Comment NaÏtUp dégage une croissance de 100% avec ses tentes de toit

 |  | 768 mots
Lecture 4 min.
Avec ses tentes de toit, l'entreprise alésienne NaïtUp capte une clientèle de voyageurs itinérants et sportifs de plein air.
Avec ses tentes de toit, l'entreprise alésienne NaïtUp capte une clientèle de voyageurs itinérants et sportifs de plein air. (Crédits : Florian Keller)
En croissance de 100% en 2020, NaïtUp, spécialiste des tentes de toit, investit dans son outil de production et dans de nouveaux locaux. La société, basée à Alès, veut déménager dès 2023.

Depuis bientôt quinze ans, la société alésienne NaïtUp capte une clientèle de voyageurs itinérants et sportifs de plein air avec ses tentes "Hussarde". D'une production confidentielle en 2015, elle est passée à un rythme soutenu, générant une croissance annuelle moyenne de l'ordre de 80%.

« En 2015, nous produisions une soixantaine de tentes par an, indique Patrice Brochier, fondateur et dirigeant de NaïtUp. En 2020, le contexte de la crise sanitaire, loin de nous impacter, a suscité au contraire une demande soutenue. Nous avons produit 700 tentes, soit une progression de 100% par rapport à 2019, et réalisé un chiffre d'affaires de 1,7 million d'euros. »

Une fabrication écoresponsable made in France

Incubée dès sa création en 2007 à l'École des Mines d'Alès, NaïtUp est née du constat d'un déficit d'offres sur le marché de l'outdoor.

« On ne trouvait alors que des tentes de toiles lourdes et adaptables uniquement sur des 4X4 », rappelle Patrice Brochier qui a travaillé sur un modèle de tente compact, adaptable à tout type de véhicule, ergonomique, facile à installer (ouverture annoncée en moins d'une minute) et confortable.

Les premiers modèles sont fabriqués en Chine mais très vite, le dirigeant oriente ses recherches vers des sous-traitants français tandis que l'assemblage est réalisé dans les ateliers de la société.

Elle compte aujourd'hui trois modèles (de 2.000 à 4.000 euros) : la "Hussarde Duo", la "Quatro" et la "Family". Une nouvelle version, plus compacte, la "TriU", va sortir cet été. De quoi couvrir l'ensemble des demandes d'habitabilité, d'une à quatre personnes.

Concentré d'innovation, les tentes "Hussarde" intègrent des fonctionnalités comme la ventilation brevetée (évitant la condensation), le doublage moustiquaires, de larges ouvertures pour les portes et fenêtres, un système de fixation antivol homologué... Et surtout, elles sont évolutives, fabriquées avec des matériaux recyclables : coque supérieure et inférieure en ABS recyclable et recyclé, pièces métalliques recyclables, plancher basculant en mousse PET recyclé, toile de tente en coton ou polycoton.

« Nous sommes très exigeants dans l'emploi de matériaux, affirme le dirigeant de NaïtUp. Nous n'utilisons pas de fibre de verre ni de résine à dégagement de gaz nocif. Le coton étant une culture polluante, nous recherchons des solutions alternatives, comme le lin par exemple. Par ailleurs, pour lutter contre l'obsolescence programmée, tous nos produits sont réparables. »

Lean manufacturing

Ses tentes de toit étant entièrement configurables et réalisées sur mesure, Naït'Up reste très dépendant de la saisonnalité. Pour optimiser les flux, la société propose une stratégie commerciale liée aux modalités de livraisons. Plus le client anticipe sa commande, plus il bénéficie de remise.

« Ce planning de production nous permet de réduire le pic de la vague de printemps, explique Patrice Brochier. Cela nous permet aussi d'être plus réactifs et de mieux gérer le planning avec les sous-traitants. »

Face à ces contraintes de production et en vue de l'arrivée d'un nouveau modèle, NaïtUp vient d'investir 150.000 euros dans un outil basé sur le lean manufacturing, version occidentale du système de production de Toyota : ce process, à la japonaise, va lui permettre de tripler la capacité de production, avec, à la clé, un meilleur contrôle qualité.

En parallèle, la société va investir 2,5 millions d'euros (financés par emprunts, auprès notamment de la BPI) dans de nouveaux bâtiments, sur un terrain qu'elle vient d'acheter sur le bassin alésien.

« Nous venons d'embaucher une dizaine de collaborateurs, nous sommes donc aujourd'hui 22 dans la société, sans compter les cinq ou six CDD que nous allons recruter pour la saison. Nos locaux sont devenus trop exigus, estime le dirigeant. Nous venons de signer un compromis pour l'achat d'un terrain sur lequel nous souhaitons construire un bâtiment de 1.000 m2 et des bureaux de 250 m2. »

La construction devrait démarrer l'an prochain pour un déménagement en 2023.

Un maillage de revendeurs

Alors qu'elle réalise 70% de son chiffre d'affaires avec son site web, l'entreprise développe depuis 2017 la vente aux professionnels via des revendeurs, généralement des magasins indépendants dans le domaine des véhicules de loisirs ou des loueurs de mini vans.

Encore timide à l'export, la société s'appuie sur des revendeurs en Belgique et en Suisse, et souhaite s'ouvrir cette année sur l'Autriche, puis sur l'Allemagne, pays particulièrement friands d'activités de plein air.

NaïtUp entend réitérer en 2021 ses 100% de croissance et vise la commercialisation de 1.500 tentes de toit.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :