"Le coût du travail reste trop élevé"

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Pour Bruno Boivin, président régional de la Fédération bancaire française, la reprise repérée par l'INSEE au 2e trimestre tarde à se traduire en Languedoc-Roussillon. Même si l'investissement affiche un léger mieux.

L'INSEE a annoncé, au mois d'août, un léger rebond de 0,5 % du PIB pour le 2e trimestre. La FBF le perçoit-elle en région ?

Bruno Boivin : En toute franchise, nous ne le ressentons pas. Même si en termes d'encours de crédits distribués, la région est repassée au-dessus de la moyenne nationale, d'un point supplémentaire environ, alors que le reste de la France reste à un niveau étal par rapport à 2012. De même, nous ressentons une légère reprise des crédits d'investissement. Il y avait semble-t-il une demande restée en attente depuis plusieurs mois. Mais en termes de chiffres d'affaires, la reprise annoncée par l'INSEE n'est pas significative. N'oubliez pas que l'économie régionale est très présentielle, très liée à la consommation de la population. Tout repose là-dessus. Et tant que le pouvoir d'achat n'évolue pas favorablement, on ne peut pas s'attendre à une reprise rapide.

Quels sont les secteurs bénéficiant du léger mieux que vous décrivez ?
Bruno Boivin : L'agroalimentaire est le secteur le plus sollicité. Avec d'autres activités telles que le commerce et les services. S'agissant du BTP, la problématique demeure le second œuvre, où les difficultés sont clairement les plus grandes. Et tout s'explique : selon une étude récente, le coût horaire du travail s'élève à 35 € par heure en France, et 32 ou 33 € en Languedoc-Roussillon. Par comparaison, la moyenne s'élève à 31 € en Allemagne et 25 ou 26 € en Espagne ! Il est délicat de prétendre redresser l'économie du pays tant que l'on ne s'attaque pas à ces questions.

Comment avance le projet de guichet unique porté par la FBF en région ?
Bruno Boivin : Notre objectif est que le banquier puisse renseigner, au plus prêt possible de ses besoins, la petite entreprise qui n'a pas accès à toutes les informations sur les financements de type non bancaire. En ce sens, nous recevons, depuis trois mois, tous les organismes non bancaires intervenant dans ce domaine. Je veux un outil simple, qui ne recense pas plus de 25 aides ou interventions. Le site web sera opérationnel courant septembre.

Propos recueillis par Anthony Rey

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Crédit photo : Christine Caville

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