Les ventes de logements neufs en retrait de 52 % au 3e trimestre

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Le rendez-vous trimestriel de la Fédération des promoteurs immobiliers confirme la morosité ambiante : les ventes dans le neuf chutent de 52 %. La part des investisseurs baisse également, de 72 à 50 %.

Alors qu'il manque un million de logements en France, dont 70 000 en Languedoc-Roussillon, le repli de l'activité du secteur régional de la promotion immobilière se poursuit au 3e trimestre 2012, suivant une tendance nationale.

« Les ventes de logements neufs ont baissé de 31 % en France au 3e trimestre 2012, et de 52 % en Languedoc-Roussillon avec 810 ventes, déclare Xavier Bringer, président de la Fédération des promoteurs immobiliers de la région, lors d'un point presse organisé le 20 novembre dernier. Depuis le début de l'année, les ventes sont en baisse de 45 %, soit - 38 % pour l'agglomération de Montpellier, - 57 % pour celle de Perpignan et - 63 % pour celle de Nîmes. Si l'on considère que la construction d'un logement pèse deux emplois, la diminution de plus de 3 500 ventes sur la région va entraîner une perte de 7 000 emplois dans le bâtiment entre 2013 et 2015. »

Dans une région historiquement plus marquée par une importante part de ventes en investissement locatif, les modifications réglementaires des dispositifs fiscaux ont creusé un trou.

« Des résultats dus de manière évidente au décret du 5 mars 2012 qui a donné des valeurs absurdes au marché avec un plafonnement des loyers à 2 100 €/m2 habitable dans les zones B2 (Béziers, Nîmes, Perpignan, Narbonne - NDLR) », regrette Xavier Bringer.

404 ventes à investisseurs ont été enregistrées en région ce 3e trimestre, soit une baisse de 67 % (avec une mention spéciale pour Nîmes où elle baisse de 96 %), ramenant la part des ventes à investisseurs de 72 à 50 % par rapport au 3e trimestre 2011.

Seule la ville de Béziers garde la tête hors de l'eau, avec certes une baisse de 50 % du volume globale des ventes mais une part d'investisseurs qui reste élevée, à 75 %, « un maintien d'activité essentiellement dû à un foncier qui reste moins cher qu'ailleurs, et à un prix de vente moyen de 2 800 €/m2, en adéquation avec la réalité du marché local ».

Avec 75 % des ventes réalisées sur la région de Montpellier, Xavier Bringer souligne « une inégalité flagrante des territoires. C'est comme si on avait donné un fusil mitrailleur à Montpellier et un opinel à Nîmes, Béziers ou Perpignan ! »

« Nous saluons les efforts importants réalisés par les élus de l'agglomération de Montpellier qui expliquent une meilleure tenue de l'activité sur cette zone, ajoute-t-il. Mais il faut redévelopper l'activité sur toute la région, et pour ça, engager une vraie réflexion sur le zonage. »

L'offre commerciale au 1er octobre 2012 se monte à près de 5 000 logements neufs (2 014 sur la région de Montpellier).

Depuis le 3e trimestre 2011, le prix de vente moyen Languedoc-Roussillon a baissé de 7 % en moyenne, avec un prix moyen de 2 976 €/m2 (habitable, hors parking) : 3 638 €/m2 sur la région de Montpellier (- 0,5 %), 2 789 €/m2 à Perpignan (- 5,5 %) et 3 154 €/m2 à Nîmes (+ 2,1 %).

Parmi les solutions envisageables pour sortir le logement neuf de cette récession, Xavier Bringer préconise « un dispositif d'investissement locatif applicable sur l'ensemble des zones B1 et B2 ».

« Et on attend que le gouvernement se positionne vite sur les plafonnements de loyers et le zonage, ajoute-t-il. Mais aussi une mise en vente accrue de terrains à prix raisonnés et un arrêt des péréquations entre les différentes utilisations des logements afin que chaque segment de production soit économiquement viable ».

Cécile Chaigneau

Chiffres Adéquation

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Légende : La part des ventes à investisseurs est passée de 72 à 50 % en région.
Crédit photo : Christine Caville


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