Une start-up héraultaise orchestre des cuvées musicales

 |  | 527 mots
Lecture 3 min.
Swing It va tester son procédé, inspiré de la génodique, au domaine Haut-Lirou à Saint-Jean-de-Cuculles
Swing It va tester son procédé, inspiré de la génodique, au domaine Haut-Lirou à Saint-Jean-de-Cuculles (Crédits : DR)
Si la musique adoucit les mœurs, elle aurait aussi un impact positif sur le vin. Un postulat qui a conduit la start-up Swing It, à développer un procédé de vinification innovant. Les tests démarrent à Saint-Jean-de-Cuculles début septembre.

Dès leur encuvage prévu la semaine du 4 septembre, les syrah et grenache composant la cuvée Haut-Lirou AOC Languedoc rouge baigneront dans les sonorités jazz de Lisa Simone, jusqu'à leur mise en bouteille, début 2018.

« Nous restons à l'affût des nouvelles tendances et de l'innovation, explique Mireille Rambier, co-gérante du domaine Haut-Lirou à Saint-Jean-de-Cuculles (34). Or, de nombreuses recherches ont montré les effets bénéfiques de la musique sur l'homme, les animaux et les plantes, notamment pour traiter les maladies de la vigne comme l'Esca. Alors pourquoi ne pas tenter une expérience sur 50 hectolitres, visant à peaufiner la qualité de nos vins ? »

Un haut-parleur dans la cuve

Dans cette optique, le domaine a signé un partenariat avec Swing It, start-up créée à Poussan (34) en juin 2015.

« Concrètement, nous immergeons en cuve, un haut-parleur spécifique équipé d'un amplificateur qui diffuse en continu et de façon homogène, un son à 360°. Le dispositif permet de stimuler les levures naturelles du raisin en les soumettant à des vibrations musicales », décrit le directeur de Swing It, Sébastien Durand.

Sébastien Durand s'est inspiré de la génodique, procédé découvert par le physicien Joël Sternheimer qui consiste à associer des compositions musicales, à des caractéristiques physiques, comme la synthèse des protéines, dans le but d'améliorer les propriétés des êtres vivants. « Mais les essais avaient toujours été menés à l'air libre et non dans la matière où les ondes se propagent mieux », poursuit-il.

Essais concluants

Afin de comparer les process - traditionnel et musical -, des raisins de même cépage sont vinifiés à l'identique sur une cuve témoin. Les deux cuves sont ensuite soumises à des analyses en laboratoire.

Bilan ? « Une accélération de la fermentation, avec une transformation des sucres en alcool plus régulière dans la cuve musicale et des levures qui survivent mieux », affirme Sébastien Durand dont le procédé breveté a déjà été expérimenté à grande échelle à la Cave des Terroirs de la Voie Domitienne à Cournonsec, puis au Domaine de l'Octroi à Agde.

« Sur trois semaines de fermentation, les premiers résultats n'étaient pas assez significatifs. L'année suivante, nous avons prolongé l'expérience jusqu'en janvier. Et là, plus la peine d'être œnologue pour apprécier la différence. Le vin était bien plus aromatique », témoigne Gérard Delort, vigneron au domaine de l'Octroi.

Seul bémol : « immobiliser deux cuves, prévoir un étiquetage spécifique et absorber le surcoût de la prestation n'est pas à la portée d'un petit vigneron. Et les clients restent dubitatifs devant une bouteille de rosé à 8 €. »

Swing It s'est donc attelé à la valorisation du produit. « Grâce à un QR code apposé sur la bouteille, le consommateur peut écouter la musique ayant accompagné la vinification du vin dégusté. La présence d'une cuve musicale crée également de l'interactivité avec les visiteurs », souligne Sébastien Durand. Et celui-ci d'annoncer : « nous venons d'amorcer un protocole scientifique avec l'Ircam, Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique, pour étudier et mieux maîtriser les paramètres du procédé. » Avec de nouveaux partenariats à la clef ?

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :