Retranscription du Club de l'Eco du 3 février 2011 - 3

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M. Franck Proust
Pour les chefs d'entreprises, c'est très important, puisqu'au niveau de l'aéroport il y a tout de même une activité industrielle importante qui se développe et qui va se développer. Néanmoins, toutes ces études montrent que cet aéroport a des difficultés en termes de viabilité dans les 3 à 4 ans qui viennent. Après, avec l'évolution démographique, nous devrions mieux nous porter, mais tout de même la vérité m'oblige à dire que nous sommes en danger.
Je rejoins Mme François Dumas : si nous n'accélérons pas la conception d'un aéroport commun, régional Montpellier-Nîmes, je prends les paris — et je l'ai déjà dit — que, à 10 ou 15 ans, le risque est de ne plus avoir d'aéroport en Languedoc-Roussillon, parce que ni Montpellier ni Perpignan, ni Béziers ni Nîmes n'auront eu une importance permettant de concurrencer Marseille, Toulouse, ou Gérone, même si Gérone est maintenant un peu en difficulté par rapport à Barcelone. Aujourd'hui, le risque est de voir disparaître des structures qui ne seront plus viables économiquement. Par conséquent, il faut déjà sauver l'aéroport de Nîmes. À ce propos, il est vrai que le départ de l'armée est tout de même un « sale coup », je le dis et je le répète.

Mme Gwenaëlle Guerlavais
Ils partent cet été.

M. Franck Proust
Les collectivités, toutes couleurs politiques confondues, ont bien pris conscience que, aujourd'hui, il y avait un enjeu économique de territoires au travers de cet aéroport, mais derrière il faut aller travailler — et je sais que Mme Françoise Dumas partage cet avis — sur la conception d'une infrastructure commune : que Nîmes soit peut-être la deuxième piste ou se spécialise vis-à-vis de destinations low cost ou que Montpellier garde le monopole des fréquences avec Paris et du trafic international, mais je crois véritablement qu'il va de l'avenir des structures aéroportuaires dans le Languedoc-Roussillon d'avoir une plateforme commune entre Montpellier et Nîmes.
Après, concernant les autres, à mon avis, Perpignan est plutôt mal placé par rapport à l'Espagne, Béziers et Carcassonne sont tout de même excentrés, et nous avons un rôle à jouer, parce que ni Marseille ni Montpellier ne peuvent construire d'autres pistes. Donc, automatiquement, à l'aéroport de Nîmes, lorsqu'on discute avec des Irlandais ou un certain nombre de touristes qui arrivent dans notre région, le fait d'atterrir à Nîmes les fait rêver — même s'il est vrai que quand on prend un vol low-cost, on ne s'attend pas à atterrir sur des grandes destinations ou des grandes métropoles — et évoque déjà la lavande, la Provence, et tout ce qui peut s'ensuivre.

Mme Gwenaëlle Guerlavais
Pourriez-vous dire un mot sur le TGV ? En effet, il s'agit d'un projet structurant qui devrait arriver, on ne sait pas encore bien où, mais...

M. Éric Giraudier
Je vais essayer de dire un mot sur l'aéroport, puis je vais essayer « d'atterrir » rapidement, et je vais essayer d'être plus concret. Je suis en contact avec des entreprises au quotidien — c'était le cas encore hier —, qui souhaitent s'installer, et il y a quelques fondamentaux que je vais rappeler.
En ce qui concerne l'aéroport, je suis pour depuis longtemps, nous avons travaillé sur ce point à différents niveaux et avec différents organismes et organisations, et je n'y reviendrai pas.
J'observe aujourd'hui qu'une plateforme low cost qui s'appelle MP2 est basée à Marseille. Ils n'ont pas attendu quoi que ce soit ; c'est une métropole, une grande ville, et ils sont déjà bien équipés dans ce domaine. Pardon de raisonner toujours en termes d'avantages concurrentiels, ou en termes de force/faiblesse, mais j'ai du mal à nier certaines réalités.
J'ai plutôt envie d'atterrir et de m'interroger sur les emplois de 2020, 2030. C'est aujourd'hui qu'ils se construisent. Or, lorsque j'étais à une réunion de vœux en zone industrielle, lundi dernier, lorsqu'il y a des problèmes de haut débit, lorsqu'il y a des soucis d'accessibilité dans certaines zones — je pense à Saint-Cézaire —, ce sont de vraies problématiques. Un chef d'entreprise veut pouvoir accéder à ce qu'il veut, il veut avoir une superficie et avoir du haut débit. Alors, il est certain que les entreprises et les emplois de 2020, 2030, ce sont les entreprises que nous allons installer maintenant. Demain se construit aujourd'hui. Encore une fois, ce sont des questions qui me sont posées au quotidien. Ce sont des préoccupations quotidiennes des entreprises, et concernant cette notion de concurrence ou d'attractivité des territoires, si vous regardez Paris et les zones industrielles de Carros à Nice, vous pouvez vous installer à Marseille, à Montpellier, etc., et il y a deux ou trois critères qui vont faire votre choix en implantation d'entreprise. Ça, c'est un premier point, et je suis d'accord avec le fait qu'il faut donner une dimension plus large, et que, sans doute, une commune, un canton, une Communauté d'agglomération, c'est déjà une échelle trop petite. En termes d'agence de développement économique, il est évident que, pour notre territoire, nous avons besoin d'une agence de développement économique départementale. C'est le niveau minimum. Ces éléments-là sont concrets, parce que je discutais avec des chefs d'entreprises du Gard rhodanien. Vous êtes d'un côté du Rhône, vous avez une structure qui est capable sur le département quasiment de vous apporter les réponses, de mettre autour de la table tous les interlocuteurs voulus. Ces chefs d'entreprises me disent : « Lorsqu'on vient du côté rive droite du Rhône, on n'y arrive pas. » Ce sont des éléments importants et ce sont des choix d'entreprise au quotidien. Il faut faire attention entre les chimères, la réalité et ce que les entreprises attendent vraiment.

Mme Gwenaëlle Guerlavais
Cette vision est intéressante, car il s'agit de se demander ce dont les chefs d'entreprises ont besoin pour s'implanter. Certaines fois, cela peut être plus concret qu'uniquement l'aéroport.

M. Franck Proust
Mais si l'on ferme l'aéroport demain, comment sauve-t-on les 700 emplois qui sont sur la plateforme ? C'est bien beau de créer de l'économie, mais il s'agit déjà de sauvegarder les emplois existants. Lorsqu'on est à des responsabilités, on ne peut pas non plus nier tous ces emplois, que ce soit ceux de TAT, ADF et autres qui sont là, et qui représentent des opérations de maintenance.
Nous parlions d'accessibilité tout à l'heure. M. Éric Giraudier a complètement raison sur l'accessibilité des zones, sur le haut débit. Nous avons une zone qui s'appelle Mitra. L'agglomération investit justement sur des zones avec une lisibilité et des thématiques précises. Mitra est à proximité d'une autoroute et en plus à proximité d'une piste aéroportuaire. Vous rendez-vous compte de l'atout ? Citez-moi une zone dans le Sud de la France qui possède ces atouts-là. Il n'y en a aucune.

M. Éric Giraudier
Je me permets de dire un mot, parce qu'il se trouve que je connais bien les entreprises qui ont été citées. Avec un certain nombre de personnes dans la salle, avec Jean-Marc, nous avons attiré l'attention de l'ensemble des pouvoirs publics et des collectivités, sur les risques liés à l'aéroport, et il y a de cela quelques années. Cela dit, il ne faut pas aller les voir une fois que l'on a « le pare-chocs dans le mur » ; il faut anticiper.

M. Franck Proust
Surtout le pare-chocs quand c'est la Chambre qui nous dit : « On va murer l'aéroport », un beau soir et que l'on est obligé de revendre.

(Applaudissements dans l'assistance).

Mme Gwenaëlle Guerlavais
Restons sur le fond. Pas d'attaques !

M. Éric Giraudier
La grosse différence avec M. Proust, c'est qu'il n'entend pas et que je suis élu. Je n'ai pas de quoi vous faire le chœur dans la salle. Ce qui a été dit est bien entendu faux. Je n'étais pas à la Chambre à l'époque ; en revanche, je vais vous dire que, lorsque la Chambre gérait l'aéroport, il y avait environ 220 000 passagers, et il y en a aujourd'hui 170 000. Ce sont des faits, et je m'en tiendrai aux faits.

Mme Françoise Dumas
Moi aussi, je reçois beaucoup d'entreprises, et le paradoxe réside dans le fait que ce ne sont pas toujours les questions qui me préoccupent là. Ce ne sont pas les zones d'activité qui font les créations d'entreprises. Ce sont les hommes, et ce, tout simplement parce que, quand on parle de Nîmes en 2020, 2030, ce sont les enfants actuels ; ce seront des adultes qui auront besoin de formation, et plus tard, une fois que les entreprises ont réglé leurs problèmes matériels, lorsqu'elles sont en concurrence avec d'autres régions, elles vous posent tout de suite la question de l'emploi, de l'employabilité, des ressources disponibles, et ensuite des possibilités annexes de logement, d'accès aux crèches, donc de tout ce qui touche à la vie.

Mme Gwenaëlle Guerlavais
C'est très pragmatique.

Mme Françoise Dumas
Et c'est une réalité, parce que ce sont des choses qui sont discriminantes d'une région à une autre. Alors, chaque fois que l'on parle économie, il faut aussi penser que, derrière, il y a des enfants qui vont être construits, que la formation professionnelle doit s'adapter aux besoins des entreprises actuelles. C'est ainsi. Nous avons 1 000 docteurs par an dans cette région, qui sortent de l'Université, qui sont « brillantissimes » et qui ne trouvent pas d'emploi.
Toutefois, nous sommes face à un paradoxe. Nous avons des secteurs entiers du bâtiment, du tourisme, des pôles de compétitivité qui ne trouvent ni leurs ingénieurs ni leurs techniciens, ni leur main-d'œuvre — elle n'est pas formée, elle n'est pas créée —, alors que nous avons une jeunesse dans cette région. En effet, nous n'avons pas le recul pour savoir qui sont les 6 000 personnes qui arrivent chaque année dans l'agglomération de Nîmes métropole. Au début des années deux mille, nous savions que c'étaient des retraités. Actuellement, nous ne le savons pas. Nous savons seulement que, pour 50 %, ce sont des actifs. Il y a aussi beaucoup de jeunes, de conjoints qui arrivent avec des mutations professionnelles, et ce sont ces individus-là qui vont faire ces formations.
Je crois beaucoup à la complémentarité aussi des espaces de formation, des Universités, de tous ces lieux qui doivent « fabriquer » des individus, qui pourront après amener cette richesse humaine pour créer des emplois.

Mme Gwenaëlle Guerlavais
Je vais laisser la parole, Monsieur Giraudier, mais après, je voudrais que nous parlions des secteurs d'avenir.

M. Éric Giraudier
Je vais faire la transition avec l'avenir en parlant de la formation. Je rejoins absolument les propos de Mme Dumas ; la formation est une chose essentielle. Nous savons, lorsqu'il y a des analyses sur les créations d'entreprises, que les formations et notamment les formations supérieures sont les vecteurs — et en soi un lien direct — avec la création d'emplois. Nous avons un déficit en termes d'offres d'enseignement supérieur ici, et c'est un problème demain pour la création d'entreprises.
Il faut savoir que la CCI forme plus de 4 000 personnes par an (formations courtes, longues, diplômantes, non diplômantes, etc.). Nous sommes le deuxième formateur après l'Éducation nationale. Au-delà de cela, nous avons des établissements de très grand niveau ; je citerai simplement l'École des mines d'Alès, avec laquelle nous avons des partenariats à continuer à développer ; nous y travaillons au quotidien.
Nous allons travailler avec la CCI de Montpellier, la CCI en région, pour voir comment l'École supérieure de commerce de Montpellier peut avoir peut-être une antenne ou en tout cas travailler en collaboration, mais je pense encore une fois aux entreprises — il a été question d'une UTA dans le Gard rhodanien — qui cherchent des ingénieurs.
Je pense que des opportunités comme une Université de technologie, ce sont des emplois directs, des emplois induits, et ce sont des entreprises à 2020, 2030, et il ne faut pas manquer ces coches-là.

Mme Gwenaëlle Guerlavais
Alors, justement, j'aimerais bien entendre M. Philippe Berta sur le sujet des secteurs d'avenir, parce qu'il y en a forcément un qui nous tient à cœur, c'est celui des biotechnologies.

M. Philippe Berta
Vous ne me faites donc pas parler du TGV, donc n'en parlons plus. Je n'ai pas compris pour l'instant où nous allons, mais j'alerte tout de même sur le TGV.

Mme Gwenaëlle Guerlavais
Personnellement, je laisse les gens discuter.

M. Philippe Berta
C'est un dossier que je ne connais pas, mais j'ai l'impression que, sur l'histoire du TGV, nous allons devoir refaire l'histoire des aéroports.

Mme Gwenaëlle Guerlavais
Je me suis dit sur le TGV que si l'on posait la question dans la salle nous en parlerions.

M. Philippe Berta
J'alerte tout de même sur le fait qu'il y avait deux modèles de gares TGV :
- il y a celui de l'Arbois que les scientifiques que je vois ici connaissent bien. C'est un success-story d'une gare TGV qui est située à côté d'un aéroport et qui a généré le pôle de l'Arbois ; si vous ne le connaissez pas, allez-y. On a l'impression en 5 minutes d'être en Californie, pas très loin d'ici ;
- et puis il y a le modèle de Valence que j'ai encore du mal à localiser sur mon GPS, lorsque je vais récupérer mon fils. Je pense que ce modèle-là n'est peut-être pas forcément le plus porteur pour l'avenir.
Je reviens sur la formation et les secteurs d'avenir. Effectivement, nous avons — ce sont les propos du recteur qui a les chiffres, par conséquent, je lui fais totalement confiance — un déficit d'ingénieurs dans cette région qui n'est pas nouveau, mais nous savons aussi que le développement d'une zone se fait autour d'une école d'ingénieurs. Si vous prenez l'exemple de Montpellier, cette ville ne s'est pas développée grâce à sa médecine. La ville de Montpellier s'est développée grâce à l'ENSA (École nationale supérieure d'agronomie de Montpellier). Aujourd'hui, Montpellier est la capitale européenne en termes d'agronomie. C'est cela qui a lancé Montpellier dans les années soixante-dix. Ce n'est pas la médecine ; elle était là et nous le savons tous depuis le XVe siècle.
Ce n'est pas parce que j'aperçois du coin de l'œil les directeurs dans la salle que j'alerte les Nîmois : on regarde aujourd'hui Alès ; je connais bien les Alésiens ; j'ai la chance d'être souvent invité à l'École des mines d'Alès. Alès sera, en 2020 — dans 10 ans — ou en 2030, notre capitale économique, parce qu'ils ont une école des mines superactive, qui travaille très fortement, qui est en train de devenir la fameuse capitale du « risque » que l'on nous a vendu ici à une autre époque, avec le succès que l'on sait. Elle est en train de devenir une des grandes capitales des biotechnologies, parce que, ici, nous avons « baissé pavillon » — il faut le dire aussi. Vous verrez, je vous le dis, je vous l'annonce : dans les 5 ou 10 ans, Alès sera l'un des 3 sites européens pour la production de vos médicaments de demain, les fameuses thérapies cellulaires.

Mme Gwenaëlle Guerlavais
Est-ce que Nîmes ne peut pas avoir un positionnement encore plus précis par rapport à Alès ?

M. Philippe Berta
Bien sûr qu'il y a toujours des positionnements précis ; vous avez raison d'insister parce que je crois à l'effet « porte-drapeau.
Aujourd'hui, on voit Perpignan. Perpignan, dans 10 ans, comme je dis toujours, lorsque vous sortirez de Perpignan, on vous dira : « Ah ! Vous êtes de la capitale des énergies renouvelables. » Effectivement, ils ont fait ce choix-là.
Vous sortez de Montpellier, vous allez aux États-Unis, on vous parle d'AGROPOLIS et de l'agronomie avant la médecine. Je suis dans le secteur de la médecine et ça me fait des fois un peu mal aussi.
Demain, quand vous sortirez d'Alès, on vous dira : « Alès, le pôle risque, c'est le métier du risque, qu'il soit en tropique ou ailleurs. »

Mme Gwenaëlle Guerlavais
Et alors, en 2020, lorsqu'on sortira de Nîmes ?

M. Philippe Berta
Effectivement, on dira que l'on a raté pour l'instant ce que l'on a entamé, mais pourquoi pas revenir ?...

Mme Gwenaëlle Guerlavais
La capitale de la corrida ?

M. Philippe Berta
Je vois au moins 3 à 4 dossiers qui m'intéressent :
- les biotechnologies peuvent continuer à être abordées à travers une spécialisation que je suis en train d'appeler, en termes de formation, « le diagnostic et dispositif médical », puisque nous allons former les niveaux ingénieurs et les ingénieurs, demain, ici ;
- je vois effectivement un secteur sur lequel le pôle de compétitivité où je suis, EUROBIOMED, a aujourd'hui et demain pour vocation mondiale l'infectiologie et la parasitologie ; Montpellier a fait le choix des virus, nous, nous sommes en train de faire le choix des bactéries, et ce n'est peut-être pas par hasard que le ministère vient de créer pour la première fois dans l'Histoire nîmoise son premier laboratoire labellisé par un grand organisme qui est l'INSERM dans le domaine de la bactériologie ; par conséquent, voilà un autre thème ;
- nous avons le passé, mentionné par M. Proust, de Jean Bousquet. Mais pourquoi ne continuerions-nous pas sur le design ? Regardez ce que Saint-Étienne a fait. C'était une ville avec un passé MANUFRANCE et CASINO. Pourquoi n'avons-nous pas continué ? Il n'y a pas d'activité de design — a fortiori de design industriel — en dessous de Saint-Étienne. Il y a de la place ; je vois le directeur de l'École des mines, je sais qu'il a les plus gros laboratoires dans les nouveaux matériaux. Et nous, derrière, nous avons fait venir les meilleurs designers du Canada. Pourquoi n'y allons-nous pas ?
Bref, ces porte-drapeaux peuvent exister ; il faut simplement, au contraire de ce que j'entends ici :
- que tout le monde se mette en cohérence,
- qu'il y ait une structure de développement économique unique dans ce département comme il aurait dû y en avoir depuis toujours,
- que l'on arrête cet assassinat systématique de tout porteur de projet, dont j'ai fait partie ; j'ai été assassiné, mais je vis encore, ça va, mais que l'on arrête !
Nous avons des pistes pour cela. Je pourrais penser à d'autres, mais en voici quelques-unes qui peuvent être nos porte-drapeaux pour demain.

(Applaudissements dans l'assistance).

Mme Gwenaëlle Guerlavais
Qui veut réagir ?

