Les travaux publics pourraient perdre jusqu'à 3 000 emplois

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 Selon Olivier Giorgiucci, Président de la FRTP LR, les grands chantiers du doublement de l'A9 et de la LGV Nîmes-Montpellier sont insuffisants pour compenser la chute des commandes publiques.

Les retombées des chantiers du doublement de l'A9 et du contournement ferroviaire Nîmes-Montpellier sont-elles à la hauteur de vos attentes ?

Olivier Giorgiucci : L'attente, qui était forte autour de ces chantiers, n'était pas justifiée. Les entreprises en capacité de répondre à ces appels d'offre ont toutes des filiales grands travaux dédiées. Elles ne font appel aux sociétés locales que pour les appuyer au quotidien, généralement sur des petites opérations ou des parties annexes. ASF (pour l'A9, NDLR) et Oc'Via (pour le CNM, NDLR) vont tenir l'engagement de confier 20 % des travaux aux PME locales, mais elles ont du mal à atteindre ce seuil pour toutes ces raisons. Elles doivent tout comptabiliser pour y arriver, comme les fournitures, etc. Mon principal souci se situe plutôt du côté des collectivités, car nous dépendons à 70 % de la commande publique.

Certains chantiers, de ce côté-là, sont pourtant budgétés depuis des mois. Y a-t-il un problème d'exécution de ces budgets chez certaines collectivités ?

Olivier Giorgiucci : Exactement. Ces budgets ont été votés en mars, avant les élections municipales. Or les projets de chantiers dans les cartons, qui étaient prêts à sortir, sont aujourd'hui gelés car les collectivités anticipent une baisse des dotations de l'État. Je dis à ces élus : « Ne dîtes pas que vous n'avez pas de budget. Vous l'avez puisque vous l'avez voté. À vous de sortir les chantiers ». Chez les équipes qui étaient déjà en place, j'observe qu'elles ne consomment que 80 % de leur budget, sans aller au bout, car elles doivent en plus intégrer des dépenses imprévues comme celles de la réforme scolaire, qu'elles ont l'obligation d'assumer.

Quelles actions prévoyez-vous dans les prochains mois ?

Olivier Giorgiucci : La question qui se pose aux PME des travaux publics, désormais, est celle de l'adéquation de leur outil de production à la chute des carnets de commande (une estimation récente de la FRTP LR chiffre entre 600 et 3 000 les emplois détruits d'ici 2017 en raison de cet ajustement, NDLR). Du coup, je fais le tour des départements, hier le Gard et l'Aude, bientôt les P.-O., pour relayer mon message. De même, lors de notre AG prévue le 12 novembre, nous inviterons les trois plus grosses Agglos de la région, qui comptent parmi les plus gros donneurs d'ordre, pour les entendre à ce sujet. Le FRTP subit une forte pression de ses adhérents pour manifester dans la rue, mais selon moi, ce n'est pas judicieux. Pour l'instant.

Propos recueillis par Anthony Rey

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Crédit photo : FRTP LR

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