Bouffée d'oxygène pour la filière photovoltaïque

 |   |  616  mots
Arnaud Mine, président du SER-SOLER et de l'entreprise héraultaise Urbasolar, réagit à l'annonce des mesures de soutien à la filière photovoltaïque faites par Delphine Batho, la ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie, lundi 7 janvier.

La filière attendait les nouvelles orientations du gouvernement sur la question photovoltaïque avec impatience.

Le 7 janvier dernier, Delphine Batho, la ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie, a présenté les mesures d'urgence pour la relance de la filière française, annonçant entre autre le doublement des volumes cibles à 1 000 mégawatts (MW) installés par an contre 500 MW précédemment.

Trois leviers seront actionnés.

Tout d'abord un appel d'offres en 2013 pour les grandes installations photovoltaïques, d'un volume de 400 MW, destiné pour moitié aux technologies innovantes (photovoltaïque à concentration, dispositif de suivi du soleil) et pour moitié aux technologies matures (sur toitures, ombrières).

L'appel d'offres automatique dédié aux installations sur toiture d'une puissance comprise entre 100 et 250 kilowatts se poursuit avec des conditions améliorées, pour un volume global de 120 MW sur un an : outre le prix, l'appel d'offres intègrera désormais un critère d'évaluation carbone du processus de fabrication des modules photovoltaïques.

Enfin, les volumes des petites installations sur toitures (jusqu'a 100 kilowatts) sont doublés, passant de 200 à 400 MW/an, et bénéficient d'une augmentation de tarif de 5 % à laquelle vient se greffer une bonification supplémentaire pouvant aller jusqu'à 10 % en fonction du lieu de fabrication des modules photovoltaïques.

« Nous sommes satisfaits de la majorité des mesures annoncées, commente Arnaud Mine, président de SER-SOLER (branche photovoltaïque du Syndicat des énergies renouvelables) et président d'Urbasolar (Pérols, 34). Doubler les objectifs de volumes, dans cette phase de crise, il faut le saluer, c'est déjà très bien. De même qu'avoir un tarif premium de rachat pour les produits d'origine européenne... Ce sont des mesures d'urgences qui permettront à l'outil industriel de traverser la période à venir jusqu'aux conclusions du débat sur la transition énergétique dont nous espérons qu'elles fixeront un cap ambitieux à la filière photovoltaïque française. »

Il met cependant deux bémols :

« On aurait aimé que ces annonces aient lieu deux mois plus tôt, de manière à ne pas créer de trou d'air pour la profession... Quant à la baisse de 20 % du tarif T5 dédié aux autres installations, elle va notamment impacter l'activité de centrales photovoltaïques au sol ».

Le président de SER-SOLER pointe du doigt l'obligation de raccorder les installations au réseau quand il serait possible de consommer l'électricité produite sur place ou à proximité.

« Si on enlève tous les freins, on peut aujourd'hui développer un marché de masse sans impacter la CSPE (contribution au service public de l'électricité, NDLR), explique Arnaud Mine. Aujourd'hui, on est capable de produire du kWh photovoltaïque à un coût compétitif. Si on pouvait vendre le kWh à des entreprises à proximité, on n'aurait plus besoin d'un tarif réglementé : soit les producteurs peuvent vendre directement l'électricité produite, soit on passe par EDF qui doit alors tarifer sa prestation selon la distance parcourue par le courant. Ce qui serait une gestion intelligente de la production et de la consommation dans une boucle locale. »

Prochaine étape : le débat sur la transition énergétique. Arnaud Mine l'a déjà annoncé :

« Le SER apportera des propositions précises pour la construction d'un nouveau modèle de développement du photovoltaïque dans notre pays ».

Retrouvez notre dossier sur les enjeux de la transition énergétique dans le numéro d'Objectif actuellement en kiosque.

Cécile Chaigneau

Lire également :
Signature du fonds photovoltaïque régional


Légende : Arnaud Mine, président du SER-SOLER (groupement français des professionnels du solaire photovoltaïque au sein du Syndicat des énergies renouvelables) et président d'Urbasolar (34).
Crédit photo : Christine Caville


Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :