Pourquoi la biotech Medesis Pharma entre en bourse

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La biotech Medesis Pharma est prête pour des études cliniques en phase II de ses candidats médicaments pour deux maladies neurodégénératives mais aussi pour le Covid-19.
La biotech Medesis Pharma est prête pour des études cliniques en phase II de ses candidats médicaments pour deux maladies neurodégénératives mais aussi pour le Covid-19.
La biotech héraultaise Medesis Pharma, qui a développé une technologie innovante d’administration de principes actifs, est prête pour des études cliniques en phase II de ses candidats médicaments pour deux maladies neurodégénératives mais aussi pour le Covid-19. Pour financer cette étape cruciale, elle vient de lancer son introduction en bourse, où elle espère lever entre 5,6 et 7,4 millions d’euros.

Le 26 janvier, société de biotechnologie pharmaceutique Medesis Pharma, fondée et dirigée par Jean-Claude Maurel et implantée à Baillargues à côté de Montpellier, annonce le lancement de son introduction en bourse sur Euronext Growth Paris. Medesis Pharma espère lever 5,6 millions d'euros, l'offre pouvant être portée à 7,4 millions d'euros.

Medesis Pharma conçoit des candidats médicaments en s'appuyant sur sa technologie propriétaire Aonys® d'administration de principes actifs sous forme de nano-gouttelettes par voie buccale, « une approche innovante appliquée à de futurs médicaments pour traiter des maladies majeures dépourvues de traitements efficaces comme la maladie d'Alzheimer, la maladie de Huntington, certains cancers résistants et les inflammations respiratoires sévères comme celles liées à la Covid-19 ».

Medesis Pharma, qui emploie huit salariés dont un à Montréal sur la recherche, est à l'origine de 15 publications scientifiques et détient 9 brevets protégeant sa technologie. Elle se consacre plus particulièrement aujourd'hui à quatre projets qui rentrent en Phase II clinique.

Cette entrée en bourse devrait lui permettre le lancement de trois de ces études cliniques dès 2021 : deux dans le domaine des maladies neurodégénératives (Alzheimer et Huntington), et une sur le Covid-19. Medesis Pharma prévoit également le recrutement de talents pour renforcer l'organisation et le développement des programmes collaboratifs.

« Nous rendre visibles »

Pourquoi cette stratégie d'une entrée en bourse maintenant ? Le dirigeant Jean-Claude Maurel précise sa philosophie.

« Les biotechs sont habituellement financées par des investisseurs institutionnels et elles sont la plupart du temps mono-produit. Or Medesis Pharma développe plusieurs produits sur plusieurs maladies, et je veux pouvoir continuer de développer d'autres produits, en oncologie notamment. Jusqu'à présent, l'entreprise est financée par 200 investisseurs privés, et nous avons ainsi levé 24 millions d'euros et 6 millions d'euros de crédits impôt recherche. Mais nous ne levions pas suffisamment chaque année pour aller en étude clinique. Or en 2020, nos produits sur les maladies d'Alzheimer et d'Huntington étaient prêts. Nous avons besoin de 6 à 7 millions d'euros pour les études de phase II. La bourse nous permet de générer une autonomie sans que personne prenne le pouvoir. Et cela va nous rendre visibles des grandes industries pharmaceutiques ».

Au cours des trois années à venir, la stratégie retenue par Medesis Pharma repose sur des cessions de licence des produits ayant validé la Phase II clinique à des acteurs comme les laboratoires pharmaceutiques.

Covid : un dossier déposé à l'Agence du médicament

Jean-Claude Maurel ajoute que cette stratégie boursière était prévue, mais elle a été accélérée par la crise sanitaire qui a permis à l'entreprise d'être visible grâce à ses recherches sur le Covid.

Car Medesis Pharma développe également des traitements dédiés aux populations irradiées après un accident nucléaire civil ou militaire. Or une analogie a été faite entre les lésions pulmonaires observées dans le Covid-19 et les lésions pulmonaires induites par une irradiation nucléaire.

« Cette similitude autorise la très vraisemblable hypothèse que le produit NanoManganese, que nous avons développé, peut permettre de traiter et prévenir les formes graves de pneumonie et les insuffisances respiratoires observées dans le Covid-19, rappelle Jean-Claude Maurel. Nous avons déposé un dossier à l'Agence du médicament l'été dernier, nous avons fait le complément d'étude demandé et nous redéposerons un dossier fin février en espérant démarrer une étude clinique sur 120 malades fin mars. Des résultats pourraient être attendus à l'été 2021. »

En plus des quatre programmes développés en propre, Medesis Pharma a initié plusieurs programmes collaboratifs dans le cadre de partenariats de licence ou de collaboration de R&D dans le domaine de l'oncologie et de la décorporation nucléaire.

Selon l'entreprise, « l'introduction en bourse est couverte à plus de 95% par des engagements de souscription, dont 1,4 M€ par les actionnaires historiques ». L'opération sera clôturée le 8 février prochain.

MAJ du 9 février 2021 : L'opération d'introduction en bourse s'est clôturée sur une levée de 7,35 millions d'euros. La première cotation interviendra le 12 février 2021.

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