ITK ambitionne de créer "l’Airbus de l’agriculture numérique"

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(Crédits : ITK)
L’entreprise héraultaise ITK, spécialisée dans la conception d’outils d'aide à la décision pour l'agriculture, a entamé une stratégie de développement par croissance externe avec pour objectif de devenir une ETI de dimension européenne.

Spécialisée dans l'agri-intelligence, ITK conçoit et développe des outils d'aide à la décision pour l'agriculture. L'entreprise, installée à la pépinière d'entreprises Cap Alpha à Clapiers (34), vient de recevoir la visite du préfet de l'Hérault, Pierre Pouëssel. L'occasion pour son fondateur et dirigeant, Éric Jallas, de faire de la prospective et d'afficher ses ambitions.

L'entreprise de 96 salariés dispose à ce jour de trois gammes en viticulture et arboriculture (Vintel), en grandes cultures (Cropwin) et en élevage (Medria). Ce dernier segment est arrivé avec le rachat, en novembre 2016, de la société bretonne Medria au sein d'un consortium comprenant trois autres entreprises (CCPA, Seenergi et Sofiproteol, filiale du groupe Avril).

Ce qui lui permet d'afficher un chiffre d'affaires de 10 M€ (réalisé pour 94 % à l'export), 1 million d'hectares sur lesquels ses outils sont utilisés, et 350 000 vaches connectées dans le monde.

Devenir une ETI

La stratégie de croissance externe, amorcée avec le rachat de Medria, n'est qu'un début, si l'on en croit Eric Jallas.

« Notre objectif est de passer au statut d'ETI (entreprise de taille intermédiaire, soit 250 salariés et plus, NDLR) d'ici 2021 et pour ce faire, nous nous engageons dans un processus de levée de fonds en 2018, explique-t-il. Elle nous permettra de grossir mais aussi de racheter des acteurs européens qui ne sont pas sur notre activité mais plutôt sur la collecte de données. Car nous pensons qu'il faut créer l'Airbus de l'agriculture numérique... Demain, avec l'augmentation de la population, il faudra produire plus et mieux, et cela se fera par l'intelligence et les savoirs. La bonne solution, c'est d'avoir un acteur indépendant de la chaîne de valeur car l'agriculteur ne veut pas confier ses données à un fournisseur ou un acheteur. »

Mais ce n'est pas tout : « Nous voulons doubler taille de la R&D, ce qui signifie recruter plus de 100 chercheurs, ainsi que des business-développeurs pour les zones géographiques et les domaines où nous ne sommes pas encore présents, comme l'assurance ou le trading. Nous aurons aussi besoin de renforcer l'équipe support ».

80 % de l'activité en R&D

L'entreprise fête ses quinze ans en 2018. Fondée à Montpellier par Éric Jallas, chercheur au CIRAD, ITK est un pur produit de la recherche. Quinze ans plus tard, ITK ambitionne d'être reconnue au niveau international pour son innovation.

Et Éric Jallas insiste : la R&D est le cœur de métier et la raison d'être d'ITK. Parmi les 96 salariés (11 nationalités différentes), 40 % sont docteurs, soit 37 actuellement.

« 80 % de notre activité est de la R&D, souligne le dirigeant. Chez nous, 1 € du crédit impôt recherche permet 6 € de R&D, quand la moyenne nationale est de 1 pour 1... ITK a perçu 1,5 M€ au titre du CIR 2017 (1,3 M€ en 2016, NDLR). 36 % de notre R&D est financée sur nos fonds propres. »

L'entreprise porte des projets de recherche collaboratifs avec des laboratoires publics (INRA, Irstea, SupAgro, etc.), mais aussi avec de grands groupes privés comme Bayer par exemple.

Sollicitée par le gouvernement

Preuve de son expertise en R&D, l'entreprise montpelliéraine ITK a été auditionnée en novembre 2017 dans le cadre d'un rapport sur l'intelligence artificielle commandé par Emmanuel Macron à Cédric Villani. Le mathématicien et député LREM a en effet été missionné par le gouvernement, dès septembre 2017, pour « construire une stratégie nationale » dans le domaine de l'intelligence artificielle.

« C'est une reconnaissance d'ITK dans le domaine de l'agri-intelligence, où nous sommes pionniers, souligne avec satisfaction Laïd Hafssa, directeur commercial et marketing chez ITK. Jusqu'à présent, ITK n'était pas reconnue pour ses chercheurs. Désormais, on s'intéresse à nous. »

Membre de l'Académie d'agriculture de France

Autre satisfaction pour l'entreprise sur le même chapitre : à compter du mercredi 10 janvier 2018, Philippe Stoop, docteur-ingénieur agronome, expert de l'aide à la décision en agronomie depuis vingt ans et directeur de R&D d'ITK, devient membre de l'Académie d'agriculture de France, une institution qui a pour mission de contribuer par une réflexion à l'évolution de l'agriculture et du monde rural.

Philippe Stoop était également invité sur le plateau de l'émission de radio de Frédéric Taddéi, l'Europe 1 Social Club, le 30 novembre dernier, où l'on débattait sur le glyphosate.

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