"Les groupes et les start-ups considèrent l'open innovation comme une nécessité"

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En 2018, le BigUp for Startup Occitanie avait lieu pour la première fois à Toulouse, les 17 et 18 mai derniers.
En 2018, le BigUp for Startup Occitanie avait lieu pour la première fois à Toulouse, les 17 et 18 mai derniers. (Crédits : DR)
Né il y a trois ans à Montpellier, le programme aujourd’hui national BigUp for Startup vient de boucler une étude sur les pratiques et les perceptions de l’open innovation sur les territoires français. Présentée à Montpellier le 5 juin, elle met en exergue un constat commun : pour les grands groupes comme pour les start-ups et PME innovantes, l’open innovation est une nécessité.

Comment est aujourd'hui perçue l'open innovation ? Qu'en pensent les grands groupes d'un côté, les start-ups et les entreprises innovantes de l'autre ? Quelle efficience a-t-elle selon les partenaires territoriaux (collectivité, CCI, cluster, incubateur, etc.) ?

Le programme BigUp for Startup*, né en 2015 dans le cadre de la French Tech à Montpellier et désormais national, s'est associé avec Start'inPost, Crédit Agricole Technologies et Services et la Caisse des Dépôts pour réaliser une étude sur les pratiques et les perceptions de l'open innovation, portant sur l'ensemble des territoires français.

Réalisée du 24 avril au 18 mai, elle a compilé quelque 270 interviews : 25 % auprès des grands groupes (directeurs innovation mais aussi représentants de l'entreprise sur les territoires), 57 % dans les start-ups et entreprises innovantes et 18 % chez les partenaires territoriaux.

« L'objectif de cette consultation était de mieux connaître les cibles s'intéressant à l'open innovation, de mieux appréhender leurs besoins et de mieux comprendre les freins et difficultés de chacun », souligne Pierre Billet, co-fondateur et co-pilote du programme BigUp for Startup avec Lucie Phaosady, lors de la présentation de l'étude à Montpellier, le 5 juin.

Quels freins ?

Quatre grands enseignements sont à tirer de cette étude. Le premier est que « l'open innovation est perçue comme une nécessité pour tous pour faire du business ».

L'open innovation est ainsi un sujet stratégique pour 86 % des grands groupes, 79 % des start-ups et  53 % des partenaires territoriaux.

Autre constat : les modalités d'exécution des programmes existants sont « optimisables », notamment sur les moyens humains attribués au projet (pour 49 %) et sur les objectifs opérationnels donnés à l'open innovation (pour 49 %). Parmi les principaux freins à l'open innovation, figurent la question de la gouvernance du projet (28 %), la maturité de la start-up (15 %), l'objectif (15 %) ou des temps différents (14 %).

« Par ailleurs, s'il existe beaucoup de programmes dans les grands groupes, il y a aussi beaucoup d'axes d'amélioration identifiés, par exemple sur la définition des objectifs opérationnels ou la gouvernance des projets, pointe Lucie Phaosady. Il faut donner des objectifs clairs, notamment en terme de business, expliciter ce qu'il se passe après le POC, identifier un porteur de projet unique. »

Sur deux planètes

« Dans la gouvernance du projet, on observe encore souvent une trop grande centralisation, ajoute Pierre Billet. En matière d'écoute et de compréhension, on est parfois sur deux planètes... Il faut améliorer l'écoute, d'autant que le temps de la start-up n'est pas celui du grand groupe, et qu'il existe encore un manque de connaissance réciproque du fonctionnement des uns et des autres. »

Enfin, à la question « Votre entreprise prend-elle en compte la structuration de la coopération entre la direction nationale et les entités territoriales dans son approche de l'open innovation ? », les grands groupes répondent encore « non » à 37 %...

« Soyez plus ouverts, modestes et agiles, arrêtez de penser décentralisation et considérez pleinement les régions comme des territoires d'innovation », déclare le fondateur d'une start-up dans l'étude.

Feedback et axes d'amélioration

Alors que les pilotes du programme BigUp for Startup pensaient que le premier bénéfices de la démarche pour les grands groupes serait un sourcing qualifié, il ressort de l'enquête qu'il arrive en 3e position (pour 77 %), derrière la mise en relation avec des acteurs de l'écosystème du territoire (85 %) et une meilleure connaissance des écosystèmes et réseaux d'innovation (81 %).

Côté start-ups, c'est l'accès direct aux décideurs des grands groupes qui prime (pour 68 %), devant la mise en relation avec l'écosystème régional (57 %, signe que les start-ups ne se connaissent pas entre elles...) et la possibilité de faire du business avec les grands groupes (55 %).

L'étude fait émerger trois axes d'amélioration : renforcer confiance, opérationnalité et proximité entre grands groupes et start-ups, accompagner leur transition digitale, et développer le suivi des relations entre les deux.

« Dans notre nouvelle base de données, nous allons activer un nouveau dispositif de suivi, conclut Pierre Billet. Nous envisageons de co-construire une sorte d'observatoire dynamique des relations entre grands groupes et start-ups sur les territoires. »

 Les prochains rendez-vous de BigUp for Startup : 14 et 15 juin à Nantes, 2 et 3 juillet à Thecamp (Aix-en-Provence), 20 et 21 septembre à Dijon, 17 et 18 octobre à Strasbourg, novembre à Lille, 17 et 18 décembre en Guyane, janvier 2019 à Bordeaux.

* Porté par le groupe La Poste, la Caisse des Dépôts et Orange, BigUp for Startup représente aujourd'hui 31 grands groupes partenaires, plus de 800 start-ups candidates, et plus de 60 contrats signés par les grands groupes et des start-ups.

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