Cancérologie : 4 projets innovants distingués à Montpellier

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L'Institut régional du cancer Montpellier (ICM)
L'Institut régional du cancer Montpellier (ICM) (Crédits : DR - ICM)
Depuis sa création il y a trente ans à Montpellier, le Groupement des entreprises françaises dans la lutte contre le cancer (GEFLUC LR) soutient les projets de recherche en cancérologie. Jeudi 20 novembre, une dotation de 60 000 € récompense 4 projets innovants portés par des instituts montpelliérains.

La nouvelle pourrait faire sensation au sein de la communauté scientifique : l'ipilimumab, immunothérapie déjà existante dans le traitement du mélanome métastatique (cancer de la peau), facturée au prix prohibitif de 70 000 € mensuels par patient, pourrait aboutir à de nouveaux résultats encourageants. « Actuellement, on ne sait pas quand il faut arrêter le traitement et quand l'immunité des patients a retrouvé un état normal », confie le Dr Didier Cupissol, président national et régional du Groupement des entreprises françaises dans la lutte contre le cancer (GEFLUC).

L'étude du docteur Nathalie Bonnefoy de l'Institut de recherche en cancérologie de Montpellier (IRCM), récompensée d'une dotation de 15 000 € ce jeudi 20 novembre, permettra via des tests immunitaires, de prédire l'efficacité de l'ipilimumab « et de définir à quel moment la prise médicamenteuses peut être stoppée. Cela représente une avancée significative dans la lutte contre le cancer, les économies ainsi réalisées permettant de réserver ce traitement coûteux aux seuls malades susceptibles de répondre à l'efficacité du traitement », se réjouit Didier Cupissol.

Cette étude constitue l'un des quatre projets d'avenir conduits à Montpellier dans la recherche en cancérologie, dotés d'une dotation (chacun de 15 000 €) par le GEFLUC LR. « Le grand intérêt de ces dotations, qui récompensent des projets de recherche autour de nouvelles classes de médicaments, c'est qu'elles libèrent de l'argent immédiatement, alors que le délais est habituellement de deux ans pour tout projet de recherche ».

Fondé par trois entrepreneurs marseillais au lendemain de la Seconde guerre mondiale, le GEFLUC réunit actuellement 200 entreprises adhérentes en Languedoc-Roussillon (pour 100 000 € de fonds récoltés) mobilisées dans la recherche en cancérologie.

Chez les donateurs : parité employeurs-salariés

Créée il y a 50 ans, la formule initiale - la dotation d'1 franc ponctionnée sur la fiche de paye de l'employé avec participation égale de l'employeur - a un peu changé : « Nous sommes passés à l'euro symbolique, la parité des dons salariés/employeurs n'est plus la règle. Le tissu économique régional s'étant fragilisé du fait de la crise, il est de plus en plus difficile de susciter des donations. Actuellement 20 % des entreprises n'honorent pas l'année suivante leur adhésion », regrette Didier Cupissol, qui confirme toutefois des soutiens historiques au sein du tissus économique régional : Sanofi (avec une dotation de 8 000 € à part égale entre employeur et salariés), Orange, l'Agglomération de Montpellier, la Chambre de commerce et d'industrie de Montpellier, etc.

Chez les donateurs, les profils aussi ont changé : « On observe de plus en plus de jeunes entrepreneurs - et ils ne sont pas forcément les plus riches - qui font des donations coup de cœur », reprend Didier Cupissol, qui voit dans ce "frémissement" un espoir pour l'avenir dans la recherche en cancérologie.

"Avec 10 000 nouveaux cas de cancer dépistés chaque année en région, l'élan de solidarité doit se poursuivre au sein des entreprises et chez les salariés", conclut-il.

Les quatre projets récompensés d'une dotation :

  • Facteurs immunologiques prédictifs de la réponse à l'ipilimumab chez les patients atteints de mélanomes métastatiques, par le Dr Nathalie Bonnefoy de l'Institut de recherche en cancérologie de Montpellier (IRCM)
  • Dérégulation de la production de radicaux libres dans les leucémies résistantes aux chimiothérapies, par le docteur Guillaume Bossis de l'Institut de génétique moléculaire de Montpellier (IGMM)
  • Rôles d'E4F1 dans le métabolisme du pyruvate : implication dans la signalisation RAS/RAF, la sénescence et le développement des mélanomes, par le docteur Matthieu Lacroix (IRCM)
  • Tolérance des lésions à l'ADN et radio-résistance, par le docteur Domenico Maiorano de l'Institut de génétique humaine de Montpellier (IGH)

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