M. Franck Proust
Je vais parler de ceux qui sont évoqués et étudiés... J'apporterai une précision pour aller dans le sens de ce que Mme Dumas disait. Lorsqu'on s'implante, ce qui compte, c'est la qualité de vie au sens large. Il y a 10 ou 15 ans, le développement économique était déjà représenté par le fait de mettre un poteau sur une zone industrielle avec un compteur électrique. Aujourd'hui, lorsqu'un décideur décide de s'implanter sur un territoire, effectivement, il pose les questions suivantes :
- « Où puis-je loger mes cadres ? »
- « Y a-t-il des systèmes de formation ? »
- « Avez-vous des écoles ? »
- « Quelle est votre politique culturelle ? »
- « Quelle est votre politique sportive ? »
À partir de là, si vous avez des réponses performantes dans tous les domaines, vous faites la différence dans le processus d'implantation, d'où l'importance de travailler sur tous les secteurs. Le développement économique travaille de manière transversale avec l'ensemble d'une politique globale. C'est très important, et c'est ce qui fait le plus aujourd'hui de l'attractivité de notre territoire. Pourquoi a-t-on lancé ici Business no stress ? C'est pour la raison suivante. Qu'est-ce qui a fait le success-story de toutes les entreprises — elles sont plus de 10 000, je le rappelle — qui sont venues s'installer depuis 2002 ? C'est parce que, ici, sur notre territoire, il y a aussi la qualité de vie, et avec les liaisons TGV ou autres, on est aussi bien à travailler à Nîmes que sur les grandes métropoles. C'est le premier point.
Je reviendrai ultérieurement sur les filières, parce que c'est important. Mais d'abord, je voudrais dire que le TGV n'est qu'un outil. L'échec cuisant, c'est Avignon. Lorsque vous avez une gare qui est mise dans un champ et qui n'est même pas reliée à la gare du centre, c'est injouable, mais parce que, aussi, on a fait intellectuellement une démarche à l'envers. On a imposé une gare et ensuite on essaie de faire de l'attractivité. Non ! Ce n'est pas du tout ainsi qu'il faut travailler. La gare TGV n'est qu'un outil d'aménagement du territoire. Il faut penser un projet économique, un projet d'aménagement du territoire, dans lequel la gare est un outil ; ce n'est pas l'essentiel. Par conséquent, concernant le projet sur lequel nous travaillons sur cette gare de Manduel directement reliée à la gare de Nîmes centre, c'est un projet de territoire, il y a des commissions transversales d'économie, d'agriculture, pour voir le type de projet que l'on va construire autour de Manduel, dans lequel la gare sera un épiphénomène.
Regardez tous les échecs ! À Valence, Avignon, on a implanté la gare et on a regardait ce qui se passait : c'est complètement à l'envers.
Je réponds sur les filières. Il y a une industrie qui reste majeure, c'est le tourisme. En plus, le tourisme a pour avantage d'avoir des emplois non délocalisables. En effet, il faut aussi travailler sur ce point. Nous sommes dans une concurrence mondiale, et dans ce contexte de mondialisation, là encore nous sommes trop bénis par les dieux, dans cette région. Nous n'avons pas encore suffisamment professionnalisé la démarche touristique. Nous sommes dans une ville touristique, parce que nous avons du patrimoine et du soleil. Aujourd'hui, sur cette région, personne n'a pensé à packager, à structurer, comme le fait une agence réceptive qui est capable de professionnaliser la démarche touristique. Nous avons de beaux établissements, un milieu naturel extraordinaire. Malheureusement, nous avons encore un tourisme trop souvent de passage, et de ce fait, on n'optimise pas les retombées économiques liées à cette activité.
Nous avons un plus concurrentiel par rapport aux autres, concernant le domaine des clusters que nous sommes en train d'implanter. M. Berta connaît l'École des mines qui est aussi installée à Nîmes. Certes, elle est à Alès — je salue son directeur — et nous sommes ensemble avec l'IUT, l'Université, avec l'ensemble des lycées professionnels, qui dispensent du Bac pro, des BTS, des maîtrises, des masters, des licences, des doctorats. Je veux ainsi dire qu'il y a une démarche concertée avec l'IUT, la Faculté, l'École des mines et l'ensemble des lycées professionnels qui dispensent des formations de bac à bac + 2.
Nous avons, à mon avis, trois priorités :
- cluster autour de la gestion des risques :
- en effet, nous avons, dans cette région, un savoir-faire par rapport aux risques naturels (risques incendies, risques inondations) ;
- nous avons au travers de la vallée du Rhône avec la COGEMA le projet Iter . En nous débrouillant bien, nous devrions avoir quelques retombées économiques concernant le risque nucléaire ;
- il y a aussi de nouveaux risques et nuisances liés aux poussières, aux portables et autres... Nous avons un véritable savoir-faire, et l'École des mines, l'Université et l'IUT, tout le monde travaille dans ce sens, dans ce domaine.
- Le deuxième atout réside, à mon avis, dans les écoconstructions avec le développement durable. De toute façon, il faudra bien fabriquer 20 000 à 25 000 bâtiments, voire plus. Il faudra bien que le bâtiment évolue. C'est là où un travail me paraît intéressant à fournir avec les organismes consulaires.
- Le troisième atout qui me paraît être le plus important, est le problème de la dépendance avec toute la filière économique que l'on peut générer. Nous sommes dans un département, une région où l'on remarque, en observant l'évolution démographique, que des retraités viennent passer ici une retraite dorée. Je dis toujours que c'est très bien, parce que, à 65 ou 70 ans, les gens qui arrivent sur notre territoire ont un pouvoir d'achat intéressant, mais à T + 15, c'est un cas social à traiter. Nous n'aurons jamais suffisamment de maisons de retraite pour répondre à ces besoins. Par conséquent, il faut travailler sur une politique de maintien à domicile. Qu'est-ce que cela signifie ? Des designers, parce qu'il faudra, pour permettre aux gens de finir leur vie dans des conditions décentes :
- créer la ville de demain,
- créer des appartements,
- créer des systèmes de déplacement, de communication.
Et là, ce sont véritablement des filières économiques, un enjeu social, un enjeu médical et économique très important, et surtout avec des emplois non délocalisables.

