Hôtellerie de plein air : "Il faut assouplir les freins administratifs"

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(Crédits : FNHPA)
Le 6 novembre à Montpellier, s’ouvre pour trois jours la 40e édition du SETT, le salon de l’hôtellerie de plein air, qui recevra le secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères. Jean-François Bey, vice-président de la Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air et président de la confédération Occitanie, s’exprime sur l’état d’esprit de la profession et sur les sujets qui comptent.

Le SETT, salon professionnel des équipements de l'hôtellerie de plein air, tiendra sa 40e édition du 6 au 8 novembre, au Parc des Expositions de Montpellier. Quelque 580 exposants seront présents sur cette manifestation qui fait référence dans la profession, fréquentée chaque année par environ 15 000 visiteurs. C'est dans ce cadre également que se déroulera le 44e congrès national de la Fédération nationale de l'hôtellerie de plein air (FNHPA).

Jean-François Bey, propriétaire-gérant du camping Les Galets à Argelès-sur-Mer (66), vice-président délégué de la FNHAP, président de la confédération Occitanie et président de la FHPA Languedoc-Roussillon, s'exprime à la veille de ce rendez-vous très attendu de la profession, sur les sujets qui animent les acteurs du secteurs.

Que peut-on dire, en quelques mots, de la saison estivale 2018 ?

« Elle a été assez comparable à 2015 et 2016, légèrement inférieure à 2017. La Normandie, les Hauts-de-France et le Grand Est ont bien marché, la Nouvelle Aquitaine moyennement. La côte méditerranéenne reste une destination relativement solide, tout comme le Languedoc-Roussillon, même si on a observé un léger fléchissement. Les raisons sont un printemps maussade, une Coupe du monde de football qui a retardé les départs en vacances, des températures élevées qui ont bénéficié aux départements moins chauds. »

Dans quel état d'esprit cette 40e édition du Salon SETT va trouver la profession ?

« La profession est extrêmement mobilisée, solidaire, combative et optimiste, même s'il y a des sujets d'inquiétude... C'est une profession qui évolue beaucoup. Notamment la révolution numérique pose question, tout comme l'arrivée des grands groupes financiers. Elle doit aussi considérer des éléments de consommation de société qui bougent. Par exemple, le fractionnement des vacances fait que les départs ne doivent pas forcément se faire le samedi mais peut-être le mercredi ou le jeudi. Autre exemple : il faut s'adapter au fait que les achats faits sur internet peuvent se faire au dernier moment via des réseaux intermédiaires plus ou moins maîtrisés. Les vacanciers partent seul, en famille ou en groupe, donc il faut être très bons dans la distribution et la réactivité, et être capables de présenter une offre différente et d'en bouger les prix. Enfin, les citadins sont de plus en plus nombreux  à partir en camping et il faut répondre à leurs attentes comme le manque d'espace, le manque de lumière, le manque de grand air et de nature. Et il faut proposer des services ! »

Comment se positionne le SETT aujourd'hui ?

« Le salon devient incontournable. Aujourd'hui, huit régions sont partenaires. C'est un carrefour d'échanges de plus en plus multi-activités, avec par exemple des restaurateurs qu'on ne voyait pas avant... La fédération a ouvert ses portes à des élus - car beaucoup de maires ont un outil touristique tels qu'un camping ou des gîtes -, à des techniciens de communes touristiques, à Météo France ou à des administrations diverses. C'est une vraie ruche ! »

Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, présentera, le 6 novembre lors de l'assemblée générale plénière de la FNHPA, les ambitions du gouvernement en matière de développement touristique. Quel message souhaitez-vous lui passer ?

« Je ne veux pas polluer le message que délivrera le président de la FNHPA, Nicolas Dayot... Mais en résumé, l'objectif est de faire comprendre que pour développer une économie touristique, il faut permettre aux acteurs du tourisme et donc à nous hébergeurs, un maximum de flexibilité et de souplesse sur le droit du sol dans des espaces naturels protégés. L'hôtellerie de plein air est une solution pour le développement économique et l'emploi, nous avons l'espace, nous avons les lieux et nous avons un savoir-faire, mais il faut assouplir les freins administratifs. Depuis 18 mois, ce problème a pris une grande ampleur au sein de la profession... Des campings en France disparaissent ! »

Quelles seront les principales thématiques du Congrès national de la FNHAP ?

« Deux dossiers importants sont en train de se clôturer. Les nouvelles normes de classement imposées au 1e janvier 2019 et le contrat-loisir, qui impacte 40 % de nos adhérents, et qui consiste en la mise en place d'un système de location d'emplacement à l'année à des particuliers propriétaires d'un mobil-home ou d'un chalet. Par ailleurs, il y aura des ateliers fiscaux, urbanisme et sociaux. Car le 3e dossier important, c'est celui du social, notamment l'obligation du prélèvement à la source et le rapprochement des branches que le gouvernement souhaite. Notre crainte, mais c'est la même que pour toutes les conventions collectives, c'est que ces dernières, qui ont été adaptées au fil du temps sur des spécificités : si aujourd'hui, on fait un tronc commun, on peut perdre en souplesse, en précision "à la carte". »

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