Aéroport de Montpellier : les collectivités pressent l'État d'agir

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La Région, le Département de l'Hérault et l'Agglo de Montpellier ont réclamé, lors d'un point presse commun tenu le 2 décembre, d'avancer la cession de l'aéroport, fixée pour l'heure à 2012.

Fait rarissime, le Conseil régional Languedoc-Roussillon, le Conseil général de l'Hérault, et Montpellier Agglomération ont fait table commune à l'Hôtel de Région, vendredi 2 décembre 2011, pour exiger la cession immédiate de l'aéroport de Montpellier, au lieu de reporter la décision à l'après-présidentielles de 2012.

En septembre 2011, l'État, actionnaire majoritaire de la société aéroportuaire à hauteur de 60 %, a en effet choisi de repousser la vente de ses parts, après avoir pourtant annoncé son intention de privatiser les aéroports de Bordeaux, Montpellier, Lyon et Toulouse au printemps dernier.

Christian Bourquin, président de Région, a raillé le ton d'un courrier du gouvernement, daté du 14 novembre 2011, selon lequel « cette adaptation du calendrier doit permettre d'engager un dialogue approfondi entre l'État et les partenaires locaux ».

« L'absence de décision masque la volonté de relancer la piste de la privatisation après les élections présidentielles de 2012, déplore-t-il. Ce serait une décision hostile aux territoires que nous représentons. Nous voulons être en décision sur l'aéroport. »

Les trois collectivités territoriales, candidates au rachat des parts de l'État, invoquent les récents contacts noués avec des compagnies aériennes en vue de créer un accueil d'avions basés sur l'aéroport, pour exiger un nouveau calendrier.

« L'État doit être au rendez-vous de l'histoire, qui va de plus en plus vite, observe Jean-Pierre Moure, président de Montpellier Agglomération. On ne pourra pas engager des opportunités telles que des avions basés si nous nous ne rachetons pas ces parts, sans perdre plus de temps. Nous sommes dans des contraintes de rayonnement international, au croisement des axes Barcelone/Lyon et Bordeaux/Gêne. »

La Région, le Département de l'Hérault et l'Agglo de Montpellier réclament donc une nouvelle capitalisation de Montpellier Méditerranée, dont le capital, à ce jour, se répartit entre l'État (60 %), la CCIT de Montpellier (25 %), le Conseil général de l'Hérault (7 %), le Conseil régional (6,5 %), la Communauté de communes du Pays de l'Or (1 %) et Montpellier Agglomération (0,5 %).

« La position de l'État est ambiguë, dénonce Jacques Rigaud, vice-président du Conseil général délégué au patrimoine. En face, les collectivités sont là pour assurer le développement économique de leur territoire. Du temps de la CCI, le Département portait déjà 7 M€ d'investissement sur cet aéroport. Rien que sur 2012, nous allons combler son déficit à hauteur de 510 000 €. »

Parmi les arguments qu'elles invoquent pour anticiper la cession de l'aéroport, les trois collectivités désignent un déficit annuel de 2 M€ qui serait effectif sans leurs aides*. Ce déficit invoqué par les trois collectivités englobe les dépenses globales qu'elles assument au titre de la promotion des flux touristiques, au travers de structures telles que l'Association pour la promotion des flux touristiques et économiques (APFTE).

*: En lecture bilan, le résultat d'exploitation de Montpellier Méditerranée est, en effet, positif et s'élève à 1,2 M€ à fin juin 2011. Selon nos informations, il devrait même atteindre 2 M€ en fin d'année 2011.

Anthony Rey

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Légende : Jean-Pierre Moure, Christian Bourquin, et Jacques Rigaud ont appelé l'État
Crédit photo : Christine Caville


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