Les Espagnols lancent le TGV en direction de la France

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Depuis le 9 janvier, les voyageurs rallient Barcelone à grande vitesse, depuis Figueras, Perpignan et Montpellier (deux fois par jour). Ce lancement préfigure le grand corridor ferroviaire méditerranéen.

2 375 passagers ont emprunté le nouveau TGV espagnol au premier jour de l'inauguration, le 9 janvier dernier, dont 375 prolongeant le voyage vers ou depuis Madrid.

Une timide adoption par les catalans de cette nouvelle ligne, qui permet de rallier Barcelone depuis Figueras en 53 minutes.

Elle place Perpignan à 1h32 (35,60 €) de la gare de Sants et Montpellier à 3h11 (56,10 €) à condition de changer de train à Figueras Vilafant.

Côté espagnol, les opérateurs touristiques sont en ordre de bataille pour exploiter à fond ce nouveau vecteur ferroviaire qui met la Costa Brava (Gérone, Figueras) à quatre heures de Madrid.

Ramon Ramos, le directeur, a annoncé la mise en place de produits touristiques spécifiques segmentés sur la culture, la gastronomie et la nature du Haut Emporda et de la Côte.

Il cible aussi la clientèle française même si la nouvelle offre ferroviaire transfrontalière reste modeste : deux liaisons par jour pour parcourir en 53 minutes les 131 kilomètres de ce nouveau sillon à 4,7 Mds € (gares et grands ouvrages compris, dont le fameux tunnel barcelonais sous la Sagrada Familia).

RENFE et SNCF promettent du mieux pour ce printemps : 4 liaisons par jour en avril et le double avant l'été, dés que les voitures françaises et espagnoles seront techniquement homologuées pour circuler indifféremment dans les deux pays, mettant fin au changement de Figueras.

« Incontestablement l'Espagne ouvre une porte sur l'Europe. Nous espérons que cette infrastructure incitera les entreprises espagnoles à venir s'installer à Perpignan, compte tenu de ce rapprochement » explique Jean Marc Pujol, le maire UMP de Perpignan, enthousiaste même si les élus français n'ont pas été invités à l'inauguration.

La mise en service de « ces rails de la prospérité » (dixit Mariano Rajoy, le Premier ministre espagnol) déplace la pression côté français avec la nécessité inscrite dans le paysage de forger le chaînon manquant Montpellier-Perpignan sur la carte du projet.

La mise en service serait possible en 2020 à condition de trouver 8 Mds € pour un trafic mixte frêt-voyageurs.

« On peut pas imaginer qu'un chaînon puisse continuer à manquer entre Paris, Barcelone et Madrid. L'Espagne par sa longueur, la France pour sa fréquentation ont les meilleurs réseaux ferroviaires d'Europe », s'époumone Christian Bourquin, président de Région du Languedoc-Roussillon, qui veut cette ligne à grande vitesse à tout prix, y compris en changeant localement les paramètres de la grande vitesse.

Dans un monde idéal, en fin de chantier, Barcelone serait alors à 4h30 de Paris et à moins de 2h de Montpellier.

Christian Goutorbe

Légende: la mise en route définitive de la LGV avec Barcelone est prévue pour juin ou juillet 2013.

Crédit photo: SNCF

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