Le Medef veut banaliser le recours à la main d'œuvre carcérale

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Signée le 1er février dernier, une convention de partenariat entre le Medef Languedoc-Roussillon et l'administration pénitentiaire va renforcer le recours des entreprises à une main d'œuvre carcérale.

Sur 2 700 détenus en Languedoc-Roussillon, seuls 13% travaillent pour le compte d'entreprises. C'est peu, pour les prisonniers qui souhaitent exercer une activité salariée, et pour les entreprises prêtes à franchir le cap.

« La superficie des ateliers disponibles permettrait de développer encore ces activités. Actuellement, nous sommes à 30% de nos capacités », regrette Georges Vin, directeur interrégional des Services Pénitentiaires de Toulouse.

Fournir du travail aux prisonniers, c'est l'objectif d'une convention signée mercredi 1er février 2012 entre le Medef Languedoc-Roussillon et la direction interrégionale des services pénitentiaires de Toulouse.

Cette première action régionale, qui décline un protocole d'accord national signé en mai 2008, permettra « de faciliter l'insertion professionnelle des personnes placées sous main de justice », en banalisant le recours à ce type de main-d'oeuvre auprès des entreprises.

« En Languedoc-Roussillon, on totalise quelque 45 entreprises clientes : une dizaine sont implantées de façon permanente en milieu carcéral sous le régime de la convention. Les autres font appel à la main d'œuvre carcérale par l'intermédiaire d'un groupement privé », analyse Christophe Usanos, responsable de la section Travail emploi à la Direction Interrégionale des Services Pénitentiaires de Toulouse.

Activités de négoce, imprimerie, fabrication de matériel électrique, agroalimentaire, conditionnement, tri, câblage, etc. Tous les secteurs d'activité sont représentés. Reste à vaincre les réticences, encore nombreuses dans le monde patronal.

« La prison fait peur. Il faut rassurer sur un plan économique, expliquer qu'un détenu occupé, c'est un détenu qui au bout du compte, est plus stable qu'un autre », rappelle Georges Vin, qui insiste sur la loi pénitentiaire de 2009. Le législateur a prévu en effet une « obligation d'activité » en prison, dès lors que cette dernière a « pour finalité la réinsertion ».

« Il faudra vaincre les réticences, mais le dispositif est en marche », se réjouissait mercredi le délégué général du Medef LR, Jean-Michel Vincent. Le syndicat, qui dispose dans la région d'un portefeuille de 2 500 entreprises adhérentes, souhaite « s'impliquer de façon extrêmement volontariste dans ce partenariat », rappelait-il.

Des actions sont déjà menées dans l'Aude et les Pyrénées-Orientales. Et dans l'Hérault, l'affaire des TIG de Puimisson a sensibilisé l'opinion publique à la réinsertion par le travail des personnes en privation de liberté.

Idelette Fritsch


Légende : L'administration pénitentiaire Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon chiffre à 3,7 M€ le coût de la masse salariale en prison. En Languedoc-Roussillon, 360 détenus exercent une activité salariée sur 4 établissements disposant d'infrastructures dédiées au travail (les maisons d'arrêt de Béziers et Perpignan et les centres de détention de Béziers et Villeneuve-lès-Maguelone).
Crédit photo : DAP

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