Mme Gwenaëlle Guerlavais
Le professeur Grassy est avec nous, et justement, c'est lui qui, aujourd'hui, pilote l'Institut méditerranéen des métiers de la longévité (I2ML) qui est basé à Nîmes.

Mme Françoise Dumas
Puisque le professeur Grassy est là, je ne reviendrai pas sur les questions de longévité et de vieillissement de la population. Cela pose d'autres secteurs d'activité. J'ai rencontré récemment, avec M. le ministre, Xavier Bertrand, une entreprise qui a un siège à Nîmes (SOLATRAG), qui va travailler aussi avec les centres de formation sur tout ce qui touche à la réhabilitation, c'est-à-dire au niveau de l'« ensemblage », autour de la réhabilitation, il faut tout de même savoir que nous ne pourrons pas aller au-delà de 20 % de construction de logements supplémentaires. Nous avons un bâti qui est très vieillissant, et souvent obsolète — et Dieu sait que je suis bien placée pour le savoir ; à Nîmes, nous sommes dans une caricature de la rénovation urbaine, mais ce n'est pas le sujet d'en parler. Par conséquent, nous allons avoir énormément de métiers nouveaux au niveau de l'« ensemblage » et de la réhabilitation des logements à venir. Là, ça touche le développement durable et tous les secteurs, tous les métiers du bâtiment et de l'artisanat.
Le directeur général est là. Nous avons une pépite dont on ne parle vraiment pas assez dans ce département et sur cette agglomération, c'est BRL ; il s'agit de l'entreprise qui a obtenu, en 2010, le grand prix de l'ingénierie sur un projet particulièrement extraordinaire qui est celui du Mont Saint-Michel. Cette entreprise se développe énormément à l'export ; elle a des centaines d'ingénieurs qui travaillent et qui vivent ici sur ce territoire. On a aussi un pôle de l'eau qui vient d'être basé dans cette région, et je considère qu'il n'y a pas assez de satellites autour de BRL. Il devrait y avoir énormément de métiers d'entreprises autour de l'eau qui devraient être créés sur Nîmes, et je compte vraiment sur BRL et l'ensemble de ces équipes, qui sont présentes ici, pour pouvoir nous aider à inventer cette agglomération du futur.
Je voudrais aussi dire — parce que c'est important — qu'il faut faire une place particulière dans cette agglomération, à tout ce qui touche au maintien de l'agriculture. C'est 38 % de la surface de cette agglomération qui est maintenue en propreté, mais aussi en termes de sécurité, par 0,5 % de la population. Il faut aussi jouer sur tout ce qui touche :
- au maintien du cadre de vie,
- au maintien de l'agriculture,
- aux circuits courts,
- à tout ce qui touche aussi à la production : à la possibilité de créer des zones d'approvisionnement collectif. Il faut que les Nîmois puissent s'approvisionner, se nourrir dans la proximité ;
- à l'aménagement de tous ces espaces verts ; nous avons un patrimoine extraordinaire avec cette garrigue — nous sommes tous très passionnés — et donc il y a aussi beaucoup de métiers à développer autour de ces questions-là.

Mme Gwenaëlle Guerlavais
Monsieur Giraudier, pouvez-vous nous parler des secteurs d'avenir ?

M. Éric Giraudier
De toute façon, j'essaie d'être un peu agriculteur, j'essaie de faire pousser un peu de raison et humblement de faire un peu de vin. Je suis totalement persuadé de ce qui vient d'être dit, et on rejoint les logiques, mais tout cela est transversal. C'est-à-dire que l'on rejoint les logiques de définition de territoire ; on sait qu'il y a Natura 2000, on sait que, sur les Costières, l'AOC et l'AOP Costières de Nîmes, ce sont des choses qui doivent être réfléchies, pensées, intégrées, et je pense que l'on a suffisamment d'espace sur ce territoire — et tout n'est pas inondable contrairement à ce que l'on veut nous faire croire —, il suffit de réfléchir, de penser, de se concerter... Effectivement, pour se concerter, il faut dialoguer avant, et je pense que tout peut trouver sa place dans notre territoire.
Je voudrais juste préciser un point pour qu'il n'y ait pas de confusion dans la salle. Depuis 1999, ce ne sont pas 10 000 entreprises qui sont installées à Nîmes, mais 10 000 emplois. Depuis 1999, il s'est créé environ 2 600 entreprises, vous le confirmerez sans doute.
Sur le nucléaire, il s'agit du projet Iter, côté Cadarache ; sur le Gard, il s'agit d'Astrid et d'Atmea.
Concernant le tourisme, nous avons un grand professionnel du tourisme qui nous accueille ici, ce soir, et il sait parfaitement qu'il y a des tours-operators, des flux, etc. Encore une fois, le tourisme doit se penser au-delà de ce petit territoire, de cette petite zone géographique. Si l'on refait de la romanité tous les 5 km, on a superbe Musée de l'Arles antique pas très loin d'ici, et je pense personnellement qu'il vaut mieux penser complémentarité. En effet, si l'on veut faire rester les gens un peu dans notre région, il faut pouvoir leur faire :
- visiter les arènes,
- visiter la Maison carrée,
- voir les jardins de la Fontaine,
- venir déjeuner à L'imperator,
- aller aux arènes d'Arles,
- aller au Musée de l'Arles antique,
- aller à Uzès, et aller à Aygues-Mortes, parce que nous avons aussi, au travers de la baie d'Aygues-Mortes, un site extraordinaire au niveau européen, avec le premier port de plaisance d'Europe.
Il y a donc une offre touristique des produits à structurer, mais on voit bien qu'il faut, effectivement, prendre un peu de hauteur pour ce faire.

