L'avancée prometteuse de Womed pour soigner les pathologies utérines complexes (dont l’endométriose)

SERIE biotech (3/4) - La biotech montpelliéraine Womed, spécialisée dans les pathologies utérines complexes, vient d’annoncer les premiers résultats cliniques et l’obtention du marquage CE de son produit Womed Leaf prévenant les adhérences intra-utérines, responsables notamment d’infertilité ou de complications obstétricales. Une avancée majeure pour l’entreprise qui pourrait lui permettre de soigner d'autres pathologies, dont l'endométriose.

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La biotech montpelliéraine Womed progresse dans le traitements possibles de pathologies utérines complexes, notamment l'endométriose.
La biotech montpelliéraine Womed progresse dans le traitements possibles de pathologies utérines complexes, notamment l'endométriose. (Crédits : Womed)

Depuis sa création en 2018, la biotech Womed, hébergée depuis peu au CNRS de Montpellier, élabore des traitements innovants contre les pathologies utérines complexes grâce à une nouvelle technologie de matériau polymère. Elle vient de révéler les résultats de l'essai clinique évaluant son premier produit, Womed Leaf.

« Les études cliniques ont démontré que le dispositif était sûr et efficace pour prévenir les adhérences intra-utérines chez les femmes dont le fibrome utérin est enlevé par chirurgie hystéroscopique. Je suis ravi de ces résultats et de l'approbation du marquage CE », a annoncé Gonzague Issenmann, cofondateur de Womed, avec le Professeur Xavier Garric, spécialiste des polymères pour applications biomédicales, et le docteur Stéphanie Huberlant, spécialiste de la reproduction.

Une barrière mécanique naturelle

Les adhérences intra-utérines (synéchies) surviennent à la suite d'une intervention chirurgicale dans la cavité utérine. Elles sont responsables de troubles menstruels, d'infertilité et de complications obstétricales. Mais le taux de récidive, après la suppression des adhérences, est de l'ordre de 40 à 60%.

Présentée comme un "pansement de l'utérus", Womed Leaf est une membrane souple qui s'insère comme un stérilet, après l'intervention utérine. La membrane agit comme une barrière mécanique pendant une semaine puis se délite et s'évacue naturellement.

Le programme clinique PREG1 a inclus 23 patientes souffrant d'un fibrome utérin et devant être opérées. Le dispositif a montré des résultats très probants en termes d'innocuité et d'efficacité : après six semaines, Womed Leaf a empêché la formation d'adhérences chez 83% des patientes.

Après avoir démontré que le dispositif correspondait parfaitement aux attentes des chirurgiens et des patientes, l'équipe Womed (quatre personnes) se prépare à passer à la seconde étape : une étude randomisée sur 150 patientes, en France et au Benelux.

« Nous allons démarrer l'étude d'ici la fin de l'année, pendant douze mois, confie le président de Womed. Ensuite, si tous les feux sont au vert, nous passerons à la phase commercialisation. »

Soigner l'endométriose

Mais la biotech montpelliéraine ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Elle espère pouvoir exploiter sa technologie de polymères afin de constituer un portefeuille de produits qui libèrent des principes actifs directement dans l'utérus. Ces produits permettront de traiter d'autres pathologies utérines complexes, en particulier l'endométriose et les saignements utérins.

« Avoir un polymère qui s'insère facilement et s'adapte dans l'utérus est un vecteur extraordinaire pour administrer des médicaments, résume Gonzague Issenmann. Nous travaillons actuellement sur le problème de l'endométriose, qui concerne une femme sur dix dans le monde, entre 15 et 49 ans, afin de pouvoir les soulager de douleurs intenses. »

Une première étude (sur animal) est prévue d'ici 2023.

Dans la même logique, Womed développe une méthode pour arrêter en quelques minutes seulement les saignements utérins, première cause de présentation gynécologique aux urgences. Les premiers résultats devraient être rendus courant 2022.

Lauréate du grand prix I-Lab 2018, financée en fonds propres à hauteur de 1 million d'euros, la société montpelliéraine n'envisage pas une levée de fonds avant 2023.

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