Deeptech : Bulane, SeqOne et Bactolytix racontent le passage de la paillasse au marché

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Le Deeptech Tour de Bpifrance s'est arrêté à Montpellier le 9 janvier 2020.
Le Deeptech Tour de Bpifrance s'est arrêté à Montpellier le 9 janvier 2020. (Crédits : DR)
Avec ses 10 000 chercheurs et doctorants, Montpellier est une place forte des innovations et technologies de rupture. Les deeptech y sont pistées et accompagnées par un écosystème engagé. Le 9 janvier, Bpifrance faisait une halte sur sa tournée des campus, le DeepTech Tour, dans la capitale languedocienne afin de mieux montrer les passerelles entre le monde de la recherche et celui de l'entrepreneuriat.

Dans le prolongement de son "Plan Deeptech", Bpifrance part à la rencontre des chercheurs, des doctorants et des entrepreneurs afin de créer des ponts entre le monde de la recherche et celui de l'entrepreneuriat.

L'objectif de son Deeptech Tour, une tournée des campus de 20 dates en France : aider les chercheurs à franchir en s'appuyant sur les écosystèmes régionaux. Il faisait halte à Montpellier le 9 janvier.

« Le plan Deeptech de Bpifrance veut doubler le nombre de start-ups émergentes, qui est de 200 par an aujourd'hui, observe Pascale Ribon, directrice DeepTech Bpifrance. Cette dynamique autour des technologies de rupture ne peut se faire que s'il existe un écosystème performant et que ses acteurs parlent le même langage que les chercheurs qui eux, n'ont pas toujours la compréhension des mécanismes financiers et des dispositifs d'accompagnement pour faire déboucher leurs travaux sur des produits répondant à des enjeux de société. La tournée, c'est l'occasion de dialoguer avec les universités d'où émergent ces start-ups et de réunir la communauté. »

10 000 chercheurs et doctorants

Philippe Nérin, président de la SATT AxLR et du Réseau national des SATT (13 en France) rappelle que « la SATT de Montpellier a été créé car il y avait masse critique de 10 000 chercheurs et doctorants de Perpignan à Marcoule ». Son rôle est bien d'apporter les compétences et les ressources que les chercheurs n'ont pas pour passer de leurs travaux de recherche à un produit commercialisable.

« Notre programme Montpellier Capital risque, organisé avec Bpifrance, prépare les entrepreneurs à aller parler aux investisseurs et les met en relation en vue de réaliser une levée de fonds, ajoute Isabelle Prévot, la directrice du Business Innovation Center (BIC) de Montpellier. Aujourd'hui, les investisseurs parisiens voient Montpellier avec un regard différent... »

Des freins et des verrous

Créée en 2009, Bulane réalise aujourd'hui un chiffre d'affaires de 2 M€ et emploie une quinzaine de salariés. Inventeur de la flamme industrielle propre à partir d'hydrogène, l'entreprise a d'abord déployé sa technologie de rupture dans le secteur industriel. En octobre dernier, son président Nicolas Jerez annonçait le démarrage d'une collaboration entre Bulane et l'Institut de mécanique des fluides de Toulouse (IMFT) sur une ouverture applicative de sa technologie sur la combustion hydrogène pour adresser le marché du chauffage du bâtiment.

« Il y a dix ans, on observait des réactions épidermiques quand on parlait d'hydrogène, témoigne le jeune dirigeant, désigné ambassadeur du Deeptech Tour à Montpellier. Aujourd'hui, l'hydrogène évoque la mobilité durable, la chaleur décarbonée, etc. On a vite compris qu'il y aurait des freins. J'ai rapidement confronté notre technologie au marché pour mesurer le chemin à parcourir entre la paillasse et le marché, et mettre en face de chaque verrou les bonnes actions pour les déverrouiller. Nous avons donc identifié les premiers usages capables d'accepter notre technologie, comme l'industrie et le marché de professionnels ayant besoin de chalumeaux mobiles. Aujourd'hui, alors qu'il faut décarboner ce qui est fossile comme le chauffage, notre technologie est prête pour aller hybrider les brûleurs de chaudières fossiles. »

« L'écosystème est favorable »

« J'étais chercheur ici à Montpellier où mon 1e interlocuteur a été la SATT, raconte quant à lui Nicolas Philippe, CEO de l'entreprise montpelliéraine SeqOne (séquençage génétique haut débit). J'ai aussi été soutenu par LRI (Languedoc Roussillon Incubation, qui a depuis fusionné avec la SATT AxLR, ndlr) et la Région Occitanie, puis par le BIC qui m'a permis de passer de chercheur à entrepreneur. Aujourd'hui, SeqOne emploie 30 salariés et a réalisé une première levée de fonds de 3 M€ en mars 2019. Nous préparons le 2e étage de la fusée pour le courant du 1e semestre 2020. »

Denis Costechareyre, le président fondateur de Bactolytix (solutions alternatives aux pesticides par l'utilisation de bactériophages) à Montpellier, a d'abord passé un BTS et été ouvrier agricole avant de reprendre ses études jusqu'à un doctorat de microbiologie, avec une spécialité sur les bactéries phyto-pathogènes. Après un an d'incubation, il a créé son entreprise il y a deux ans, et réalisé une première levée de fonds au bout d'un an.

« Nous en sommes au stade de l'émergence et l'entreprise compte 3 salariés aujourd'hui dont un ingénieur d'études et un ingénieur de recherche, indique-t-il.

A ceux qui voudraient se lancer, Nicolas Jerez lance : « Ne laissez pas passer l'occasion d'être porteurs d'un changement. L'écosystème est actuellement très favorable, les financements sont là, ne laissons pas d'autres porter ces changements ».

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