Centre de protonthérapie : Montpellier veut le sien

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L'institut de cancérologie de Montpellier - Val d'Aurelle.
L'institut de cancérologie de Montpellier - Val d'Aurelle. (Crédits : DR - ICM)
Talonné par Toulouse, l’Institut régional du cancer de Montpellier (ICM) veut créer un centre de protonthérapie (40 M€). Plaidant pour la dynamique montpelliéraine dans le cadre de la future métropole, Jacques Domergue demande 20 M€ aux collectivités.

Une nouvelle bataille de leadership s'annonce entre les deux régions appelées à fusionner. Alors que le maire UMP de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, et le président du conseil régional de Midi-Pyrénées, Martin Malvy, font avancer la candidature toulousaine dans l'acquisition d'un appareil de protonthérapie (40 M€, seulement deux centres équipés en France), l'Institut régional du cancer de Montpellier (ICM) veut le sien.

« Les compétences médicales et techniques sont à Montpellier et non à Toulouse, insiste le professeur Jacques Domergue, directeur général de l'ICM, le 23 janvier lors de la cérémonie des vœux de l'ICM.C'est la radiothérapie du futur, le plus gros projet santé pouvant être porté par les collectivités dans le cadre de Montpellier capitale de la santé. »

Le chirurgien et homme politique s'est, en termes très énergiques, adressé directement aux élus : « Les Toulousains ont une force, celle des politiques, et pourtant, ils n'ont pas la même couleur. À Montpellier, on n'a pas senti que ce projet avait le soutien des collectivités de manière coordonnée. Je lance un appel aux politiques locaux, le président de Région et le président de Montpellier Méditerranée Métropole : unissez vos efforts ! 40 M€, qu'est-ce pour une Région et une Métropole réunies ? Nous sommes prêts, nous ne pouvons pas le faire seuls, mais nous ne nous tairons pas si nous ne sommes pas soutenus ».

Un pôle référant dans le sud de l'Europe

Le projet d'un centre de protonthérapie ferait de Montpellier « un pôle référant pour la radiothérapie de pointe dans le sud de l'Europe », l'ICM ayant d'ores et déjà passé des accords de coopération avec Barcelone (Institut catalan d'oncologie, ICO), Marseille et Clermont-Ferrand.

« La protonthérapie connaît un développement planétaire avec des indications reconnues dans le traitement des cancers de l'enfant (tumeurs neurologiques et colonne vertébrale, NDLR) et de la prostate, limitant l'irradiation des tissus sains traversés et donc les séquelles (les cellules cancéreuses sont détruites par un faisceau de protons focalisé au cœur des lésions, NDLR) », explique Jacques Domergue.

Coûteuse, son acquisition pourrait être subventionnée pour moitié par les collectivités (20 M€), l'autre moitié étant supportée par l'ICM (fonds propres et emprunt) qui investirait par ailleurs entre 10 et 13 M€ dans la construction d'un bâtiment dédié .

« Si les politiques se décident, on peut espérer traiter les premiers malades dans les trois ans à venir », planifie Jacques Domergue.

Avec 30 000 patients traités chaque année, l'Institut régional du cancer de Montpellier (100 M€ de CA en 2014) se situe en tête du palmarès 2014 des hôpitaux et cliniques publié pas le magazine Le Point (n°2 français dans le traitement du cancer du sein, dans le trio de tête pour la chirurgie robotisée du rectum). L'établissement qui a enregistré une forte hausse d'activité sur le dernier exercice (+12 % en oncologie médicale, + 5 % en chirurgie dont 13 % en ambulatoire, + 3 % en radiothérapie), emploie 966 salariés.

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