M. Philippe Berta
Je vais réagir sur le mot « culture » et sur le mot « tourisme ».
Je viens d'entendre M. Proust être relativement dur avec les acteurs du tourisme dans cette ville. Là encore, je ne peux pas ne pas réagir. Je le dis, je le répète depuis des années, la majorité des touristes viennent du Nord de la France, a priori. Ils arrivent à Nîmes-est. Mettez-vous dans leur peau : vous sortez à Nîmes-est... Georges Frêche avait tout compris. Il avait développé Montpellier-est, avec Odysseum ; il avait compris qu'il fallait les faire sortir de l'autoroute. Nous, nous avons Nîmes-est. Ça commence comme ça. J'ai un ami qui a un projet depuis des années que personne ne veut entendre, pour essayer de solliciter le touriste en lui disant : « Viens chez nous, il y a quelque chose à voir. » C'est une première étape.
Ensuite, le même touriste va essayer de rentrer dans la ville. Mettez-vous à sa place. Moi, je le cueille du côté des Carmes en train de chercher désespérément les arènes. Il y a éventuellement une solution de parking, mais ça, on ne préfère pas en parler... Bref, je veux bien qu'il y ait un manque de professionnalisme, mais il faudrait aussi qu'à un moment donné les collectivités « retroussent les manches » et que l'on nous donne une avenue de rentrée dans Nîmes avec de vraies solutions de parkings. À l'époque, il suffisait de relier le parking de la gare, le parking Feuchère et de remonter jusqu'à l'esplanade avec un parking à coût modéré, avec une entrée par la rocade, et vous aviez de quoi accompagner les touristes en ville. Vous pouvez faire effectivement un huitième musée — j'aimerais bien connaître les chiffres exacts des sept précédents, mais ça, c'est secret de Polichinelle —, mais cela ne changera rien, tant que ce n'est pas accessible.
Sur la romanité, je rejoins les propos de M. Giraudier : tant que l'on ne coordonne pas cette romanité avec le pont du Gard, avec l'Histoire de l'eau, avec la visite du Castellum. Cela fait des années que je me bats sur le Castellum. Vous comprenez qu'il faut vendre la romanité sur sa globalité. S'il faut aujourd'hui « challenger » les 400 000 visiteurs du Musée d'Arles pour l'année passée, je crois que c'est un challenge déjà perdu d'avance.

