements en décembre, et aujourd'hui, il y a une forte accélération de notre activité. Nous avons gagné de gros contrats à Montpellier et Toulouse, d'où nos besoins de recruter (CGI ne communique pas sur le nom de ses clients, NDLR).

Vous serez bientôt 500 salariés sur le site de Montpellier. Vos locaux sont-ils suffisamment grands pour accueillir cette croissance des effectifs ?

Nous avons opéré une grosse opération immobilière l'an passé, nous avons rénové notre site en anticipant sur ses capacités d'accueil. Et avec la crise Covid, il y a encore plus de flexibilité sur le télétravail, ce qui accroît la capacité d'accueil. Nous pouvons monter jusqu'à 650 salariés...

* Entreprise canadienne, 77.000 conseillers dans le monde dont 10.000 en Europe du Sud et de l'Ouest, chiffre d'affaires 2020 de 12,16 milliards de dollars canadiens (8,07 milliards d'euros) dont 1,27 milliard d'euros France.

Cécile Chaigneau

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