Montpellier 2040 : un projet urbain pour « re-cycler la ville »

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Le 4 novembre, les 2e Assises du projet urbain Montpellier 2040, initié par la mairie et piloté par les urbanistes italiens Bernardo Secchi et Paola Vigano, ont dévoilé une liste d'actions possibles pour les décennies à venir.

« Montpellier a gagné 100 000 habitants entre 1962 et 2012, déclare Hélène Mandroux en préambule à cette nouvelle étape de la démarche prospective engagée par la Ville en 2012. Cette croissance démographique est une richesse, mais il ne faut pas créer de villes inhumaines. Il faut réfléchir comment accueillir ces hommes et ces femmes en préservant la qualité de vie. »

Le projet urbain Montpellier 2040, piloté par les urbanistes italiens Bernardo Secchi et Paola Vigano, et dont l'ambition est de dessiner une vision de la ville pour les prochaines décennies, tenait ses 2e Assises le 4 novembre au Corum à Montpellier.

Une étape qui vient après la mise en place de promenades urbaines, ateliers, séminaires et débats où ont été conviés les Montpelliérains, et qui a délivré un diagnostic pointant les atouts et les faiblesses de la ville, et constituant une sorte de réservoir d'idées d'actions à mener.

Un diagnostic que le maire de Montpellier remet en perspective dans son contexte : « Nous devons faire face à de nouveaux défis : des capacités financières des collectivités territoriales qui diminuent, le changement climatique, les ressources qui se raréfient, le coût de l'énergie qui croît, une population en précarisation, la solidarité intergénérationnelle, etc. ».

« Il ne s'agit pas de faire de l'électoralisme, mais de réfléchir à une ville durable, ajoute-t-elle. Nous nous servirons de ce projet pour les futurs Scot et Plu (Schéma de cohérence territoriale et Plan local d'urbanisme, NDLR)... On ne peut pas faire du pointillisme. Une ville, ce n'est pas des quartiers les uns à côté des autres ! »

« Ce que nous proposons, c'est une vision guidée par une idée : la ville ressource renouvelable », déclare Paola Vigano.

« Depuis 30 ans, il y a à Montpellier un projet très visible, celui de la reconquête du Lez, rappelle Michaël Delafosse, adjoint à l'urbanisme. Mais il reste beaucoup à faire sur le reste de la ville... Nous ne pouvons plus accepter d'étalement urbain. »

Désormais, la ville doit donc grandir sur elle-même. Plusieurs axes sont proposés par les urbanistes italiens : bâtir une ville-parc, dessiner la ville par l'espace public (avec notamment la reconquête des espaces du quotidien), et re-cycler la ville.

Lors de ces 2e Assises, plusieurs exemples possibles de recyclages urbains ont été présentés : relier Alco et La Paillade par l'aménagement d'espaces publics, aménager les berges du Verdanson et en faire un lieu de promenade dans la ville. Ou encore relier la périphérie de la ville, par exemple la zone de la Restanque, à son centre.

« Notre projet consiste à construire une vision, à conter comment la ville pourrait évoluer, explique Bernardo Secchi. Il faut mobiliser les imaginaires collectifs. Et se poser la question de la faisabilité. »

Le projet urbain Montpellier 2040 sera présenté lors du conseil municipal du 16 décembre prochain, où il sera mis en débat. Un préalable avant sa mise en œuvre.

À la veille des élections municipales, et donc d'un éventuel changement d'équipes, la maire actuelle espère que « les élus suivants seront suffisamment intelligents pour continuer de travailler sur les prospectives de Paola Vigano et Bernardo Secchi ».

Cécile Chaigneau

Lire également :
Montpellier 2040 : bilan à mi-parcours

Légende : Reconquérir les espaces du quotidien, tel est l'un des axes principaux préconisés par les urbanistes pour re-cycler la ville.
Crédit photo : Ville de Montpellier


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