Najoua Arduini-El Atfani marraine de Women For Future

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N. Arduini-El Atfani, ex-présidente et administratrice du Club XXIe Siècle
N. Arduini-El Atfani, ex-présidente et administratrice du Club XXIe Siècle (Crédits : DR)
Women For Future, le mouvement créé par La Tribune pour mobiliser les décideurs sur l'entrepreneuriat féminin et l'égalité économique femmes-hommes, tiendra sa 1e soirée à Montpellier le 12 juin. L'ex-présidente du Club XXIe siècle, l'un des plus gros réseaux d'influence français, en sera la marraine.

Comment définir la mission du Club XXIe Siècle ?

Najoua Arduini-El Atfani : C'est une association dont l'objectif est de promouvoir l'égalité des chances et la diversité. Si la diversité est une chance pour une société, il faut donc valoriser l'image de la diversité. Le Club, que j'ai présidé entre 2012 et 2014 et dont je reste administratrice, a mis en place des actions de valorisation des rôles models, d'accompagnement des entreprises et d'établissements scolaires dans leur capacité à être plus innovants et plus justes sur ces sujets.

Quel genre d'actions ?

N. A.-E. : Il y a par exemple les « Entretiens de l'excellence », que nous avons mis en place depuis une dizaine d'années et qui visent à accompagner des collégiens et des lycéens sur les questions d'orientation. On connaît encore des manques flagrants sur ce sujet : s'il n'existe pas chez les jeunes de connaissance de ces filières, ils ne pourront jamais exercer ces métiers. Je citerais aussi un programme de mentoring pour les jeunes femmes issues de la diversité car il faut s'attaquer à une double plafond de verre. D'une part, l'entreprise reste un monde conçu par les hommes pour les hommes, où elles sont arrivées tardivement ; d'autre part, avec leurs origines étrangères, elles ont souvent du mal à acquérir des codes masculins.

La diversité est-elle un facteur de performance économique ?

N. A.-E. : Je le crois, mais c'est difficile à prouver car la France ne réalise pas d'enquêtes sur des critères d'appartenance ethnique. Et il n'existe pas de volonté politique de « compter » de cette façon. Or je pense que nous devrions le faire, pour démontrer qu'il existe bien une discrimination dans l'accès à l'emploi et au logement, dans l'évolution au sein de l'entreprise, dans l'orientation scolaire, etc.

La « startupisation » de l'économie, en réveillant le goût pour l'entrepreneuriat, est-elle une des réponses à ce problème ?

N. A.-E. : Oui, on peut observer un foisonnement d'actions d'accompagnement à la création d'entreprise, comme « les Talents des Cités », dont le Club est partenaire, qui coache des jeunes issus des quartiers. Le défi désormais est de transformer ces initiatives en business pérenne. On peut aussi se demander si l'explosion du nombre d'entreprises n'est pas une façon de contourner les obstacles que j'évoquais.

Évoquons le cas des jeunes femmes, dont la place régresse dans les métiers technologiques et numériques. Comment l'expliquez-vous ?

N. A.-E. : Cette tendance est sans doute liée à un problème de confiance en soi, dans son business-model, dans sa capacité à avancer, etc. Les femmes doivent admettre qu'elles ne maitrisent pas toutes les règles du jeu... et que ce n'est pas grave. Même les plus grands patrons ont quasiment tous eu des business mentors. Le manque cruel de jeunes femmes dans les filières technologiques tient aussi à l'absence de roles models. Si nous n'en promouvons pas plus dans les gros postes à responsabilité, si nous n'en invitons pas plus sur les plateaux télévisés, les jeunes femmes ne se sentiront jamais concernées. Cette notion d'exemplarité est capitale. J'ai une grande admiration pour Mercedes Erra, la fondatrice de BETC. Elle s'est toujours hyper impliquée sur les sujets sociétaux. Elle a installé ses bureaux à Pantin, dans une zone en devenir, et sa première action à été de rencontrer les collèges voisins pour proposer des stages. Elle n'a jamais fermé la porte derrière elle.

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