Forum Smart City : vers une ville optimisée et plus humaniste

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Le quartier connecté Eurêka livrera ses premiers programmes en 2018.
Le quartier connecté Eurêka livrera ses premiers programmes en 2018. (Crédits : E. Nebout)
Le Forum Smart City 2016, organisé le 11 octobre au Corum par Objectif Languedoc-Roussillon et La Tribune, mettra en lumière les cités intelligentes de la Méditerranée : Barcelone, Tel Aviv et Montpellier. Localement, l'écosystème fourmille d'innovations et d'expérimentations sur le terrain, sans perdre de vue cette vérité : la ville de demain se construit ensemble.

Lors de ce Forum Smart City, riche de trois tables-rondes et cinq keynotes (programme disponible sur le site smartcitymontpellier.latribune.fr), l'un des temps forts des débats portera sur l'innovation numérique et les nouveaux services définissant la ville intelligente au XXIe siècle. Montpellier en offre un exemple avec l'écoquartier connecté Eurêka, que co-construisent la SERM et Engie, entre autres partenaires industriels.

Une floraison de nouveaux services

"C'est une nouvelle façon d'aborder la ville, d'abord sous l'angle de l'innovation de service, avec par exemple une e-conciergerie, assurant le lien entre les résidents et les acteurs du territoire tels que les commerçants, les sociétés de transport et les entreprises, explique Sébastien Vinant, directeur de l'innovation au sein d'Ineo Digital, filiale d'Engie. C'est aussi une démarche de e-santé, avec des services facilitant le maintien à domicile des seniors, mais qui s'adresse aussi aux soignants et aux aidants. Nous intégrons le tout dans un assistant relationnel, car l'un des objectifs est bien de générer du lien social."

Les programmes de type Smart City impliquent de nombreux acteurs économiques, entre aménageurs (SERM), promoteurs (GGL, Kaufman & Broad), industriels des TIC (IBM) ou énergéticiens tels que Engie. De son côté, GRDF développe une approche intégrant des énergies renouvelables dans un réseau de type "smart gas grid" (avec compteurs communicants, chaudières hybrides...), tandis que, pour sa part, EDF positionne Montpellier comme "living lab" pour générer de nouvelles habitudes vertueuses chez ses clients.

"Nous avons un projet visant à rendre l'objectif d'économie d'énergie plus incitatif chez les habitants, indique Jean-Pierre Lorillot, directeur territorial Hérault-Aude chez EDF. L'idée est de "gamifier" cette démarche, avec un système de points que les clients pourront dépenser sur un magasin d'applications ou en bons d'achat chez les commerçants. C'est un projet que nous menons de façon agile, en le co-construisant avec des bêta-testeurs que sont les habitants eux-mêmes."

L'enjeu de l'open innovation

Or, bien souvent, la mise en place de nouveaux services numériques impliquent l'intégration de technologies très éloignées du métier historique de ces acteurs. La solution la plus usitée se nomme "open innovation", qui consiste à nouer, sur des sujets précis, des collaborations techniques avec des start-ups telles que le Montpelliérain Sensing Labs.

"Notre spécialité est d'extraire l'information du monde physique pour la mettre à disposition de nos clients, résume le CEO, Yann Guiomar. Notre solution est basée sur une gamme de capteurs communicants qui peuvent extraire tout type d'info (données de consommation, températures, indications de passage, etc.) et l'amener ensuite dans des bases de données de type cloud, où elle est récupérée par l'industriel ou par une start-up dans le cadre de l'open data. Ceux-ci peuvent ensuite créer de nouveaux services sur cette base. Il n'y a plus de barrière à la digitalisation des données nécessaires à la Smart City."

Néanmoins, les démarches Smart City ne pourront réussir qu'en suscitant l'adhésion des premiers concernés : les habitants de la cité intelligente. La ville reste un lieu de vie, et à l'échelle d'un quartier, les technologies doivent d'abord stimuler les échanges, la vie locale, et plus globalement, "le mieux être dans la ville", selon Nicolas Curien, professeur émérite au CNAM et membre de l'Académie des Technologies.

"Il ne faut pas uniquement considérer la Smart City sous l'angle de l'optimisation des services, souligne-t-il. La ville est cet espace où les citoyens s'approprient la technologie, ce qui suppose que ces nouveaux services soient conçus à partir de la base, et donc à partir des besoins de chacun. Il faut aller jusqu'à leur donner la main-mise sur la construction de ces outils. De sorte que la cité intelligente soit une ville optimisée, harmonisée et plus humaniste."

Renseignements et inscriptions sur le site smartcitymontpellier.latribune.fr

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