Les nouvelles technologies au chevet de la crise sanitaire du Covid-19

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(Crédits : DR)
Alors que le monde cherche par tous les moyens comment ralentir la propagation de la pandémie du Covid-19, le recours aux nouvelles technologies s’avère d’un potentiel secours, voire parfois même d’une réelle et nouvelle utilité. Dans l’écosystème montpelliérain, les entreprises innovantes planchent.

« Oui nous sommes inquiets pour les start-ups, il va y avoir des dégâts, observe Clément Saad, fondateur et dirigeant de Pradeo à Montpellier et président de la French Tech Méditerranée. Il y aura deux vagues : celles qui souffrent immédiatement, dans le secteur de l'événementiel ou du sport, et celles qui souffriront quand on sortira de la crise. Certaines start-ups savent que si ça dure, elles ne tiendront pas. On peut aussi imaginer que les grosses structures vont serrer les budgets et que les start-ups feront peut-être les frais de ces restrictions... Le plus difficile, c'est de ne pas pouvoir contrôler le calendrier. On voit ce qu'il se passe en Italie et en Espagne. Que va-t-il se passer en France ? Les aides annoncées par l'État (le gouvernement a annoncé le 25 mars un plan de 4 Mds € pour venir en aide aux start-ups, NDLR) ne sont pas de l'ordre du symbole, elles sont importantes. Mais à ce stade, personne ne peut savoir si ce sera à la hauteur des enjeux et il n'est pas impossible que de nouvelles décisions soient nécessaires dans le temps. »

Toutefois, et parce qu'il faut bien avancer, les initiatives fleurissent au sein des entreprises innovantes, qui travaillent à développer des solutions utiles dans divers secteurs d'activité, apportant des réponses aux enjeux et problématiques posés par la crise sanitaire du Covid-19.

« Ce n'est pas le moment de faire des calculs marketing, lance Clément Saad. La crise fait émerger les solutions vraiment nécessaires. Il est des moments où la solidarité doit être au-dessus de toutes autres considérations. »

Sécuriser la connexion des objets connectés

Ainsi, IoTerop, fournisseur de solutions pour la sécurité et la gestion à distance des objets connectés, pose-t-elle la question du rôle que les objets connectés pourraient jouer dans un monde menacé par une pandémie.

La start-up, qui a réalisé une première levée de fonds de 1,5 M€ en octobre 2019, a recruté 6 personnes depuis début de l'année, et David Navarro, co-fondateur, a été nommé le 23 mars dernier au board de l'organisme de standardisation OMA (Open Mobile Alliance) Speck Works.

Selon Hatem Oueslati, président et cofondateur de IoTerop, « l'important, c'est de faire en sorte que la sécurité et la fiabilité des systèmes connectés soient assurées, ce qui implique de la régulation, des normes de sécurité et de gestion à distance. Ces objets ne peuvent pas être vulnérables aux cyberattaques. Au vu de cette crise sanitaire, un grain de sable dans le rouage et tout se bloque ! ».

« Nous avons été sollicités par une entreprise américaine (il tait volontairement son identité, NDLR) pour venir en urgence placer nos logiciels sur des respirateurs, détaille-t-il. Notre solution permet de les connecter de manière à permettre une gestion centralisée du parc de respirateurs, avec une collecte des données et une alerte en temps réel. Nous sommes très concentrés sur l'exécution de cette commande. Et c'est une solution qui pourrait être dupliquée rapidement pour d'autres acteurs... Par ailleurs, la téléassistance pour les personnes fragiles est encore peu développée en France. Nous avons travaillé avec Matooma (spécialiste montpelliéraine du dialogue entre objets connectés via carte SIM, ndlr) sur comment sécuriser la connexion des médaillons et bracelets pour garantir le service d'alerte, et comment les réparer à distance. Aujourd'hui, nous avons une solution. »

Le télétravail en toute sécurité

Pradeo (Montpellier), spécialisée dans la sécurité mobile pour protéger les smartphones, tablettes et applications mobiles, offre gratuitement dans le cadre de la crise sanitaire du Covid-19, ses solutions de protection des terminaux mobiles pour permettre le télétravail en toute sécurité.

