Dans l'Hérault, la future voie verte du Canal du Midi mobilisera 7 M€

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Dans l'Hérault, le Conseil départemental va investir 7 M€ sur une nouvelle piste cyclable le long du Canal du Midi
Dans l'Hérault, le Conseil départemental va investir 7 M€ sur une nouvelle piste cyclable le long du Canal du Midi (Crédits : Office de Tourisme du Canal du Midi au Saint-Chinian)
Lors des Assises du tourisme organisées le 3 février, le Département de l'Hérault a annoncé qu'il investit 7 M€ dans une piste cyclable de 50 km le long du Canal du Midi, livrable en 2025. Une infrastructure au service d'une nouvelle stratégie sur les itinérances douces, destinée à séduire les tour operators.

Après plusieurs années de négociations avec Voies Navigables de France et les services de l'État (direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement), le Conseil départemental de l'Hérault a annoncé, lors des Assises du tourisme tenues le 3 février à Montpellier, qu'il vient d'obtenir leur accord pour bâtir une nouvelle voie verte le long du Canal du Midi. Le chantier, qui mobilisera 7 M€ d'investissements, implique la construction d'une nouvelle piste cyclable d'une longueur de 50 km, en majeure partie sur le territoire héraultais.

Un chaînon stratégique, mais encore manquant

Les études pour cette piste cyclable, qui débutent, seront achevées d'ici un an ou deux. Les premiers aménagements de cette voie verte seront ouverts aux touristes en 2022, tandis que le chantier dans sa globalité sera achevé en 2025.

"Les négociations ont été longues car le Canal du Midi est protégé, au titre de son inscription au patrimoine de l'Unesco, et il s'agissait de bien positionner la nouvelle piste cyclable par rapport au chemin de halage existant. C'est un très gros chantier", estime Claude Barral, vice-président du Département de l'Hérault et président de Hérault Tourisme.

"Ce tronçon de 50 km, sur le Canal du Midi, n'était pas équipé en piste cyclable et constituait une rupture sur l'itinéraire cyclable européen qui s'étend d'Athènes à Cadix : cela nous pénalisait pour promouvoir la destination auprès des tour operators, qui avaient tendance à la déprogrammer ces dernières années. L'opération nous permettra donc de mieux la vendre, mais aussi de générer de nouvelles recettes puisque des itinéraires équivalents, comme "La Loire à vélo", ont une rentabilité de 100 000 € au kilomètre", évalue Pascal Schmid, directeur général de Hérault Tourisme.

Une priorité donnée aux itinérances douces

La création de cette voie verte doit être replacée dans la stratégie du Département de l'Hérault, définie par son schéma de développement touristique 2018-2021 : aux côtés de la digitalisation de l'offre et de la valorisation des paysages, les itinérances douces en constituent l'une des trois priorités. Cette offre touristique présente, selon Claude Barral, deux avantages : les itinérances douces (qui désignent les formes de tourisme itinérant à pied, à vélo ou à cheval) répondent à la demande des Français pour un tourisme plus respectueux de l'environnement, et rencontrent un succès grandissant à l'international.

Lors de ces Assises du tourisme, le Département a ainsi dévoilé plusieurs initiatives en faveur des itinérances douces, à venir en 2020 : la création d'une nouvelle voie sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, la rédaction d'une nouvelle charte d'accueil pour les hébergeurs situés sur ces mêmes chemins, le doublement des lieux labellisés "Accueil Vélo" (désormais au nombre de 100), etc. En outre, le Département vient de signer un contrat d'un an avec l'opérateur La Malle Postale, qui permettra aux randonneurs et cyclotouristes se déplaçant dans le Haut-Languedoc de confier le transport de leurs bagages à ce prestataire pour un tarif préférentiel.

"L'originalité de ce schéma est que, depuis n'importe quel point d'entrée labellisé "Grand site" dans l'Hérault, nous allons décliner un contenu de destination touristique autour des itinérances douces pour le tourisme de pleine nature, du réseau Oenotour pour l'oenotourisme... Il nous faut donc travailler l'offre de services proposées autour de ces points, en termes d'hébergement, d'accueil vélo, etc. C'est aussi la condition pour convaincre de nouveaux tour operators majeurs comme Terres d'Aventure ou La Balaguère", poursuit Pascal Schmid.

"Les tour operators viennent quand ils peuvent s'appuyer sur ce tissu de services proposés par les professionnels. Nous étions un peu en retard comme le montre notre réflexion sur le Canal du Midi, mais nous travaillons avec les comités d'itinéraires et les offices du tourisme pour le combler. Ces assises nous permettent d'ailleurs d'enregistrer leurs contributions complémentaires, afin de recaler toutes les problématiques", conclut Claude Barral.

La nouvelle marque "Oenorando"

Autre annonce lors de ces Assises : après avoir constitué, aux côtés des vignerons et d'autres institutions, un circuit pour l'oenotourisme riche de 25 routes des vins à ce jour, le Département de l'Hérault franchit une étape en créant une marque baptisée "Oenorando" sur ce sujet. Elle sera lancée officiellement lors du Salon de l'Agriculture, le 25 février à Paris.

Présidé par Kléber Mesquida, le Conseil départemental de l'Hérault gère la première destination touristique d'Occitanie (25 % de la fréquentation régionale). Le département enregistre 38,5 millions de nuitées touristiques par an, pour une capacité d'accueil de 910 000 lits. La filière touristique représente 43 500 emplois, et 284 M€ d'investissements (à nouveau 25 % du total régional).

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Commentaires
a écrit le 05/02/2020 à 17:30 :
Beaucoup de baratin et d'argent pour un itinéraire qui devrait rester tel qu'il est c.a.d. majoritairement en terre battue beaucoup plus agreable. Tous les groupes que j'ai amené au canal du Midi du midi ont rapidement eu marre de la piste goudronnée en sortie de Toulouse !

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