Engie muscle l’innovation sur les territoires du Grand Sud

Face à l'obligation de changer, l’énergéticien convoque ses forces vives dans le Grand Sud pour faire émerger l’innovation tous azimuts. En convention près de Montpellier le 24 septembre, Jean-Louis Blanc, en charge des Nouveaux métiers, explique cette démarche très nouvelle pour le groupe.
Cécile Chaigneau
(Crédits : © Benoit Tessier / Reuters)

« Tout change et tout va très vite, souligne en préambule Jean-Louis Blanc, membre du Comité exécutif d'Engie (ex-GDF Suez), en charge de la direction commerciale Innovation et Nouveaux métiers du groupe. La consommation d'énergie baisse dans les pays matures, la production d'énergies renouvelables augmente, on est dans un système de plus en plus décentralisé, et ce ne sont plus du tout les mêmes acteurs. À ceci s'ajoute un tsunami digital ! »

À l'occasion d'une convention commerciale régionale Grand Sud (Languedoc-Roussillon, PACA, Midi-Pyrénées et Aquitaine) sur la thématique de l'innovation, qui se déroulait le 24 septembre 2015 au Domaine de Verchant à Castelnau-le-Lez, le dirigeant est revenu sur la nouvelle stratégie du groupe visant à muscler l'innovation afin de répondre à la mutation en cours.

« Pour accompagner cette mutation, nous avons changé de nom mais aussi de projet d'entreprise, affirme-t-il. Il y a 18 mois, nous avons créé une nouvelle direction de l'innovation et des nouveaux métiers. Notre plate-forme Open Innov by Engie recense déjà 8 500 salariés inscrits et elle a recueilli 300 idées d'innovations. Les personnes qui portent ces projets sont installées dans des incubateurs externes pendant 12 à 18 mois avec comme objectif de faire du business. Actuellement, 17 projets sont ainsi développés en incubateur, notamment à Bordeaux ou Toulouse. »

À Montpellier, des contacts ont été pris avec le BIC (Business Innovation Center) et pourraient bientôt se concrétiser.

« Nous observons une curiosité et un réel engouement, au-delà de nos espérances, se réjouit Jean-Louis Blanc. En juin dernier, lors de la Semaine de l'innovation que nous avons organisée à l'attention de nos collaborateurs, 120 événements ont été organisés dans 22 pays ! Ce qui nous manque, ce sont des entrepreneurs ! Raison pour laquelle nous lançons un appel à entrepreneur en interne, afin de trouver des gens qui ont envie d'aller développer du business dans les start-ups. »

Entrer au capital de start-ups

Par ailleurs, le groupe a lancé des appels à projets sur différentes thématiques, afin de toucher des start-ups sur les territoires.

« Les thématiques qui nous intéressent sont la gestion digitale de l'énergie, la production d'énergie décentralisée et le stockage, le confort domestique et les objets connectés, ainsi que la ville connectée », précise Jean-Louis Blanc, qui ne ferme pas la porte à toutes les autres thématiques qui ne manqueront pas de se développer dans le secteur de l'énergie.

« Nous sommes dans tous les dispositifs French Tech et nous devrions lancer 100 appels à projets l'an prochain. »

Enfin, l'énergéticien active un autre levier : il a créé un fonds d'investissement, Engie New Ventures, doté de 100 M€, afin de s'inviter au capital de start-ups.

« Nous intervenons plutôt en 2e ou 3e tour de table, et toujours en participation minoritaire, déclare Jean-Louis Blanc. À ce jour, nous avons regardé 400 dossiers, mené 25 due diligence (études et vérifications avant transaction, NDLR) et pris une participation dans 8 start-ups. Comme Sigfox à Toulouse, ou encore Apix Analytics à Grenoble. »

La start-up grenobloise, issue des travaux de recherche du CEA (Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives) et de Caltech (California Institute of Technology), co-fondée par Philippe Andreucci, a conçu un système d'analyse de gaz par chromatographie en phase gazeuse. Une nouvelle technologie qui a vocation à se déployer dans les domaines de l'industrie pétrochimique, des laboratoires ou encore de la sécurité et de la défense.

« Soit un marché mondial de 1 Md €, annonce Philippe Andreucci. Avoir Engie au capital assoit notre crédibilité et nous donne une assise financière solide... Les pôles de Montpellier et Nice sont très intéressés par ces thématiques et nous aurons des partenariats intéressants à nouer. »

Sur le projet Eurêka

Sur la métropole montpelliéraine, Engie (au travers de ses filiales Ineo Digital et Cofely Ineo MPLR) va équiper le quartier Eurêka (1 800 logements) de capteurs communicants et de compteurs intelligents afin de proposer un portail de services aux habitants. Le groupe construit son offre en s'appuyant sur des partenaires locaux comme La Valériane (BIC de Montpellier), SOLEM (Clapiers) et Smart Risk (Toulouse).

En Languedoc-Roussillon, le groupe Engie compte 3 500 collaborateurs dans 26 filiales, réalise un chiffre d'affaires de 1 Md €, et travaille avec 1 227 sous-traitants.

Cécile Chaigneau

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