MAO 2018 : "Quand artistes, architectes et promoteurs dansent ensemble"

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Pascale Cayla, directrice de l'agence L'Art en Direct, et conceptrice du MAO 2018
Pascale Cayla, directrice de l'agence L'Art en Direct, et conceptrice du MAO 2018 (Crédits : Art en direct)
Selon Pascale Cayla, directrice de l’agence L’Art en Direct et modératrice du Meeting Art Objectif 2018, qu'organise La Tribune-Objectif le 26 septembre, les nouveaux codes de la promotion immobilière intègrent une sensibilité grandissante au geste artistique, ce qui ouvre le dialogue entre architectes et artistes : un nouveau cercle vertueux est en train de se créer, au cœur de la cité.

Les dialogues entre architectes et artistes ont toujours existé. Depuis bien longtemps, ils construisent ensemble un patrimoine singulier. Dès 1936, on trouve des peintures murales de Fernand Léger dans un bâtiment Le Corbusier, puis plus tard des sculptures de jardin de Lipschitz ou Martel dans les architectures de Mallet Stevens. En 1972, l'obligation du 1 % qui vise à mettre des œuvres d'artistes dans tous les nouveaux bâtiments publics renforce l'échange.

Faciliter la commercialisation

Depuis quelques années, les acteurs de l'immobilier, souvent esthètes et collectionneurs, ont eu envie d'écrire une page de l'histoire de leur métier en donnant aux artistes pour surfaces d'expression leurs immeubles ou leurs constructions. Fort de ce constat, le ministère de la Culture a même créé, en 2015, une charte, baptisée « Un immeuble, une œuvre », qui engage les entreprises signataires à commander ou acquérir une œuvre dans tout programme immobilier.

Aujourd'hui, avec le Big Data, le ressenti et les besoins des utilisateurs sont résolument pris en compte. Dans les nouveaux codes de la promotion immobilière, tournés vers le service et les attentes des clients, la culture et le geste artistique sont un argument de taille pour une meilleure commercialisation. Vivre ou travailler au contact d'une œuvre d'art contribue à l'amélioration de la qualité de vie des occupants. Certains promoteurs vont même plus loin en intégrant dans leur plan d'occupation des espaces culturels, des ateliers d'artistes ou des galeries d'art afin de créer des lieux de vie et d'échanges.

L'engouement des grandes villes du monde

Cependant, faire cohabiter une œuvre d'artiste dans un lieu qui n'est pas dédié à cet usage est un vrai challenge. Les artistes doivent comprendre le questionnement du lieu et la façon dont il a été pensé. L'expérience physique de l'utilisateur n'en sera que plus positive s'il peut sentir une vraie cohérence entre l'œuvre et le lieu. C'est un dialogue qui doit s'amorcer en amont entre l'architecte et l'artiste pour rendre l'œuvre plus pérenne et mieux intégrée.

Les artistes et les architectes ont des territoires communs. Nombreux sont les artistes contemporains dont l'œuvre questionne l'espace, l'habitat, l'adaptabilité à son environnement, les nouveaux comportements sociaux, la mobilité, la ville, etc. On remarque depuis quelques années l'intérêt des acteurs culturels pour la créativité des architectes. Fondations, centres d'art et musées signent leurs bâtiments avec des gestes architecturaux engagés qui participent au dynamisme des territoires. Nombreuses sont les villes du monde entier qui misent, aujourd'hui, sur une grande signature architecturale pour séduire les visiteurs. On observe également l'ouverture à Paris, ces deux dernières années, de plusieurs galeries dédiées aux œuvres plastiques des architectes.

Quand artistes, architectes et promoteurs dansent ensemble, la création contemporaine s'adresse au plus grand nombre pour notre plus grand plaisir. Espérons qu'ils ne s'arrêtent pas de sitôt !

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