Il faut révolutionner l’aménagement des ZA économiques

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(Crédits : Reuters)
Deux mois après la mise en place de la nouvelle gouvernance à l’agglomération de Perpignan, Laurent Gauze, 2ème Vice-Président de Perpignan Méditerranée Métropole évoque la stratégie économique du territoire et les orientations à venir dans les domaines du numérique et du foncier des entreprises.

Quel bilan tirez-vous de la politique mise en place par Perpignan Méditerranée Métropole pour favoriser l'implantation d'entreprises par le développement d'une offre foncière et immobilière dédiée ?

Notre stratégie d'implantation des entreprises, qui proposait une offre globale selon une politique de critères adapté à chaque projet, a largement porté ses fruits : nous avons commercialisé 53 hectares sur lesquels se sont implantées 172 entreprises. C'est 80% de plus que sur le mandat précédent. Cette offre ( 35 parcs) a ainsi permis à des entreprises endogènes de se développer et aux entreprises exogènes de s'implanter.

Sur certaines zones d'activités existantes, des projets d'extension sont-ils en cours ?

Nous avons plus de 89 ha de projets de ZA économiques stratégiques qui sont lancés. Cela concerne principalement l'extension de 19 ha du parc d'activités de Torremila (situé à l'entrée Nord de Perpignan, à proximité de l'aéroport), une extension de 18 ha du Pôle Nautique de Canet-en-Roussillon et une extension de 17 ha du pôle logistique de Saint Charles.

Sur la communauté urbaine de Perpignan, il ne resterait plus que 8 ha à commercialiser et à viabiliser...Comment envisagez-vous l'avenir ?

Le premier enjeu de ce mandat est d'imaginer très rapidement une nouvelle offre foncière immobilière. En concertation avec les consulaires, la chambre d'agriculture, les promoteurs et les entreprises, nous menons une réflexion pour favoriser une utilisation optimale, pondérée, modérée, de l'espace. Il est temps d'arrêter de grignoter les espaces agricoles au profit de zones économiques. Notre territoire a besoin d'une typicité de paysages et d'environnements. Il faut révolutionner l'aménagement des ZA économiques qui sont devenues trop consommatrices de foncier.

A quelles alternatives pensez-vous ?

Nous allons proposer dans les mois à venir un plan stratégique sur l'occupation des zones. Je suis partisan d'une certaine densification qui pourrait se traduire, entre autres, par la verticalisation des projets. A l'image de ce qui se fait au Pays-Bas, pourquoi ne pas imaginer des parkings sous terrains ou en étages ? Il faut également revoir nos modèles en travaillant la requalification des ZA existantes (friches industrielles et commerciales) par des offres de services plus adaptées, des mix habitat/entreprise, des déplacements doux...

Le second axe fort de votre mandat est le numérique. Face au contexte annuel, des évènements comme le Train de la French Tech ont du être reportés. Quelles sont les nouvelles perspectives ?

Le développement de la politique numérique se poursuit, malgré le contexte sanitaire et les aléas inhérents au déploiement du Très Haut Débit sur l'ensemble du territoire. Nous sommes passés de 40 à 70 entreprises sur le département et nous visons les 200 start-ups d'ici la fin du mandat (6 ans). J'espère que l'arrivée de la 5G sera un atout dont nous saurons nous saisir.

Pour fédérer les entreprises, la communauté urbaine impulse des projets innovants comme la zone d'activité économique à vocation énergies renouvelables (Tecno Sud 1 et 2 et Agrosud). Ce sera la première ZA intelligente de France, produisant et auto consommant son énergie.

En terme d'événement, nous allons participer, le 9 octobre prochain, au SIIViM de Nevers, événement phygital permettant d'échanger avec le Canada ainsi qu'avec un réseau de villes médianes.

Avez-vous d'autres pistes pour impulser la création d'outils structurants sur le territoire ?

Dans la continuité de Computacenter, qui va créer 150 emplois d'ici 2022 et dispose de ses propres formations, il est primordial de proposer de la valeur ajoutée. Nous travaillons déjà avec l'Université de Perpignan mais aussi avec des centres de formations tels l'Idem, Imerir, ou encore Sup'enr. Pour étayer le réseau, le développement de la formation est indispensable. Nous sommes en négociation pour faire venir à Perpignan un réseau international.

Je déplore malgré tout que notre dynamique en faveur du développement économique soit contrainte par la réduction du nombre des vols d'Air France sur le département.

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