Immunothérapie : comment Mabqi peut devenir une pépite de la biotechnologie

Spin-off de l’Institut de recherche en cancérologie de Montpellier (IRCM), Mabqi conçoit, synthétise et exploite ses banques composées de milliards d’anticorps synthétiques humains, directement développables au niveau industriel. Si la société fournit des anticorps thérapeutiques pour le compte de laboratoires pharmaceutiques ou de biotechs, elle développe aussi son propre pipeline de candidats médicaments. Une phase préclinique tout juste amorcée, ciblant notamment les cancers du système digestif, pourrait être déterminante pour l’avenir de Mabqi.

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La société montpelliéraine Mabqi est spécialisée dans la découverte d'anticorps monoclonaux humains.
La société montpelliéraine Mabqi est spécialisée dans la découverte d'anticorps monoclonaux humains. (Crédits : Mabqi)

Créée fin 2017 à Montpellier sous l'impulsion de deux chercheurs de l'INSERM, Pierre Martineau et Gautier Robert, la société Mabqi, spécialisée dans la découverte d'anticorps monoclonaux humains, vient de se voir attribuer le prix Innovation et international au concours Les Inn'Ovations 2022, porté par l'agence régionale de développement économique Ad'Occ.

« Ce prix est une belle reconnaissance du travail effectué sur les quatre dernières années et d'une progression énorme à l'international qui permet à Mabqi de se mettre au niveau d'exigence des bigpharmas américaines, notamment, réagit Sylvain Yon, directeur et cofondateur de Mabqi. Cela marque aussi notre attachement à vouloir développer un groupe international avec les pieds bien ancrés dans la région et une implantation montpelliéraine à laquelle nous tenons beaucoup. »

Une plateforme d'excellence

Installée dans les locaux de l'Institut de recherche en cancérologie de Montpellier (IRCM), Mabqi est rapidement devenue un acteur incontournable de l'immunothérapie.

« L'innovation de rupture de Mabqi consiste à concevoir, synthétiser et exploiter des librairies composées de dizaines de milliards d'anticorps humains afin de sélectionner parmi eux ceux qui seront développés en clinique et qui ne poseront pas les problèmes - notamment d'immunogénicité (molécule capable d'induire une réaction immunitaire, NDLR) ou de toxicité - inhérents au développement de médicaments », résume le dirigeant de Mabqi.

Une approche présentant un avantage concurrentiel sans équivalent puisque Mabqi est capable d'amener en développement industriel des anticorps-médicaments sans nécessiter aucune amélioration, là où les approches classiques sont en échec.

70% du chiffre d'affaires à l'international

Même si son ADN est plutôt orienté vers le traitement de cancers, la technologie de Mabqi, reconnue aujourd'hui comme l'une des meilleures, lui permet d'aller vers d'autres pathologies lourdes, qu'elles soient inflammatoires ou infectieuses d'origine virale.

La société opère en activité de services pour le compte de groupes pharmaceutiques internationaux, de biotechs voire même de startups. Une vingtaine de programmes sont à ce jour contractualisés. En 2021, la société a passé le cap du million de chiffre d'affaires, dont 70% à l'international.

Rentable, son modèle économique lui permet de réinvestir les revenus générés dans le développement d'une nouvelle activité, cette fois en propre.

Recrutements permanents

En juin 2021, la biotech levait 2,1 millions d'euros auprès de quatre industriels de la santé, dont Innovative Diagnostics (Grabels) et sa filiale Id Solutions (Montpellier), afin d'avoir son propre pipeline d'anticorps candidats-médicaments qui seront ensuite exploités sous licence par des sociétés pharmaceutiques.

« L'ambition de Mabqi est d'avoir un premier anticorps en essai clinique d'ici deux ans et demi et de devenir une biotech majeure qui propose ses propres candidats-medicaments », projette Sylvain Yon.

En phase discovery, Mabqi travaille sur la base de six candidats, focusant en particulier les cancers du système digestif. Pour passer ensuite à l'étape clinique, qui coûte en moyenne 10 à 15 millions d'euros, la société envisage l'an prochain une nouvelle levée de fonds.

Il lui faudra également structurer son équipe (une quinzaine de personnes à ce jour).

« Mabqi est en recrutement permanent mais d'ici trois ans, nous pourrions atteindre les 50 salariés de manière à stabiliser une équipe de recherche de très haut niveau », estime Sylvain Yon.

Pour son développement immédiat, Mabqi organise actuellement un financement non dilutif avec Bpifrance. La société envisage également de déménager dans des laboratoires indépendants, plus propices à son expansion. Mais toujours à Montpellier.

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