"L’Incubateur du Barreau de Montpellier essaie de faire bouger le métier"

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Mélanie Parnot, aux côtés de l'équipe et des partenaires de l'IdBM
Mélanie Parnot, aux côtés de l'équipe et des partenaires de l'IdBM (Crédits : P. Janot)
L’Incubateur du Barreau de Montpellier (IdBM), créé en février 2018, s’est récemment allié avec l’incubateur de Bruxelles. Mélanie Parnot, avocate et présidente de l’IdBM, évoque le rôle de la structure et les problématiques liées à l’innovation dans le milieu juridique.

En quoi l'innovation, qui se développe progressivement depuis plusieurs années dans le milieu juridique, devient-elle indispensable ? La loi dite « Macron » de 2015, qui permet aux avocats d'exercer une activité commerciale connexe à leur métier, a-t-elle joué un rôle dans ce processus ?

Mélanie Parnot : D'une part, les exigences de rapidité des justiciables sont de plus en plus importantes. Il faut donc que le métier évolue avec la société. Il y a des choses très simples à intégrer, en changeant juste la manière dont on travaille. Mais beaucoup d'avocats sont en rejet de la digitalisation. C'est là-dessus que nous devons travailler. D'autre part, il faut s'adapter à la concurrence qui arrive des Etats-Unis. Même si les legaltech américains ne sont pas adaptées au système juridique français, elles ont plus de moyens et de connaissances. La loi Macron a permis d'ouvrir le champ des possibles. Désormais, nous avons la possibilité d'intégrer une nouvelle activité, un nouveau service ou de diriger sa propre structure, en complément de son activité d'avocat. C'est un des leviers qui nous permet de nous positionner sur l'innovation.

Pourquoi est-il primordial de créer des incubateurs spécialisés dans le milieu juridique ? En quoi celui de Montpellier est-il particulier ?

M. P. : Des incubateurs à Montpellier, il y en a depuis longtemps. Ce n'est pas pour autant que les avocats innovent. Il fallait un outil spécifique le plus proche possible des avocats et de leur réalité car c'est une profession historiquement règlementée où il y a des problématiques particulières à intégrer. Cela rend difficile le fait de s'appuyer sur des acteurs externes. Mais l'incubateur de Montpellier* est structuré en association, ce qui nous permet d'accueillir des membres non avocats. De plus, nous avons décidé d'intégrer l'innovation sociale et de promouvoir non seulement les legaltech mais aussi les légal-social.

Comment se définit votre action ?

M. P. : Notre action se concentre autour de trois piliers : acculturation, idéation et accompagnement. En 2018, nous avons davantage travaillé sur l'acculturation avec des évènements et des formations pour sensibiliser à l'innovation dans le milieu juridique. Nous nous penchons maintenant sur l'idéation. L'objectif sera d'accompagner les projets qui seront nés de ces deux phases.

Quel est l'objectif de ce partenariat avec l'incubateur de Bruxelles ?

M. P. : L'incubateur de Bruxelles, qui a vocation à être un réseau européen d'incubateurs de barreaux, nous a contacté afin qu'on devienne partenaires. Cela va permettre de créer de la synergie entre les personnes qui essaient de faire bouger le métier.

*: Le budget de l'IdBM, qui compte une soixantaine de membres, est de 30 000 € pour la première année (2018-2019), incluant cotisations, soutiens des partenaires et la somme octroyée par le Barreau qui s'élève à 5 000 € en 2019.

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Commentaires
a écrit le 10/07/2019 à 10:36 :
Les avocats autorisés à faire du "commercial"? Tout comme les experts-comptables peuvent faire du "droit"? Quant aux notaires, ils font de "tout" de moins en moins bien. Plus personne n'y comprend rien. Sauf à ce que le Législateur, qui n'en n'est pas à ses premières bévues et hésitations près, souhaite universaliser les professions du chiffre et de la lettre. L'influence anglo-saxonne n'est pas loin. C'est vrai que Madame Lagarde, condamnée pour négligence par une juridiction française, est une experte en la matière. Mais qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse?

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