Interview : Trois questions à Jean-Michel Buesa, président de la Fédération Régionale des Travaux Publics du Languedoc-Roussillon

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« L'élargissement des sorties de l'A9 ne va rien régler »

Pourquoi la FNTP interpelle-t-elle les pouvoirs publics sur le projet d'aménagement de l'A9 ?
Dans notre métier, tout passe par la route. Aujourd'hui, la part du transport dans nos prix augmente d'année en année. Elle a doublé en cinq ans. Plus il y a de travaux sur la région, plus il y a de camions qui circulent. Plus il y a de difficultés pour eux à circuler, plus il y en a qui se surajoutent. C'est un cercle vicieux dont nous devons sortir. D'autant que nous avons un problème évident de sécurité vu le nombre d'hommes que nous avons sur les routes : 1 500 en permanence sur l'ère de Montpellier. Le moindre chantier nécessitait 10 semis pour évacuer la terre, il en faut désormais 15 ! En raisonnant par l'absurde, nous sommes devenus plus des transporteurs que des entrepreneurs.
 
Le projet d'élargissement des sorties de l'A9 avant de lancer un dédoublement sur une section de 12 km vous convient-il ?
Le dédoublement tel qu'évoqué à l'origine était peut-être trop ambitieux. Nous avons aujourd'hui une solution intermédiaire... L'élargissement est une bonne solution pour la congestion de trafic matinal, mais pour nous, il ne règle rien par rapport aux problèmes que je vous exposais. Nous ne sommes pas des spécialistes, donc nous ne nous immiscerons pas dans un débat que nous ne maîtrisons pas, mais nous disons qu'il faut aller vite. Il faut faire le dédoublement le plus rapidement possible.
 
En début d'année, la FNTP interpellait aussi les collectivités en leur demandant de maintenir leurs commandes auprès des professionnels du secteur. Où en être-vous ?

Le recensement des 10 000 projets annoncés ou en cours au plan national en dénombrait un millier environ pour le Languedoc-Roussillon. En ce début septembre, nous recensons à nouveau auprès des donneurs d'ordre pour voir ceux qui ont été lancés ou pas. En attendant les chiffres officiels, mon ressenti est que même si les carnets de commandes sont un peu bas, la situation n'est pas catastrophique. Un bon nombre de chantiers sont confirmés, malgré une conjoncture plus tendue qu'il y a trois ans.

Photo : Jean-Michel Buesa

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