Nicolas Hazard est le parrain du Gala des Ambassadeurs d'Occitanie 2019

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Nicolas Hazard, président d'INCO
Nicolas Hazard, président d'INCO (Crédits : DR)
Spécialiste des projets à fort impact sociétal et environnemental, Nicolas Hazard est le grand parrain du Gala des Ambassadeurs d'Occitanie que La Tribune organise, le 12 novembre, à Montpellier. Il annoncera notamment que sa société d'investissement, INCO, y ouvrira un bureau en 2020.

Diplômé d'HEC, de l'IEP de Paris et de l'Université de Paris I - Panthéon Sorbonne, Nicolas Hazard préside, depuis 2010, une société d'investissement présente dans une quarantaine de pays, INCO, qui soutient les start-ups de l'ESS et engagées pour l'inclusion sociale. Chroniqueur au Monde, au Guardian et à la Stanford Social Innovation Review, il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont Appel à la guérilla mondiale, paru en 2019.

Quel regard portez-vous sur la dynamique économique de l'Occitanie ouest ?

Nicolas Hazard : À INCO, nous investissons dans les start-ups innovantes, dont celles de l'économie sociale, à travers plusieurs fonds. De notre point de vue, l'ex-Languedoc-Roussillon est spécialement dynamique, avec un écosystème innovant puissant qui a souvent pris un temps d'avance. On y trouve un vrai vivier d'entreprises et d'organisations. Votre région figure dans les « top territoires », en France, où nous voulons investir. Nous avons déjà engagé 30 M€ en trois ans en Occitanie, mais nous allons franchir un pas en ouvrant, en 2020, un bureau à Montpellier, en lien avec nos partenaires de l'ESS que sont la pépinière Réalis, la CRESS et Alter'Incub. Tous ces acteurs ont démontré qu'on peut créer un écosystème efficient, rassemblant les expertises du public et du privé, pour faire croître les projets à fort impact social et environnemental. Dorénavant, l'enjeu est le changement d'échelle, le chiffre d'affaires, la création d'emplois. Pour cela, on a besoin de financements supplémentaires pour faire confiance à ces entreprises dans cette logique de croissance. Il faut aller au-delà des prêts d'honneur, il faut du capital pour générer cette confiance. En clair, il faut passer de tickets de 300 000 € aujourd'hui à 5 M€ demain. De même, nous allons travailler sur l'accompagnement de ces pépites, pour qu'elles se développent hors du territoire régional et national, et deviennent des champions en Europe. Enfin, nous prévoyons de lancer, en 2020 également, un prix dédié à l'ESS, pour mieux identifier les pépites que l'on veut accélérer. Elles bénéficieront d'un programme d'accélération, d'une durée de trois à six mois, pour leur permettre de grandir.

Entre les enjeux de transformation digitale, de désintermédiation, de développement durable et d'inclusion sociale, où situez-vous le nouveau modèle d'innovation que vous défendez ?

N. H. : Nous sommes en effet à un tournant, face aux enjeux du changement climatique, de la croissance démographique ou de l'inclusion sociétale, comme l'a révélé par exemple la crise des gilets jaunes. Le développement économique n'a pas d'autre choix que de mieux gérer son impact environnemental et sociétal. Souvenez-vous que le mot « économie » vient du grec et signifie « gérer notre maison commune », ce qui est par définition inclusif. Face à un capitalisme ultrafinanciarisé, nous devons revenir à une économie conçue comme un espace où les personnes peuvent s'accomplir dans un sens positif pour la société. Il y a une vraie appétence pour cette approche en Occitanie, comme je l'ai vu à Montpellier et à Sète, où un ressent la volonté de créer un modèle réellement inclusif.

Cette approche reste-t-elle compatible avec les changements d'échelle, la logique d'industrialisation et de rentabilité que vous évoquiez à l'instant ?

N. H. : C'est tout l'enjeu. Je ne crois pas que « small is beautiful », mais je ne crois pas non plus que toutes les entreprises ont vocation à devenir énormes. Ce qui importe, c'est la coexistence des modèles. Il y a de la place pour les entreprises à impact global, mais aussi pour les structures locales répondant aux enjeux territoriaux. De la même façon, ce n'est pas parce qu'on démarre petit qu'on ne peut pas évoluer : dans les secteurs tels que l'agriculture, les énergies renouvelables ou la santé, on voit souvent des entreprises gérer leur changement d'échelle, mutualiser des fonctions, pour être plus efficaces et mieux grandir. À Montpellier, le succès d'une entreprise sociale comme illusion & macadam (porteuse du projet de la Halle Tropisme, ndlr), que nous avons accompagnée, montre qu'on peut changer de taille tout en veillant à son empreinte sociale.

Inscriptions obligatoires pour le Gala sur ce lien. À l'occasion de cette 3e édition, La Tribune publiera, dans l'hebdomadaire en kiosque vendredi 8 novembre, une galerie de 30 portraits consacrés à celles et ceux qui incarnent les grandes transitions industrielles, écologiques et sociétales en cours.

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