Aeron développe un prototype d'avion électrique pour circuits courts

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Loïc Lemaitre, cofondateur d'Aeron, avec son démonstrateur finalisé à la pépinière de St-Cyprien (66)
Loïc Lemaitre, cofondateur d'Aeron, avec son démonstrateur finalisé à la pépinière de St-Cyprien (66) (Crédits : Aeron)
Aeron, basée à Saint-Cyprien (66), a finalisé un démonstrateur pour un avion électrique destiné aux trajets trans-régionaux. La jeune TPE, fondée par deux ingénieurs, veut structurer une équipe pour réaliser le 1er prototype avant de lancer un projet d'industrialisation.

Start-up créée en 2018 par deux ingénieurs aéronautiques et basée à la pépinière de Saint-Cyprien (66), Aeron vient de finaliser un démonstrateur (moteur) pour un futur avion électrique. Le bi-réacteur, d'une capacité limitée de 9 à 12 places, sera équipé d'un système innovant pour le stockage d'énergie.

Une logique de circuits courts

Le moteur est construit autour d'une pile à combustible chargée avec de l'hydrogène, avant décollage. La pile exploite le gaz pour alimenter le moteur électrique, qui présente des avantages techniques par rapport aux batteries classiques : l'avion peut être rechargé en gaz en sept minutes, et disposera d'une autonomie de 600 à 700 km (un kg d'hydrogène permet de parcourir 100 km).

Au global, l'avion imaginé par Aeron intègre une dizaine d'innovations, dont certaines en voie d'être brevetées : pales contrarotatives, innovations aérodynamiques, etc. Ces caractéristiques ont été définies pour un appareil adapté aux circuits courts, selon Loïc Lemaitre, l'un des cofondateurs.

"Nous avons identifié un marché mal adressé : les transports trans-régionaux, explique-t-il. Nous disposons en région d'un réseau d'aérodromes, souvent hérités de la guerre, qui ne sont pas ou sont mal exploités. Plutôt que travailler avec de grands hubs aériens pour des trajets longs et chers, souvent peu écologiques, nous avons opté pour une stratégie point à point en exploitant ce maillage territorial. Du coup notre avion est conçu pour atterrir et décoller sur des pistes courtes, parfois en herbe, de façon écologique et rapide."

Une cible de professionnels

Même si l'avion pourrait transporter une douzaine de passagers particuliers, Aeron cible d'abord une clientèle de professionnels de la logistique (messageries, transporteurs). "Ce secteur doit anticiper l'évolution du contexte règlementaire, qui imposera d'ici 10 ou 15 ans l'utilisation de véhicules décarbonés, et certains professionnels utilisent déjà ce type de machines pour le dernier kilomètre", note Loïc Lemaitre. Autre créneau potentiel : "Des commerçants qui achèteraient l'avion en multipropriété", toujours dans cette logique de circuits courts.

Le business-plan d'Aeron, accompagnée dans le montage par la Banque Populaire du Sud, prévoit une première levée de fonds d'au moins 1 M€, d'ici la fin 2019, pour recruter une équipe de six personnes chargées de dessiner, avec un bureau d'études, les plans du premier prototype. Selon Loïc Lemaitre, le design envisagé pour l'avion se rapprocherait du PC-24, un bi-réacteur construit par l'avionneur suisse Pilatus.

Dans une seconde phase, Aeron prévoit de lever 8 M€ pour lancer la construction du prototype (en 2e et 3e années), et pour lancer, dans les années suivantes, l'industrialisation du procédé, en construisant une usine "aux alentours de Perpignan".

Pour l'assister dans ce développement, Aeron vient de constituer un comité technique, intégrant une entreprise de messagerie, un industriel de l'hydrogène, et des experts du transport aérien et de l'aménagement du territoire, dont le directeur de l'aéroport de Perpignan, Denis Leluc, et deux scientifiques issus de l'Institut polytechnique de Grenoble.

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Commentaires
a écrit le 07/03/2019 à 0:58 :
"un marché mal adressé : les transports trans-régionaux". Pas addresse car un marche inexistant - meme aux Etats Unis - ou on a essaye depuis 40 ans.
a écrit le 06/03/2019 à 22:46 :
"pales contrarotatives", plutôt les rotors ou hélices d'ailleurs.... ce n'est même pas la peine de tenter un brevet la dessus, il y a quantité d'antériorités à exhiber....Pour le reste....
a écrit le 06/03/2019 à 15:32 :
Si on parle de moteurs électriques alimentés par une pile à combustible, alors l'article est erroné en mentionnant bi-réacteurs.
Il s'agirait ici de bi-propulseurs... non ?

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