Le CNES et InSpace s'impliquent dans la Smart City montpelliéraine

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De gauche à droite : C. Marion (M3M), G. Rabin (CNES), P. Saurel (M3M), B. Plano et A. Podaire (InSpace)
De gauche à droite : C. Marion (M3M), G. Rabin (CNES), P. Saurel (M3M), B. Plano et A. Podaire (InSpace) (Crédits : Anthony Rey)
Le 18 avril, le Centre national d'études spatiales (CNES) et l'Institut InSpace ont signé, à Montpellier, leur 1er partenariat avec une Métropole pour l'accompagner dans sa démarche Smart City. L'opération prévoit l'utilisation d'images spatiales et plus globalement la diffusion de solutions innovantes issues de cette filière.

Le CNES (chargé d'élaborer le programme spatial français) et l'Institut InSpace (qui accompagne le développement des territoires en diffusant les applications spatiales) ont signé, le 18 avril à Montpellier, une convention-cadre avec Montpellier Méditerranée Métropole destiné à soutenir son programme de Cité Intelligente (Smart City) initié en 2013, avec 4 M€ investis en quatre ans. L'accord vise, dans un premier temps, à mettre à disposition des directions "métiers" de M3M des images enregistrées par satellite.

Une Smart City plus précise

Ces images numériques en haute définition (50 cm), et divers outils de traitement en 2D et 3D mis à disposition par le CNES et InSpace, seront exploitées par la Smart City montpelliéraine sur de nombreux sujets : aménagement urbain, agriculture, mobilité et transports, problématiques liées au changement climatique, etc. Philippe Saurel, président de M3M, annonce aussi son intention d'utiliser ces données pour l'évaluation dans le temps des divers documents d'urbanisation communaux et métropolitains (SCOT, PLUI, etc.).

"Cette collaboration, qui facilite l'échange des images et des datas spatiales, permettra à la Métropole d'être plus précise dans les actions mises en oeuvre dans la cadre de la Smart City, explique-t-il. C'est aussi important symboliquement, car si Toulouse est déjà branchée depuis longtemps sur les activités spatiales, Montpellier l'était différemment, jusqu'ici, à travers l'université."

"Ces datas peuvent améliorer ce qui existe déjà en Smart City, dans des logiques de monitoring notamment, complète Alain Podaire, président de l'Institut InSpace. Des résultats concrets vont sortir de cette coopération avec la Métropole, que nous pourrons ensuite transférer au secteur économique."

Industrialiser les nanosatellites ?

Le deuxième axe de ce texte, en effet, concerne le développement économique, "en aidant les entreprises du territoire à avoir accès à ces solutions spatiales". Techniquement ce transfert pourra se faire à travers des appels à idées, comme ceux que la Métropole a déjà lancés à plusieurs reprises dans le cadre de la Smart City, ou bien à travers le Booster NOVA (programme d'innovation ouverte) et l'ESA BIC Sud France (incubateur dédié aux applications spatiales), deux dispositifs du pôle de compétitivité Aerospace Valley où la Métropole est également impliquée.

"Il existait une lacune dans l'utilisation des datas spatiales dans les territoires, et nous avons eu peu de Métropoles candidates jusqu'ici pour les exploiter, note Bernard Plano, président du conseil de surveillance d'InSpace. À travers cet accord, nous allons apporter les sociétés qui développent ces applications, et pousser le secteur applicatif à travers la création de start-ups. Les industriels et les start-ups ont donc un rôle à jouer dans ce projet : s'il réussit ici, nous pourrons le dupliquer ailleurs en France et dans le monde."

Parmi les retombées évoquées figure donc l'expérience du spatial glanée par le milieu académique à travers le Centre spatial universitaire (CSU), créé à Montpellier en 2011 pour développer des nanosatellites. Une piste qu'il s'agit d'exploiter à plus grande échelle désormais, selon Gilles Rabin, directeur de l'innovation et des applications au CNES.

"Cette convention est une porte ouverte, dont les datas et les applications sont deux des vecteurs possibles. Mais vu la réussite du CSU, Montpellier a la capacité d'être acteur du spatial dans les nanosatellites en France et en Europe, et nous sommes là pour l'aider. Nous voulons participer à la création d'une filière nationale des nanosatellites."

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