« Les pirates eux ne font pas de pause, déclare Clément Saad. Or en ce moment, les entreprises ne sont pas forcément concentrées sur la sécurité. La première semaine de confinement a été consacrée à la mise en place du télétravail et c'est durant la deuxième semaine qu'ont émergés les outils utiles pour permettre le télétravail en toute sécurité, comme par exemple Tixéo pour les visioconférences. Et c'est là que la demande a été forte... Nous avons déjà enregistré une centaine de demandes, émanant plutôt de PME et d'ETI alors que nos clients habituels sont plutôt des grosses structures. Cette crise va permettre d'ouvrir les yeux sur certaines priorités. »

Une application pour accompagner les malades confinés

L'entreprise montpelliéraine Intrasense, spécialisée dans les solutions logicielles d'imagerie médicale, a annoncé qu'elle mettait à disposition « en première mondiale » son nouveau protocole de visualisation scanner, dédié au Covid-19.

Bipsoin ouvre gratuitement sa plate-forme aux établissements sanitaires et médico-sociaux pour leur permettre de recruter en urgence des professionnels disponibles, qualifiés et de proximité.

ESII, spécialiste des solutions de gestion d'accueil, propose une solution, un ticket virtuel sur smartphone, pour réguler l'affluence dans les commerces : « En arrivant devant votre magasin, le client scanne un QR code à l'aide de son smartphone pour signaler sa volonté de faire ses courses, et Le client recevra une notification pour lui signaler qu'il est appelé pour rentrer dans le magasin ». ESII précise que cette solution est gratuite pour les professionnels de santé (hôpitaux, cliniques, pharmacies, laboratoires d'analyse) jusqu'au 31 mai 2020.

MyCharlotte est une application qui propose des soins de support digitalisés pour les femmes atteintes d'un cancer du sein (activité physique adaptée et approche corps-esprit), avec du contenu audio et vidéo personnalisé. La start-up, hébergée au BIC de Montpellier, a développé, à l'occasion de la crise sanitaire, une application pour accompagner toutes les personnes atteintes de cancer pendant le confinement.

L'application web gratuite « Bulle » a été mise en ligne le 24 mars. Elle propose des activités physiques et mentales adaptées qui les aide à faire face à la sédentarité et à la pression psychologique liées au confinement. Selon la start-up, « l'initiative est soutenue par plusieurs Centres de Lutte Contre le Cancer : Gustave Roussy à Villejuif, l'Institut Godinot à Reims, l'ICM à Montpellier, le Centre Antoine Lacassagne à Nice et le Centre Jean Perrin à Clermont-Ferrand ».

MyConnect, basée à Mudaison (34), est spécialisée dans les solutions innovantes de vidéosurveillance. Grâce à un algorithme intégré dans les caméras thermiques, prévues initialement pour détecter les départs d'incendies, MyConnect oriente l'intelligence artificielle pour déceler les cas de fièvres humaine liées au Coronavirus.

« Ces caméras innovantes permettent d'identifier en temps réel des températures corporelle inhabituelles puis d'avertir les services de sécurité en place, explique l'entreprise. Cette innovation est destinée à protéger de nombreux lieux publics comme des usines, des supermarchés, des Ehpad, des cliniques, des bureaux de poste, des mairies, des cabinets médicaux, etc. Cette solution thermique de détection de fièvre est précise jusqu'à +/- 0.3°C, et le système est capable de scanner jusqu'à 30 personnes en simultané. »

Formation et shopping solidaire

Revinax propose des tutoriels immersifs en réalité virtuelle, pour la formation des chirurgiens. Pendant la crise sanitaire, elle se mobilise et propose un libre accès à ses tutoriels de soins immersifs pour aider les infirmières et les étudiants réquisitionnés.

« Cette nouvelle application permet de parfaire leur connaissance par un masque de réalité virtuelle qui les plonge, en 2D ou 3D, dans le bloc afin de mieux cerner les gestes essentiels pendant une intervention ou une opération », précise Revinax.

Incubée au BIC de Montpellier, Prizle est une solution de shopping solidaire, permettant de faire un don gratuit à une association au moment d'un achat en ligne : les enseignes partenaires reversent un pourcentage du montant dépensé aux associations soutenues par les acheteurs.

« Nombreux sont ceux qui travaillent sur le terrain et s'exposent aux risques de l'épidémie, mobilisés pour secourir les victimes et protéger le reste de la population de la propagation de l'épidémie, écrit Prizle. Nombreux sont aussi ceux qui, confinés chez eux, se demandent comment ils pourraient les aider. Prizle a donc décidé de se mobiliser et de modifier ses services de don gratuit pour soutenir les équipes de secours de la Protection Civile, déployées sur le terrain de l'épidémie. »

Enfin, chez Les Petits Mandarins, solution en ligne basée sur le serious game pour apprendre le mandarin, offre ses services de manière totalement gratuite aux établissements secondaires ou supérieurs le temps de la fermeture.

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