L'université unique ne se fera pas au 1er janvier 2012

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Selon plusieurs présidents d'université, l'Initiative d'Excellence complique le processus de fusion en cours dans le cadre du Plan Campus. L'université unique pourrait ne pas aboutir avant... 2013.

Lors d'une récente interview au site Hautcourant, le président de l'Université de Montpellier I (UM1), Philippe Augé, a indiqué que la date prévue pour la fusion des trois universités montpelliéraines, fixée au 1er janvier 2012, ne pourra pas être tenue.

Contacté par Objectif Languedoc-Roussillon, Philippe Augé confirme qu'un report à la fin 2012, voire en 2013, lui paraît probable en raison des difficultés apparues dans le cadre de l'Initiative d'Excellence, qui vise à concentrer les moyens de la recherche et de l'enseignement supérieur sur 5 à 10 sites universitaires français.

« Le processus de fusion a été parasité par la question de l'Initiative d'Excellence et par l'urgence d'y répondre le 7 janvier 2011, sans mentionner les difficultés nées du retrait de l'UM3, explique Philippe Augé. En repoussant à la fin 2012, nous nous donnerons le temps nécessaire pour régler la question de la structure de la nouvelle université, entre le modèle LRU que privilégie l'UM1 et le modèle de grand établissement que défend l'UM2. »

De son côté, Dominique Deville de Périère, présidente du PRES Université Montpellier Sud de France, ne se montre guère surprise par la perspective d'un report de la fusion.

« Il n'y a jamais eu de date écrite, assure Dominique Deville de Périère. Il y avait seulement une date adaptée dès lors que l'outil choisi pour la fusion, le contrat quadriennal, a été signé. Or, l'Initiative d'Excellence a suscité des difficultés qui nous ont mis en retard, si bien qu'il paraît aujourd'hui problématique de tenir cet objectif. »

Il n'en reste pas moins que les trois présidents d'université, divisés par ailleurs sur le mode de gouvernance à instaurer dans le cadre de la fusion, vont devoir rapidement dévoiler leur jeu.

Le contrat quadriennal en cours (2007-2010) touchant à sa fin, les documents préparatoires à la signature d'un nouveau contrat ont été envoyés à chacun d'entre eux.

Les présidents d'université devront, d'ici la fin janvier 2011, y consigner leurs volontés quant à la marche à suivre pour la fusion, en indiquant s'ils veulent en rester aux missions universitaires telles que le PRES les assurait à ce jour ou s'ils optent pour la recomposition du site universitaire.

Le Ministère de l'enseignement supérieur, qui suit le dossier de près, négociera alors avec eux le nouveau calendrier de la fusion.

L'objectif de fusionner les trois universités est une obligation posée dans le cadre du Plan Campus, dont les crédits de l'État pour la seule ville de Montpellier s'élèvent à 325 M€.

Anthony Rey

Consultez notre précédente information sur l'Initiative d'Excellence en cliquant ici.

Légende : Philippe Augé, président de l'Université de Montpellier I, et Dominique Deville de Périère, présidente du PRES Université Montpellier Sud de France.
Crédit photo : Edouard Hannoteaux et UM1


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