OccitANum, nouvelle initiative pour déployer l'AgTech en région

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(Crédits : iStock)
Une visite du préfet de région au Mas Numérique de Villeneuve-lès-Maguelone, le 6 avril, a permis de lever le voile sur OccitANum, une nouvelle initiative portée par les acteurs régionaux de l'agriculture numérique. La structuration géographique du dispositif sera fixée d'ici la fin 2018.

Pascal Mailhos, préfet de région, a eu la primeur des annonces autour d'OccitANum ("Occitanie Agriculture Numérique") lors de sa visite au Mas Numérique de Villeneuve-lès-Maguelone, le 6 avril. La démarche vise à mobiliser les professionnels des filières agri-agro, les structures de recherche, les acteurs de l'AgTech, mais aussi la population, autour d'un nouveau format de recherche, baptisé "recherche-action", visant à "faire progresser l'ensemble des agricultures" autour de cet enjeu, sur une logique de living lab de taille régionale.

Une nouvelle action d'ampleur régionale

En effet, si cette visite a rappelé qu'une forte dynamique est déjà amorcée autour de Montpellier (voir ci-dessous), OccitANum vise à l'élargir dans deux directions. D'une part en lançant une action de niveau régional, d'autre part en cherchant à inclure toutes les filières de production agricole, au-delà des professionnels déjà intéressés par l'AgTech : agriculture bio, agriculture à haute valeur environnementale, fruits et légumes, grandes cultures, etc.

"L'Occitanie est une grande région agricole qui, avec autant de matière grise et d'entreprises, doit se donner les moyens de faire décoller l'agriculture numérique afin de rendre l'innovation française visible dans le monde à partir de notre territoire régional, résume Pascal Augier, directeur régional de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (Draaf) en Occitanie. Nous devons lui donner un nouveau champs d'application, en créant des démonstrateurs en conditions réelles, en soutenant des processus de co-innovation à partir des initiatives éparpillées en région, de sorte à faire progresser l'ensemble des agricultures et des entreprises, et à démocratiser la question de l'AgTech."

Techniquement, de grands établissements de recherche (Irstea, Inria, SupAgro Montpellier, etc.) et les acteurs impliqués dans #DigitAg, l'institut des convergences agriculture et numérique basé à Montpellier, viennent de rédiger un projet définissant les objectifs et cahier des charges d'OccitANum, et évoquant certains points clefs à venir, comme celui du financement (un dossier déposé au Programme Investissements d'Avenir est évoqué, entre autres pistes). Un premier comité de pilotage doit se réunir dans les prochaines semaines.

Montpellier, "coeur du réacteur"

Ensuite, le déploiement d'OccitANum doit s'appuyer sur quatre à six bassins de vie, au sein de l'Occitanie, où seront testées diverses solutions numériques. La Chambre d'agriculture régionale et les Chambres d'agriculture départementales ont déjà donné leur accord pour aider à définir cette structuration géographique, aux côtés des acteurs institutionnels.

"Ce projet vise à mettre les usagers - les agriculteurs - au coeur de la démarche de recherche : nous pourrons distribuer des outils numériques au sein des bassins de vie, observer ce qui fonctionne ou pas en terme d'adoption. De même, nous mettrons en place des vitrines sur l'usage de ces outils pour certaines thématiques précises telles que l'agriculture bio, par exemple. À partir de ce socle, nous pourrons élargir les démarche à l'Occitanie", décrit Véronique Bellon-Maurel, directrice du département écotechnologies à l'Irstea.

"Ce qui nous importe, c'est de produire plus et de produire mieux, tout en répondant aux attentes sociétales et environnementales. Nous accompagnerons les exploitations dans le suivi technique, et nous nous impliquerons dans le comité de pilotage d'OccitANum", complète Jérôme Despey, président de la Chambre d'agriculture de l'Hérault.

Dans ce schéma, le rôle de Montpellier est décrit comme "moteur" par la Draaf : cette visite a aussi permis de rappeler l'ensemble des dynamiques en cours dans cette zone. Selon le mot d'Anne-Lucie Wack, directrice de SupAgro Montpellier, celle-ci porte désormais un "ensemble unique" avec, notamment, le Mas Numérique, une chaire d'entreprises (AgroTIC), l'institut #DigitAg, ou encore un large bouquet de formations en AgTech et sur les enjeux de la vigne et du vin - le tout s'inscrivant en lien avec le projet I-Site baptisé MUSE ("Montpellier Université d'Excellence") et porté par l'ensemble de la communauté académique.

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