L'UPE 30 demande la mise sous tutelle de la CCI de Nîmes

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Flanqué de son avocate, le président de l'UPE 30 Éric Giraudier a vivement réagi, le 17 mars, au vote par la chambre consulaire d'un budget en déficit de 1,7 M€. Le président de la CCI Henry Douais réserve sa réponse (mise à jour).  

La hache de guerre n'est pas prête d'être enterrée... Entre Henry Douais, président de la CCI de Nîmes (30), et son prédécesseur Éric Giraudier, candidat malheureux de l'UPE 30 en 2012, aucun terrain d'entente ne semble possible.

Éric Giraudier a demandé à la préfecture du Gard, lors d'une conférence de presse organisée lundi 17 mars, de placer la chambre de commerce sous tutelle.

Fin février, Henry Douais a expliqué, en marge d'une précédente conférence de presse, que la CCI avait été contrainte de voter un budget en déficit de 1,7M€, un budget par ailleurs en baisse de 21,9M€ à 20,1 M€.

« Baisser nos charges aurait signifié baisser nos services aux entreprises et se séparer de personnel, avait-il expliqué. Mais ne comptez pas sur moi pour cela. »

« La CCI se repose sur des équipements qui ont généré du déficit, tonne Éric Giraudier. C'est un déficit de fonctionnement qui est scandaleux de la part de chefs d'entreprises. Il y a une perte totale de crédibilité et une incapacité à gérer l'institution consulaire. Son existence même est menacée. »

En période de réserve pour cause électorale, la préfecture ne peut se prononcer sur le dossier.

Henry Douais qui, en février, avait évoqué une invitation à Éric Giraudier pour parler d'une même voix au sujet d'une situation grave, due selon lui à une volonté de l'Etat de rediriger moins de crédit vers les CCI, préfère à ce jour rester muet et devrait s'exprimer mardi 25 mars sur le sujet, lors d'une rencontre mensuelle avec la presse.

En marge de ces réquisitions, la justice a rendu un nouveau jugement dans les multiples procès opposant Éric Giraudier à l'équipe en poste à la CCI et ses actuels dirigeants : Vincent Martin, DG de la CCI, et la chambre en tant que personne morale ont été condamnés lundi à verser 5 000 € d'amende chacun et 10 000 € solidairement, à Éric Giraudier qui les poursuivait pour dénonciation calomnieuse. Une décision qui n'est pas faite pour arranger l'équilibre budgétaire de la CCI...

Thomas Tedesco

MAJ du 18 mars: La CCI dénonce "un acharnement d'un autre âge"

Après la parution de notre article, Henry Douais, président de la CCI de Nîmes, a diffusé un communiqué dans lequel il dénonce, chez ses accusateurs de l'UPE 30 "l'objectif, purement politique, de nuire à la crédibilité de la stratégie de la CCI Nîmes et de déstabiliser son personnel, dans un contexte extrêmement difficile pour les entreprises".


"Ces propos sont inacceptables et témoignent d'un acharnement d'un autre âge à briser la dynamique que la CCI Nîmes a retrouvée, écrit-il. Les restrictions budgétaires décidées par l'Etat (loi de finances 2014) n'épargne pas le réseau national des Chambres de Commerce et d'Industrie avec une diminution de 20% des ressources fiscales. En Languedoc-Roussillon, les CCI perdent ainsi 13,5 millions d'euros sur un budget annuel de 54,7 millions d'euros. Dans ce contexte, le budget voté le 27 février 2014 par les élus de la CCI Nîmes, en présence de la tutelle, est conforme et s'appuie sur les directives de la circulaire de Bercy du 20 décembre 2013 qui autorise le réseau consulaire CCI France et donc les CCI du Languedoc Roussillon à voter un budget déséquilibré, le financement des investissements étant alors réalisé par prélèvement sur leur fonds propres. La CCI Nîmes va recevoir dans les prochains jours le rapport définitif du Contrôle Général Economique et Financier (CGEFI, service de Bercy chargé du contrôle des chambres consulaires), le rapport provisoire ayant déjà témoigné de la saine gestion de notre CCI. Les élus de la CCI Nîmes ont su établir pour 2014 un budget qui ne remet en rien en cause la stabilité financière de la CCI Nîmes, contrairement à ce que veut faire croire le MEDEF/UPE 30 en demandant la mise en place d'une commission provisoire."


Henry Douais a maintenu son point presse du 25 mars, durant lequel il répondra plus en détail aux allégations d'Éric Giraudier.

Légende : Le président de l'UPE 30 Éric Giraudier, et son avocate Me Hélène Mordacq.
Crédit photo : Thomas Tedesco

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