Interview de Lamine Gharbi, président de la Fédération Hospitalière Privée du Languedoc-Roussillon (FHP-LR)

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« L'État ne respecte pas ses engagements »

En quoi réside le conflit qui vous oppose au ministère de la Santé ?
Il découle de la différence de rémunération entre des actes médicaux identiques. Les tarifs des prestations payées au secteur privé sont inférieurs de 40% en moyenne à ceux payés au public. Nous sommes prêts à faire des efforts d'optimisation, mais nous voulons avoir des moyens complémentaires, c'est-à-dire l'alignement des tarifs entre public et privé. Or Mme Roselyne Bachelot a barré d'un trait de plume cette convergence, pourtant inscrite dans la loi de 2002 établissant la tarification de l'activité. L'Etat ne respecte pas ses engagements, alors que de notre côté, nos efforts se sont déjà traduits par des restructurations dans le privé, c'est-à-dire des regroupements d'établissements. Le nombre de cliniques à Béziers est passé de sept à trois en quelques années.... Le comble, c'est que les Français pensent encore que le privé est plus cher que le public ! Sans doute avons-nous mal communiqué jusqu'ici. Nous venons de faire paraître dans la presse une lettre ouverte à Nicolas Sarkozy à ce sujet

Comment le ministère justifie-t-il cette différence de tarifs ?
Ils ne savent pas expliquer les coûts. J'observe que dans le privé, 37% du personnel sont des soignants, contre 17% à peine dans le public, qui se répartissent entre administratifs, agents techniques, etc. Cela ne me dérange pas, mais faut-il financer ces salariés sur le budget de la Sécu ? Un mécanisme de type RSA devrait être trouvé.

L'alignement que vous proposez soulagerait-il le déficit de la Sécu ?
S'il y avait un alignement sur le secteur le plus efficient, les comptes seraient plus équilibrés. La tarif unique, c'est notre slogan, mais c'est aussi ce que stipule la loi. Hélas la crise nous pose un problème de manque de cotisations, qui ne va pas arranger les choses. De plus, les hommes gagnent trois mois d'espérance de vie en plus chaque année, et il leur faut des soins. C'est donc aussi un déficit structurel qui augmente chaque année.

Quel impact tout cela aura-t-il sur le projet de loi de financement de la Sécu pour 2010 ?

La récente loi Bachelot sur les hôpitaux a acté que la convergence se ferait non pas en 2012 comme cela était prévu, mais en 2018. Or, Mme Bachelot a pris cette décision au nom des députés, sans qu'ils soient consultés. Ils pourraient ne pas apprécier et exiger qu'un moyen terme soit trouvé, entre 2012 et 2018.

Photo: Lamine Gharb

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