Les taxis se mobiliseront contre le low cost le 1er mars

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La profession proteste contre l'apparition d'une nouvelle catégorie d'opérateur de transport, source selon elle de concurrence déloyale. Easy Take va notamment s'implanter à Nîmes et Montpellier.

La création et le développement de la société Easy Take en Avignon (84) en 2010 cristallise le mécontentement des taxis de la région.

Spécialisée dans le transport de personnes à bas prix, 24 heures sur 24, Easy Take affirme pratiquer des tarifs de 30 à 50 % moins chers que la moyenne du marché selon le nombre de kilomètres parcourus.

L'entreprise prévoit de s'implanter à Nîmes (30) fin février 2011, puis à Montpellier (34) début mars 2011.

Esay Take profite de l'adoption en 2009 d'une nouvelle loi portant sur le développement la modernisation des services touristiques.

Le décret d'application de cette loi, en date du 27 juillet 2010, prévoit la création d'un nouvel opérateur de transport de moins de neuf places, le « véhicule de tourisme pour le transport de personnes ».

Ce nouvel opérateur visait à remplacer les « véhicules de grande remise », une catégorie de taxis haut de gamme peu développée en dehors de Paris et de l'Île de France.

« C'est en profitant de ce nouveau statut qu'Easy Take a pu se développer dans le Vaucluse, un département très touristique, déplore André Garcia, président de la Fédération des exploitants taxi de l'Hérault (FETH). Elle travaille avec des véhicules de tourisme sans faire de tourisme. Le décret n'est pas correctement appliqué. »

La Fédération nationale des artisans du taxi, qui englobe la FETH, a réuni vendredi 11 février 2011 à Nîmes une trentaine de cadres issus de ses bureaux dans onze départements du Grand Sud.

Le principe d'une grande manifestation a été arrêté pour le 1er mars 2011.

Au départ du Zénith de Montpellier, elle rejoindrait Nîmes, où un blocage de la ville est prévu, avant d'atteindre Avignon.

Easy Take, qui fait l'objet d'une plainte pour concurrence déloyale déposée en 2010, se dit confiante sur la suite des évènements.

« Le tribunal de grande instance d'Avignon a déjà tranché une première fois en notre faveur, indique Johanna Gryczynski, porte-parole d'Easy Take. Nous attendons sereinement la décision de la Cour d'appel de Nîmes, qui doit se prononcer en mars prochain. Nous ne faisons pas de concurrence déloyale car nous ne sommes pas positionnés sur le même créneau que les taxis. »

Easy Take a créé 70 emplois en Avignon depuis 2010.

Anthony Rey


Légende : Les chauffeurs de taxi prévoient de se mobiliser en masse le 1er mars 2011.
Crédit photo : FETH

MAJ du 21 avril 2011

La tension ne retombe pas entre les protagonistes de l'affaire.


Dans un communiqué daté du 15 avril 2011, Easy Take annonce qu'elle est à nouveau immatriculée auprès d'Atout France.


"Notre demande de licence auprès du Ministère du tourisme a été acceptée, précise la société. Cette autorisation étant effective depuis le 5 avril 2011, nous assurons à nouveau les transports d'une seule personne depuis le lundi 18 avril."


À l'occasion d'une réunion de crise organisée le 21 avril, la Fédération des exploitants taxi de l'Hérault a déploré que les rendez-vous pris auprès du gouvernement suite à la mobilisation du 1er mars 2011 tardent à se concrétiser.


"La loi sur les véhicules de tourisme avec chauffeur n'est toujours pas modifiée et Easy Take continue à concurrencer en toute illégalité les professionnels du taxi, dénonce la FETH. De plus, des responsables de cette société se sont rendus coupables d'agression caractérisée à l'encontre d'un artisan taxi."


De son côté, Robert Navarro, vice-président du Conseil régional, affiche sa solidarité avec les taxis.


"Le groupe des élus socialistes et apparentés apporte son soutien aux revendications légitimes de la Fédération des Exploitants Taxi de l'Hérault, indique Robert Navarro dans un communiqué du 21 avril. D'ailleurs en condamnant une société de taxis à bas prix pour « concurrence déloyale », la Cour d'Appel du Vaucluse conforte les artisans taxis dans leurs revendications. Nous constatons que malgré des promesses gouvernementales, la situation reste, pour l'heure, inchangée. Nous demandons encore une fois au gouvernement d'engager une négociation globale afin de garantir une concurrence loyale entre tous les acteurs du transport de moins de dix personnes".


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