Le marché foncier rural se contracte

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 C'est la crise, et les marchés de l'espace rural n'y échappent pas. La Safer LR présentait, le 4 juin 2013, ses résultats pour l'année 2012. Des chiffres en recul global, qui n'empêchent pas l'opérateur de lancer un plan à trois ans.

D'un point de vue global, le marché foncier recule : en 2012, ce sont près 24 000 ha qui ont été cédés en région (548 M€). Sur ces espaces vendus, 52,4 % relèvent du marché agricole (terres et prés, vignes et cultures spéciales), 14,5% du marché forestier, les 33 % restants étant issus du marché non agricole (espaces artificialisés, résidences et loisirs, landes, étangs, friches).

L'ensemble de ces marchés est en recul : le marché non agricole se replie de 12 % en valeur, mais reste stable en surface (+1,65%). Cela s'explique par un processus d'artificialisation qui progresse de 18 % en surface.

Le marché agricole voit sa surface diminuer de 6, 23 %, étant donné l'orientation à la baisse du marché des vignes et des terres. En revanche, les cultures spéciales, affichent une montée en puissance, qui permet au marché agricole de conserver une certaine stabilité. Le marché des forêts est, lui aussi, en forte baisse : l'an dernier, le chiffres avaient été dopés par de nombreuses ventes, qui n'ont pas eu lieu en 2012.

Enfin, le prix des terres moyen (ils varient d'une terre à l'autre, notamment pour les terrains viticoles) est en diminution : - 10 % dans l'Aude, - 4% dans le Gard, idem dans les Pyrénées-Orientales, et - 11% en Lozère. Seul le département de l'Hérault, affiche une certaine stabilité : - 1% pour l'année 2012.

« Le problème, c'est que le foncier ici est très compliqué, analyse Dominique Granier, le président de la Safer LR. D'abord la pression démographique est plus élevée qu'ailleurs, ensuite, on construit beaucoup plus d'infrastructure, et enfin, notre foncier est le plus éclaté de France : nous sommes un pays de petites terres, de propriétaires. »

La Safer (82 M€ chiffre d'affaires en 2012) a également profité de cette présentation pour annocenr ses « ambitions 2016 ». Des projets portés à trois ans, pour pouvoir coller aux objectifs, et les réajuster si nécessaires.

« Nous avons trois ambitions majeures », indique Frédéric André, le directeur général de la Safer LR. "La première : favoriser la transparence et le dialogue avec les décideurs. La seconde concilier les exigences agricoles et les exigences environnementales. Enfin, accroitre la compétitivité rurale."

« La question principale, c'est qui portera le foncier rural demain ? Les collectivités ? Des investisseurs étrangers ? », interroge Dominique Granier, qui milite pour la mise en place d'un fonds de compensation régional pour corriger la baisse de l'espace agricole.

Amandine Ascensio

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Légende : Dominique Granier, et Frédéric André, lors de la présentation des chiffres 2012 de la Safer.
Crédit photo : Amandine Ascensio

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