« Nous lançons la Charte de la juste entreprise »

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Le Centre des jeunes dirigeants a réuni 1 500 chefs d'entreprise à Montpellier, les 28 et 29 juin 2012, pour son congrès annuel. Trois questions à Michel Meunier, le président sortant.

Objectif Languedoc-Roussillon a interrogé Michel Meunier, président du CJD, à la veille du congrès national organisé à Montpellier les 28 et 29 juin 2012. Ce dernier a officiellement cédé son poste à Christophe Praud, qui a pris ses fonctions le 30 juin.

Vous insistez, à l'occasion de ce congrès, sur la thématique des « justes combats ». Pourquoi ce choix ?
Michel Meunier :
Depuis sa création, le CJD milite pour réhabiliter la fonction patronale. De fait, 75 000 chefs d'entreprise sont passés, au total, par le CJD. Cette année, nous voulions mettre en lumière cette notion de justes combats, en faisant témoigner des élus, des philosophes, ou des « sages ». Dans toute l'histoire du syndicat, la dignité a été un thème central de notre action. Elle le reste dans ce moment particulier de l'histoire contemporaine. Car il reste de nombreux justes combats à mener pour l'avenir. Pour cette raison, nous avons rédigé une Charte de la juste entreprise, où 12 thèmes principaux, tels que la jeunesse, l'environnement, ou l'engagement sociétal de l'entrepreneur, ont été identifiés pour être déclinés en bonnes pratiques. C'est un panorama à 360 degrés de ce que nous faisons depuis 74 ans.

Comment analysez-vous les récentes annonces du gouvernement à destination des PME, avec notamment avec une hausse programmée des prélèvements ?
Michel Meunier :
La vraie difficulté est que nous sommes enfoncés dans le dogme de la fiscalité, comme s'il suffisait d'augmenter tel ou tel impôt de trois, cinq ou sept points pour résoudre les problèmes de la France au sein d'une économie globalisée. Or, par ce biais, on taxe ce qui devient rare aujourd'hui : le travail. Au contraire, nous devons basculer vers une fiscalité assise sur la consommation. Songez qu'à ce jour, la taxation environnementale d'un iPhone, vendu 500 € dans le commerce mais fabriqué pour un coût de 8 € en Chine, ne s'élève qu'à 0,01 centime ! Il faut imaginer au plus vite des taxes intégrant le coût environnemental de ce que nous consommons.

Vous organisez ce congrès en Languedoc-Roussillon, dont l'économie repose en très grande majorité sur des TPE et des PME. Quel discours leur tenez-vous ?
Michel Meunier :
Votre région détient même une sorte de record national, avec un tissu composé à 98 % de TPE. C'est peut-être une force en situation de crise. Si vous n'avez que 1 000 clients et que vous en perdez 1 %, cela fait moins mal que si vous en aviez 10 ou 100 fois plus ! Il faut désormais accompagner ces TPE, comme le fait le CJD, vers une plus forte création d'emplois. L'ennui est que les élus ne connaissent pas vraiment la réalité économique de leur territoire. Seuls 28 % des 160 Mds € que représentent les marchés publics reviennent aux TPE, alors que l'essentiel profite aux grands groupes. Certes, ces derniers sous-traitent, mais la crise montre que les PME sous-traitantes sont souvent des variables d'ajustement.

Propos recueillis par Anthony Rey

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Légende: Michel Meunier

Crédit photo: CJD

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