Tiers-lieux : « Je suis revenu en Lozère pour ouvrir un lieu partagé social et sociétal »

SERIE (2/3) – La Lozère attire les porteurs de projets de tiers-lieux. L’agence Lozère Développement, labellisée "Fabriques de territoire", accompagne leur création mais aussi l’extension et autres besoins de développement des lieux existants. De Florac à Saint-Andéol-de-Clerguemort, découverte de tiers-lieux en pleine évolution.
Le tiers-lieu La Pompe a été créé début 2020 à Florac (Lozère) et accueille des professionnels de la création : designer, sérigraphiste, architecte d’intérieur, web designer, etc.
Le tiers-lieu La Pompe a été créé début 2020 à Florac (Lozère) et accueille des professionnels de la création : designer, sérigraphiste, architecte d’intérieur, web designer, etc. (Crédits : DR)

Le label "Fabriques de territoire", décroché par l'agence Lozère Développement fin 2020, va permettre à la Lozère d'accueillir de nouveaux projets, mais aussi d'accompagner le développement des tiers-lieux existants.

C'est le cas à Florac (2.000 habitants), où un nouveau tiers-lieu communautaire baptisé La Pompe a vu le jour en février 2020. Plateforme de création pluridisciplinaire, La Pompe réunit, dans un grand appartement, passionnés et professionnels de la création : designer, sérigraphiste, architecte d'intérieur, web designer, etc.

« Depuis dix ans, avec des amis de longue date, nous souhaitions ouvrir un lieu partagé social et sociétal pour mutualiser nos activités, raconte Arthur Etard, designer de formation et décorateur pour le cinéma. Je suis revenu en Lozère pour cela. »

Ouvrir des ateliers partagés

Situé en plein cœur du village, l'appartement réhabilité se compose d'un salon, d'une cuisine, d'un espace de coworking locatif, d'un café associatif et de trois chambres occupées par des artistes résidentes (couturières, plasticienne, bijoutière). A la croisée de l'artisanat et du numérique, La Pompe, qui compte 200 adhérents, multiplie les initiatives : ateliers de bricolage, plateforme pour les producteurs locaux, etc. Mais se trouve désormais à l'étroit.

« Aujourd'hui, nous manquons cruellement de place car nous avons pour projet d'ouvrir des ateliers partagés - bois, métal, sérigraphie - équipés de machines semi-industrielles comme une imprimante 3D ou une fraiseuse, et d'outillage traditionnel. Dans cette région peu industrialisée, les friches ne sont pas nombreuses. Nous recherchons d'autres pistes avec la municipalité ou la communauté de communes », confie Arthur Etard, persuadé que ce projet hybride, en constante évolution, s'inscrira dans un processus de réflexion socioprofessionnel, avec à la clé, l'embauche des premiers salariés en 2021.

Autour des ressources locales

A Saint-Andéol-de-Clerguemort, commune déléguée rattachée à Ventalon-en-Cévennes, ce n'est pas l'espace qui manque : trois bâtiments posés sur 17 ha, au carrefour de quatre communes et d'une route touristique, au point de vue admirable sur les Cévennes et le Pic-Saint-Loup.

Tombé en ruine dans les années 30, le hameau a été investi par plusieurs associations et coopératives dont la SCIC (société coopérative d'intérêt collectif) Bois 2 mains, qui dès 2004, a signé un bail emphytéotique de cinquante ans avec la Communauté de communes pour amorcer la réhabilitation des bâtiments à partir de ressources locales, dont le bois.

A partir de 2014, c'est la coopérative le Relais de l'Espinas qui a porté le projet de réhabilitation d'un bâtiment pour accueillir un café-restaurant (cinq salariés), et ainsi favoriser l'installation et le maintien de création d'activité économique sur le site. Reconnu d'utilité public, le projet (100.000 euros dont 20.000 euros en autofinancement par le biais de titres participatifs) a été soutenu par les communes, le Département de la Lozère, l'État et l'Europe.

Environnement et patrimoine

En parallèle, l'association Epi de Mains, qui occupe le premier étage du bâtiment (avec salle polyvalente, espace de coworking et bibliothèque), s'investit dans des animations socioculturelles en lien avec l'environnement et le patrimoine.

« Labellisée tiers-lieu numérique, Epi de Mains a pour but de valoriser le bénévolat et mettre en œuvre les valeurs de solidarité pour faire société », résume Véronique, membre actif de l'association.

Concerts, spectacles, rencontres citoyennes, médiation numérique... Epi de Mains (80 membres, 35 bénévoles) a organisé 85 évènements en 2019 et mène un ambitieux projet de réhabilitation de la châtaigneraie : « Depuis plusieurs années, nous organisons des animations mettant en valeur le patrimoine de la castanéiculture (culture du châtaignier, NDLR). Une centaine de jeunes volontaires internationaux sont venus sur le site réaliser des travaux d'aménagement, notamment pour le sentier de la châtaigneraie, ouvert en octobre 2020. L'idée est de faire du site une vitrine mais aussi un lieu d'apprentissage ».

Le second bâtiment, rénové en 2015, a été loué à l'Association Artisans Bâtisseurs en Pierres Sèches, tandis qu'un projet de logement permanent est en cours d'études sur le troisième bâtiment.

C'est ainsi que le hameau de l'Espinas, sur lequel reviennent des habitants et de l'activité, est devenu emblématique du dynamisme économique, social, culturel et patrimonial de ce territoire.

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