« La dégradation économique continue »

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La CCI Languedoc-Roussillon, présidée par Bernard Fourcade, a présenté, le 26 septembre, de très mauvais chiffres pour l'économie régionale en 2012. Le Languedoc-Roussillon passe au 1er rang national pour le nombre de chômeurs.  

Pour l'année 2012, le Languedoc-Roussillon ne récolte en économie que des mauvais points. « Consommation des ménages en baisse, stagnation des investissements des entreprises, recul de l'emploi salarié, le tout dans un contexte national atone : on peut affirmer que la dégradation économique continue », indique Bernard Fourcade, le président de la CCI -LR, pour qui la crise n'est plus le mot adéquat pour qualifier la situation. « On vit sans doute un changement de mode de société et d'économie », précise-t-il.

Avec un taux de chômage de 14,2 %, le Languedoc-Roussillon devance le Nord-Pas-de-Calais et passe championne des régions regroupant le plus grand nombre de demandeurs d'emplois, en hausse de 10,4 %. Pendant que le nombre d'offres d'emplois, lui, diminue de plus de 26 %.

Parmi les secteurs en très grande difficulté, celui de la construction, dont l'activité chute d'environ 30 % : en cause, l'absence de demande d'investissements locatifs et la crise des mises en chantier. Jamais depuis 1993, la situation n'avait été aussi mauvaise. Même le chiffre d'affaires des travaux publics est en baisse de 2 à 3 %, preuve de la difficulté des collectivités à financer leur projet.

En raison d'un pouvoir d'achat des ménages en berne, le commerce voit son activité diminuer. Conséquence directe : 1 100 emplois en moins. Autre point noir, entre 2011 et 2012, la création d'entreprise a baissé (hors auto-entrepreneurs) de 12,2 %, sur la région, plutôt connue pour être en pointe des créations d'entreprises. A contrario, le nombre de sociétés défaillantes a augmenté de 5,2 %.

Seul le secteur industriel (qui représente à peine plus de 7 % de l'emploi total en région), échappe un peu à la morosité ambiante et affiche un chiffre d'affaires légèrement boosté par les exportations issues des produits agroalimentaires. Malgré cela, le secteur détruit 700 postes en 2012.

Pourtant, la région n'est pas des plus pauvres : elle affiche un produit intérieur brut qui la positionne au 10e rang national des 22 régions. « Par ailleurs, affirme Nadine Chauvière, directrice des finances publiques régionales, en cumulé de décembre 2012 à juillet 2013, le chiffre d'affaires des entreprises de la région, a grossi de plus 1,62 % ». Mais cela ne se répercute pas sur l'emploi.

Alors que les responsables politiques nationaux affichent leur optimisme devant les légères perspectives de reprise au 1er semestre 2013, les élus des chambres de commerces et d'industrie locales n'y croient pas vraiment : « Ce sera insuffisant pour renverser la tendance et empêcher la progression mécanique du taux de chômage régional. (...) Le pouvoir d'achat des ménages devrait continuer à s'étioler, handicapant du même coup les principales composantes de l'économie présentielle, et les capacités de rebond de l'économie régionale », indique un communiqué.

Amandine Ascensio

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