Licensify veut endiguer "le pillage de l'open source"

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Deux semaines après son lancement en bêta test, Licensify compte déjà une cinquantaine d'utilisateurs
Deux semaines après son lancement en bêta test, Licensify compte déjà une cinquantaine d'utilisateurs (Crédits : Licensify)
Licensify, nouvelle start-up montpelliéraine fondée en mai par les créateurs de Nectop (1er ordinateur éco-conçu), vise à sécuriser les produits des codeurs open source. Le lancement intervient dans un contexte tendu, où de nombreux développeurs dénoncent la main mise grandissante des GAFAM sur le secteur.

La start-up héraultaise développant Nectop, le premier ordinateur éco-conçu, vient de subir, malgré elle, un accident industriel : elle se heurte à la décision de Google, prise en 2018, de restreindre l'utilisation d'une technologie open source (Widewine) dont elle est propriétaire à son navigateur (Chrome) ou aux navigateurs dotés de drivers (pilotes) Widewine en natif. Or le principal usage de Nectop est le streaming vidéo, et la majorité des sociétés de streaming, selon le fondateur de la start-up Adrien Thierry, utilisaient cette technologie.

Colère dans le monde de l'open source

Dès le mois de janvier 2019, Nectop a commencé à recevoir des notifications de conflit d'usage, et face à la multiplication des cas, a décidé de stopper tout développement du produit depuis la fin mars. Cette décision intervient dans un contexte très tendu, où la communauté des développeurs open source accusent les GAFAM de phagocyter ces technologies en théorie libres d'accès, comme l'analyse notamment le site spécialisé ZDNet.

"Certains de ces groupes s'accaparent le produit open source en y rajoutant le plus de contributions possibles, qui finissent par excéder les contributions de l'équipe de développement originelle. Dés lors ils récupèrent l'avantage technologique du produit et peuvent le "forker" (cloner, ndlr) en créant une copie dont ils deviennent propriétaires", décrit Adrien Thierry qui parle de pillage de l'open source, voire de mort annoncée de l'open source.

Une plate-forme sécurisée

Face à ce constat, Adrien Thierry annonce le lancement de Licensify, une nouvelle plate-forme destinée à sécuriser le travail et la rémunération des développeurs open source. Elle leur permet de proposer une version open source de leur produit, mais aussi une version premium dont une partie du code reste cachée sur la plate-forme pour endiguer le phénomène de rétro-engénierie (reverse engineering) que décrit Adrien Thierry.

"La plate-forme permet de gérer la partie business des projets de développeurs classiques, et surtout des développeurs open source, décrit-il. Une fois inscrits, ils peuvent créer le produit et les plans de paiement, et notre outil sécurise le process, en gérant notamment la facturation et la récurrence pour garantir le paiement."

Deux semaines après son lancement en bêta test, Licensify compte déjà une cinquantaine d'utilisateurs dont plusieurs clients. "Nous avons déjà un gros client américain et de nombreux contacts en Inde, où se trouvent des millions de codeurs potentiellement concernés par ces sujets", rajoute Adrien Thierry.

En cours de constitution juridique, Licensify prévoit de réaliser une levée de fonds de 300 000 à 400 000 € d'ici la fin 2019, afin de financer le recrutement de son équipe. De deux cofondateurs à ce jour, la start-up compterait de sept à neuf salariés dans cette perspective.

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Commentaires
a écrit le 04/06/2019 à 21:46 :
cf. droit international de la propriété intellectuelle
a écrit le 04/06/2019 à 21:42 :
Chaque fois que le noyau d'un code source est "enrichi" de façon à le noyer afin qu'il soit quasi méconnaissable constitue une manœuvre délictueuse à l'instar d'un brevet enrichi qui n'appartiendrait pas à l'inventeur d'origine.
a écrit le 04/06/2019 à 16:08 :
RMS a très bien compris cela il y a plus de 30 ans... Si on ne veut pas que son bout de code finissent dans un logiciel privateur, on lui met une licence GPL (ou AGPL si code serveur). À la limite LGPL...

Toutes les personnes qui contribuent à du code libre qui n'a pas de gauche d'auteur SAIS que son code peut être approprié par toute personne / organisation.
a écrit le 04/06/2019 à 13:43 :
Trouver des financement pour les développeur Open-Source n'est pas vraiment un problème, les GAFAM entre autre leur offre des salaires vertigineux. Le problème est surtout pour les petits projets open-source (nom GAFAMisé), de trouver des moyens de financements. Or souvent ce sont des développeurs open-source qui les maintiennent plus ou moins bénévolement d’où l'amalgame.

Si j'ai bien compris l'entreprise veux faire un logiciel premium payant et une version light open-source... L'avantage est la garanti qu'apporte leur société par rapport a une entreprise éditrice. Ils servent de tiers de confiance et de plateforme de rassemblement, un peu comme un label.

Cependant il a déjà existé ce genre de système avec par exemple la version Open-Source qui a toujours 2 ans de retard sur la version proprio... Mais l'appât du gain étant très fort il y a eu tellement de triche que ça n'a jamais tenu bien longtemps et acquis la confiance de libristes. Ce qui me fais craindre cette dérive c'est leur "levée de fonds".
a écrit le 04/06/2019 à 8:53 :
L auteur de l article ne semble pas comprendre grand chose a l informatique. A t il lu l article de ZDnet en reference ?
Dans le cas de google/Widewine le Probleme est pas la partie en open source (chromium) mais le fameux Widewine qui lui n est PAS open source. Et donc google fait ce qu il veut avec. Et l obligation d inclure des DRM (et donc Widewine) dans les navigateur vient du W3C et avait ete a l epoque combattue par le monde open source et l EFF.

Quant a la start up en question, j ai pas tres bien compris quel est son interet. SI vous voulez developper un code partiellement open source/partiellement prive, pourquoi passer par eux. Vous pouvez tres bien le faire vous meme (c est assez simple tehcniquement parlant).
Si leur valeur ajoute c est de trouver des financement (Probleme recurrent dans l open source, cf open SSL maintenu par 1 personne alors que tout le monde se basait dessus) comment font ils pour trouver les $ ?
Réponse de le 19/06/2019 à 19:53 :
Re-developper Widevine ? Le fournir à Netflix, Amazon Prime Video, Canal VOD, Orange VOD pour qu'ils l'utilisent en prod ? Vous n'avez pas l'air d'avoir bien tout compris non plus

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