Après la levée de fonds d’Intrasense, le DG Nicolas Reymond explique sa trajectoire

INTERVIEW - L’entreprise montpelliéraine Intrasense, spécialisée dans les solutions logicielles d'imagerie médicale, a bouclé fin juin une levée de fonds de 4,9 millions d’euros. Une étape dans sa trajectoire qui va lui permettre de financer la R&D autour d’une nouvelle gamme de produits, destinée à l’oncologie. Projection avec le directeur général Nicolas Reymond, en poste depuis trois ans.
Cécile Chaigneau

4 mn

Nicolas Reymond pilote Intrasense depuis février 2018.
Nicolas Reymond pilote Intrasense depuis février 2018. (Crédits : Intrasense)

Créée en 2004 à Montpellier et spécialisée dans les solutions d'imagerie médicale, Intrasense a développé et commercialise le dispositif médical Myrian, plateforme logicielle facilitant et sécurisant le diagnostic, la prise de décision et le suivi thérapeutique. Un peu plus de 1.000 établissements de santé répartis dans 40 pays sont aujourd'hui dotés de cette plateforme intégrée permettant de lire tout type d'images (IRM, scanner...) et enrichie d'applications cliniques expertes pour des pathologies spécifiques. L'entreprise est cotée en bourse.

LA TRIBUNE - Intrasense vient de boucler une augmentation de capital de 4,9 millions d'euros, auprès notamment de ses principaux actionnaires (au nombre de 7.500 au total). Quels sont les objectifs de cette levée de fonds ?

NICOLAS REYMOND - J'occupe le poste de directeur général depuis début 2018 et à ce moment-là, on s'était donné un objectif de développement de l'entreprise en deux étapes : tout d'abord démontrer qu'une medtech était capable d'atteindre l'équilibre, ce que nous avons fait en 2020 sur le groupe, grâce à une croissance constante à deux chiffres et un contrôle des coûts. En 2020, nous avons installé 120 plateformes Myrian supplémentaires. Maintenant, il s'agit d'accélérer le développement de la société sur deux axes : doubler nos ventes de Myrian pour passer d'un revenu entre 3,5 et 4 millions d'euros à 7 millions d'euros à cinq ans, mais aussi de développer une nouvelle gamme de produit, une solution de radiologie dédiée à l'oncologie. C'est pourquoi nous avons prévu d'allouer 60% de la levée de fonds à ce développement, ainsi qu'à l'évolution de Myrian. Nous tablons un revenu de 23 millions d'euros sur ce nouveau produit en oncologie, pour un chiffre d'affaires global du groupe de 30 millions d'euros d'ici à cinq ans. Et environ 40% de la somme disponible sera allouée au développement marketing et commercial de la société en Europe et en Chine...

Quel est votre plan de développement de cette nouvelle solution dédiée à l'oncologie ?

L'idée, c'est de faire de l'itératif. Nous allons donc venir rapidement sur le marché avec une première version courant 2022. Nous allons travailler en co-construction avec quelques centres hospitaliers de référence en France qui seront des sites pilotes, des centres de lutte contre le cancer, des CHU ou gros centres hospitaliers et cliniques qui font de l'oncologie. Nous allons signer des accords de partenariats avec eux dès la semaine prochaine... L'imagerie est omniprésente dans la pathologie du cancer sur tout le parcours du soin : dépistage, diagnostic, traitement, vérification de récidive. L'objectif est d'apporter une solution centrée sur le patient, facile d'usage, un outil global de prise en charge du patient qui guide le professionnel de santé dans les différentes étapes pour gagner de la sécurité dans son diagnostic et gagner du temps... Nous ciblerons d'abord la France, pour viser la Chine en 2023.

Intrasense est très présente en Chine (via sa filiale à Shanghai). Où en êtes-vous du développement à l'export ?

Nous réalisons 70% de notre chiffre d'affaires sur trois gros marchés : 30% en France, 30% dans le reste de l'Europe et 30% en Chine, et les 10% restants au Japon, Etats-Unis, etc. Avec la nouvelle gamme, nous adopterons la même stratégie en utilisant les mêmes synergies : d'abord la France, puis la Chine et le reste de l'Europe, avec probablement une structure dédiée en Europe.

En mars 2020, Intrasense avait mis à disposition son nouveau protocole de visualisation scanner, dédié au Covid-19. Quel retour faites-vous de cette démarche ?

Nous avons eu plus de 600 demandes en quelques semaines d'hôpitaux en France et partout dans le monde. Cela nous a apporté une importante visibilité, et nous a aidé à aller chercher la croissance en 2020. Nous avons enregistré une croissance de + 4% alors que notre marché France a beaucoup souffert durant cette année de crise sanitaire... Et nous continuons aujourd'hui encore à bénéficier de cette notoriété. Désormais, ce protocole est intégré à notre catalogue commercial.

Intrasense emploie aujourd'hui 45 salariés, dont 15 dédiés à la R&D. Quelle évolution avez-vous prévu ?

Notre objectif est de recruter, d'ici fin 2021, une dizaine de personnes pour renforcer les équipes de vente et une dizaine également pour renforcer la R&D et développer la nouvelle ligne de produit.

Quel est le programme pour les six prochains mois ?

Assurer notre croissance de business (le dirigeant ne communique pas sur les perspectives de chiffre d'affaires, NDLR), se structurer notamment en recrutant, pour clairement dérouler le tapis en 2022 sur notre nouvelle solution. Dans notre stratégie de croissance, nous ne nous interdisons pas non plus de réfléchir, d'ici un à deux ans, à d'autres leviers comme des opérations de croissance externe ou, pourquoi pas, développer des solutions en oncologie autres que la radiologie.

Cécile Chaigneau

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