"La parité est un système d’intelligence émotionnelle"

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Le CEO d'Ethics Group, Thierry Pédeloup
Le CEO d'Ethics Group, Thierry Pédeloup (Crédits : Ethics Group)
Le cabinet toulousain Ethics Group, spécialiste de la transformation économique, défend une vision de l'entreprise "utile au cœur de son environnement socioéconomique". Pour son CEO Thierry Pédeloup, les femmes et les hommes sont les acteurs de ce changement dans l’entreprise.

Entreprise responsable, inclusive, agile, etc. : les concepts foisonnent pour caractériser la transition économique en cours. Quelle définition retenez-vous ?

Thierry Pédeloup : Quels que soient les phénomènes de transition, nous pensons que les organisations doivent s'orienter vers des modes de fonctionnement plus participatifs et coopératifs, en pariant sur la bienveillance et l'intelligence collective. Toutes les organisations de type hiérarchiques où existent des enjeux de pouvoir doivent évoluer pour transformer leur culture interne dans le sens du lâcher-prise. Et c'est en soi qu'il faut aller chercher les ressources de la transformation et du changement : nous avons tous eu des expériences de vie démontrant des qualités que, pourtant, nous ne sollicitons pas dans notre quotidien. C'est la même chose dans l'entreprise. Il faut puiser dans son histoire pour inventer son futur : on ne pas ce qu'il sera, mais on le bâtit ensemble. Il faut aller chercher cette intelligence collective, qui favorise des champs d'intervention plus ouverts où chacun s'approprie la dynamique.

La mixité et l'égalité femmes-hommes sont-elles des impératifs ?

T. P. : Il est certain qu'il faut bâtir cette dynamique de la façon la plus équitable possible. Il faut tendre vers la parité et préserver cet équilibre. La clef d'une organisation performante, c'est l'existence d'une bonne culture, de bonnes valeurs, et le rapport femmes-hommes crée cet équilibre. Il y a une deuxième clef dans le champ émotionnel car la façon dont les femmes et les hommes réagissent est différente : la sensibilité des premières complète bien celle des seconds. Et dans une organisation équilibrée, beaucoup de décisions sont dictées par nos émotions, bien plus qu'on ne le croit. Avec la parité, elle profite d'un système d'intelligence émotionnelle.

Les femmes sont-elles plus impliquées dans les évolutions que vous décrivez ?

T. P. : Cela dépend de l'histoire et de la personnalité de chacun. Les femmes puissantes ne sont pas obligatoirement les plus ouvertes. Sont-elles prêtes à lâcher du pouvoir ? On ne peut pas le dire. Mais de plus en plus de femmes arrivent à des postes de responsabilité et c'est, en interne, une opportunité d'instaurer ces changements car elles n'ont pas l'histoire qui les verrouillent dans des conformismes passéistes. Je citerai l'exemple de la présidente du Groupe Up (anciennement Groupe Chèque Déjeuner, ndlr), Catherine Coupet : elle a eu un parcours remarquable au sein d'une organisation qui lui a ouvert les portes jusqu'à la présidence. Elle a le sens des émotions, elle est portée vers une certaine ouverture à la transformation. De même, à l'aéroport de Toulouse-Blagnac, le nouveau président du directoire, Philippe Crebassa, a impulsé une dynamique participative, associant les hommes et les femmes, dès son arrivée. Il a une vraie volonté de créer du sens commun avec les collaborateurs. Quand on fait parler le plus grand nombre, ce ne sont pas les extrêmes qui ressortent, mais les valeurs créées par le dialogue. C'est un mouvement qu'il faut impulser à l'échelle du pays, qui vit une crise identitaire comme l'ont par exemple révélé les dernières élections européennes. Les femmes seront-elles plus ouvertes à cette prise de conscience ? En tout cas, elles doivent y prendre toute leur part.

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