Les histoires singulières de Simone Picciotto s’exposent au Musée d’Art Brut

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Le travail de Simone Picciotto ne relève pas de l'art brut au sens propre du terme mais plutôt de l'outsider art ou de l'art singulier
"Le travail de Simone Picciotto ne relève pas de l'art brut au sens propre du terme mais plutôt de l'outsider art ou de l'art singulier" (Crédits : DR)
L’artiste Simone Picciotto transporte son univers onirique au Musée d’Art Brut de Montpellier jusqu’au 31 mars 2018. Voyage en terra incognita.

Alors que son travail fait l'objet d'expositions internationales et qu'elle vient de se voir remettre le prix de la critique ArtCité 2017, Simone Picciotto reste foncièrement discrète. Invitée à présenter son travail au Musée d'Art Brut de Montpellier, c'est finalement le commissaire d'exposition Christian Noorbergen, critique d'art renommé, conférencier et auteur de nombreuses préfaces de livres, qui a pris la parole pour faire l'éloge panégyrique de cette artiste atypique.

« Le travail de Simone Picciotto ne relève pas de l'art brut au sens propre du terme mais plutôt de l'outsider art ou de l'art singulier. Sa source créatrice n'est pas définie par la modernité contemporaine mais son art est d'une jeunesse et d'une fraicheur absolues. Un conte de fées pour adultes. », explique-t-il.

Errance poétique

Née au Caire, Simone Picciotto a grandi en Italie. Adolescente, elle s'intéresse à la peinture et après des études classiques, s'inscrit à l'Académie des Beaux Arts de Bruxelles où elle obtient un premier prix de peinture. Installée à Paris en 1965, elle fréquente l'atelier Fernand Léger puis celui de Jean Deyrolles. Déjà ses peintures racontent des histoires fabuleuses, un émerveillement du monde dont elle ne s'est finalement jamais départie.

« L'artiste procède par détournements, piège l'entendement dans des rebus plastiques qui nous entrainent pour une errance poétique. Le monde de Simone Picciotto est celui de l'enchantement », analyse Lydia Harambourg, membre correspondant de l'Académie des Beaux Arts.

Frénésie chromatique

Metteuse en forme de ses propres rêves, Simone Picciotto peint sur des planches en bois, mélange aquarelle, encres, pigments, collages, papier peint, trames de tissus, objets de récup dans un déferlement de formes et de couleurs. Certaines œuvres semblent emprunter à la commedia Del Arte, le masque est d'ailleurs l'un de ses emblèmes fétiches. Donner à voir au-delà du miroir, faire resurgir les vestiges d'une mythologie... l'inspiration de l'artiste n'a de limites que ses propres fantasmes.

« Pour moi, peindre est un langage. C'est exprimer tout ce que l'on sait et tout ce que l'on a connu, et essayer d'aller vers l'inconnu », explique Simone Picciotto.

Exposées chez Marie Vitoux, grande prêtresse du nouvel expressionnisme à Paris, les œuvres de Simone Picciotto se retrouvent régulièrement sur les cimaises de la Coopérative-Collection Cérès Franco à Montolieu (11).

À mi-chemin entre l'art brut et l'art primitif, il serait vain de vouloir enfermer dans une cage le travail de Simone Piccioto. Son art fourmillant de délectations visuelles n'est-il pas avant tout une ode à la liberté ? Qui prend tout son sens sur les murs du Musée d'Art Brut de Montpellier.

L'Atelier Musée d'arts brut, singulier et autres. 1 rue Beau Séjour Montpellier. Tél. : 0467796222. Exposition jusqu'au 31 mars 2018.

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