M. Serge Sanchez, directeur de l'Hôtel L'Imperator de Nîmes
Bienvenue à L'Imperator, dont je suis le nouveau et modeste patron. Merci d'une grande affluence comme celle-là pour parler d'économie, dans ce lieu, lui aussi, un peu tourné vers le passé (80 ans), mais je vous garantis que nous essayons de penser à l'avenir.
Je vais répondre aux questions : 2020 - 2030. En 2020, mon fils qui est actionnaire de L'Imperator aura 41 ans. J'en aurai déjà 65. Je ne suis qu'un jeune chef d'entreprise, puisqu'avant, pendant 8 ans, j'ai été directeur de la Chambre de Commerce et avant, pendant 7 ans, directeur de la Chambre des Métiers, et avant, pendant 4 ans, fonctionnaire. Je pense que c'est un bon régime, d'ailleurs. Si tous les 10 ans, on faisait changer les gens de travail, ça remettrait un peu de créativité et d'innovation. On en a un peu besoin, sur Nîmes aussi, de la créativité et de l'innovation. Par conséquent, moi, ça ne fait que 10 ans, et effectivement on « manage » 400 chambres.
Je vais dire un mot à propos de la vision. Vous êtes tous d'accord sur le fait d'élargir la vision, si l'on veut être très pro, et je suis très optimiste — je le dis d'entrée — pour 2020 et 2030, pour le territoire de Nîmes.
Comment allons-nous y arriver ? Je reviens d'un Salon international du tourisme à Madrid. Il y avait :
- 60 000 m² d'exposition,
- 10 500 professionnels comme vous présents,
- 180 pays représentés,
- 200 000 visiteurs,
- 5 vendeurs ; en effet, la question de l'avenir de la ville de Nîmes étant de la vendre. Nos ancêtres étaient des industrieux, et il fallait qu'ils écoulent leurs produits. Or, aujourd'hui, pour vendre Nîmes, fallait-il que nous allions le vendre, et nous étions 5 de la région :
o le Palais des papes d'Avignon,
o la vraie locomotive TGV du département en matière de tourisme, j'ai cité le pont du Gard,
o Carcassonne,
o le CDT (comité départemental du tourisme) de l'Aude,
o un hôtelier professionnel, la famille Sanchez. Mon fils, aujourd'hui, est sur un autre salon.
Comment cela va-t-il exister en 2020 ? Tout ce que vous avez dit, sauf que nous n'avons pas un positionnement très précis. Pour l'instant, nous faisons un tourisme de cueillette. Donc, je pense que, en 2020, par exemple, nous serons sur un tourisme culturel, les champions du positionnement sur la famille, puisque nous ne sommes pas sur le « bronze-fesses » : nous ne sommes pas sur le bord de côte, mais sur une ligne qui est la ligne est Avignon-Nîmes-Carcassonne ; donc, nous sommes sur du culturel. Toutefois, nous pourrions prendre « un as » ; faudrait-il le choisir, et puis s'y tenir, ne pas changer.
- Je jette comme ça le tourisme culturel familial, par exemple, parce qu'il est dans la sociologie de cette ville.
- Un deuxième as est de faire que les arènes ne soient pas exclusivement « contemplatives », parce que sinon, en 2 heures, c'est fait et on en repart.
Depuis le diagnostic de Jean Bousquet, lors de son premier mandat de maire de Nîmes de 1983 à 1989 — Franck Proust était à l'époque à l'Office de Tourisme —, nous sommes sur le même constat : tourisme contemplatif, clic-clac, au revoir, on va dormir ailleurs. Sur les arènes, il faudrait enclencher un grand chantier qui ne serait pas terminé en 2030, dans lequel, par trames, on pourrait recruter 10 compagnons du devoir du Tour de France qui vont reconstituer en grandeur réelle un chantier comme à l'époque. Ça, c'est unique au monde, c'est interactif, ça intéresse un peu plus les enfants et ça correspond au programme scolaire de CM2.
Toutefois, nous avons un point de faiblesse. Pourquoi est-ce que Marseille est Champion d'Europe ? Pourquoi les Espagnols ont-ils gagné la Coupe du Monde ? Parce que, dans le match, tout le monde touche le ballon, et que ça joue collectif !

(Applaudissements dans la salle).

Mme Gwenaëlle Guerlavais
Je ne sais pas si ça appelle véritablement une réponse.

Mme Françoise Dumas
Je voudrais relayer les propos de M. Sanchez. Tout à l'heure, en aparté, il m'a dit : « On n'a parlé aussi que d'une chose, c'est de la marque Sud de France. »

M. Serge Sanchez
C'est le seul élément du tourisme des 30 dernières années depuis l'après-guerre, et c'est notre atout majeur pour exister, parce que le marché du tourisme est en perpétuelle croissance (180 pays en Espagne) ; par contre, nous en France — et pas que Nîmes —, nous perdons chaque année des petites parts de marchés, parce que, comme nous avons inventé les Droits de l'homme, que nous avons fait la Révolution, etc., nous n'avons pas besoin de vendre. Merci d'avoir inventé Sud de France !

Mme Françoise Dumas
Merci. En fait, il faut qu'il y ait une marque ombrelle , c'est évident pour tout. Il faut en tout cas écouter, entendre ce que disent les vrais professionnels en la matière, et en l'occurrence, j'ai entendu plusieurs exemples et le terme « jouer collectif ». Nous avons un office nîmois. Nous n'avons pas, au niveau de l'agglomération, transmis la délégation, et nous avons du mal à travailler ensemble. Ça a été compliqué avec le pont du Gard, et je sais que des choses se font avec le pont du Gard. C'est tout ce mariage-là qu'il faut faire. Il faut créer. Nous avons besoin d'établissements — comme celui-ci — d'excellence, parce que ce que l'on vient chercher aussi, c'est le passé, l'Histoire de cette ville avec des choses d'excellence, avec des établissements de haut niveau, mais pas avec des choses délabrées, sinon les gens ne resteront pas ici et iront à l'extérieur. Il faut aussi :
- créer des conditions de transport des touristes, jusque devant les aéroports, la ligne TGV ;
- pouvoir les emmener en bus, en TER ;
- les faire transporter d'un point à l'autre. Cela signifie reprendre les touristes qui viennent sur le littoral, les faire venir dans « l'avant-pays », et en y réfléchissant bien, on peut aussi inventer des choses avec l'arrière-pays...
Nous devons faire tout cela ensemble. Ce qui manque ici, nous le voyons tous, nous sommes très concernés par notre ville, très citoyens, mais nous ne savons pas travailler ensemble : les collectivités ont perdu du temps avec des ego surdimensionnés.

(Applaudissements dans la salle).

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